Proposition iranienne pour rouvrir le détroit d’Ormuz et mettre fin à la guerre en échange d’un report du dossier nucléaire
Il est peu probable que Washington et Tel-Aviv acceptent cette proposition, le dossier nucléaire étant au cœur du différend avec l’Iran et constituant l’une des principales causes du déclenchement de la guerre.
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Selon le site d’information Axios, citant un responsable américain et deux sources informées, l’Iran a présenté, par l’intermédiaire de médiateurs pakistanais, une nouvelle proposition aux États-Unis visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et à mettre fin à la guerre en échange d’un report de la décision concernant la question nucléaire. Cette initiative intervient alors que la pression s’intensifie sur les autorités iraniennes dans le contexte du blocus maritime imposé par Washington sur ses ports, et des difficultés rencontrées par les négociations en cours.
La proposition prévoit de reporter les discussions nucléaires à une phase ultérieure, une option que Washington et son allié Tel-Aviv devraient difficilement accepter, considérant ce dossier comme urgent et central, et comme l’un des principaux motifs ayant conduit au déclenchement du conflit contre Téhéran.
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Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que les discussions au Pakistan avaient porté sur les conditions de reprise des négociations entre son pays et Washington, sans toutefois évoquer la possibilité d’un consensus sur le dossier nucléaire.
La délégation iranienne a quitté le Pakistan à la fin de la semaine dernière, refusant d’engager un dialogue direct avec la délégation américaine, tandis que le président américain Donald Trump a annulé la visite des envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner à Islamabad.
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Les négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan ont été marquées par une impasse, en raison de divergences profondes sur l’avenir du programme d’enrichissement de l’uranium et du dossier nucléaire dans son ensemble. Washington maintient un niveau d’exigence élevé, auquel Téhéran oppose un rejet clair des conditions proposées.
Lors des derniers cycles de négociation, les États-Unis ont insisté sur un ensemble de mesures, notamment l’arrêt complet de l’enrichissement de l’uranium sur le territoire iranien, le démantèlement ou la réduction des capacités des installations nucléaires sensibles, ainsi que le transfert ou la remise des stocks d’uranium enrichi à l’étranger, que ce soit vers un pays tiers ou vers les États-Unis. Washington évoque également la possibilité d’un gel du programme nucléaire pour une longue période pouvant atteindre environ vingt ans, dans le but d’empêcher tout développement potentiel des capacités nucléaires iraniennes.
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En contrepartie, l’administration américaine propose des incitations économiques, comprenant une levée progressive des sanctions imposées à Téhéran, la libération d’avoirs financiers iraniens gelés, ainsi que l’intégration de l’économie iranienne dans le système international, en échange du respect de ces restrictions.
De son côté, l’Iran rejette catégoriquement ces exigences, affirmant que l’enrichissement de l’uranium constitue un droit souverain garanti par le Traité de non-prolifération nucléaire, et maintient son programme qu’il qualifie de pacifique et civil. Téhéran refuse également fermement l’option du « zéro enrichissement », estimant qu’elle dépasse le cadre du droit international, notamment en l’absence de garanties concernant la levée des sanctions et la restitution de ses avoirs détenus aux États-Unis.
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Concernant les stocks d’uranium enrichi, l’Iran rejette tout transfert à l’étranger, évoquant plutôt la possibilité de réduire les niveaux d’enrichissement à des fins civiles uniquement. Il considère en outre que les propositions américaines manquent d’équilibre, notamment en raison de l’absence de garanties réelles quant à la levée des sanctions ou à la non-retrait d’un éventuel futur accord, en référence à l’expérience de l’accord nucléaire de 2015.
Téhéran souligne également qu’il ne participera à aucune négociation sous pression ou menace, et conditionne la poursuite du dialogue à un allègement des pressions économiques et militaires exercées contre lui.
Malgré ce rejet, l’Iran fait preuve d’une certaine flexibilité limitée, en acceptant la possibilité de restreindre les niveaux d’enrichissement, en se montrant ouvert à un contrôle international élargi, et en se déclarant prêt à examiner des accords provisoires ou temporaires, avec des périodes de gel plus courtes que celles proposées par Washington.
