Santé

Les aliments sucrés favorisent-ils l’acné ? Ce que l’on sait vraiment


Un carré de chocolat, une pâtisserie ou une boisson sucrée suffit-il à provoquer un bouton le lendemain ? C’est une idée très répandue, surtout chez les adolescents et les jeunes adultes. Pourtant, la réalité est un peu plus complexe. Les recherches menées ces dernières années suggèrent bien un lien entre l’alimentation et l’acné, mais elles ne permettent pas de dire que « le sucre » est, à lui seul, responsable des boutons.

Ce qui intéresse davantage les chercheurs, c’est la vitesse à laquelle certains aliments font monter la glycémie.

Une pâtisserie, des céréales très sucrées, du pain blanc, des boissons sucrées ou certains produits à base de farine raffinée peuvent provoquer une hausse rapide du taux de sucre dans le sang. Ce type d’alimentation est généralement associé à une charge glycémique élevée. Plusieurs travaux ont observé que les personnes qui consomment beaucoup d’aliments à index ou à charge glycémique élevés ont tendance à présenter davantage d’acné ou des formes plus sévères. Une revue systématique publiée dans JAMA Dermatology a notamment conclu que l’index glycémique élevé et une charge glycémique importante étaient associés de manière positive à l’apparition et à la sévérité de l’acné.

Pourquoi la glycémie pourrait-elle avoir un rapport avec la peau ?

L’explication se trouve notamment du côté de l’insuline et de l’IGF-1, une hormone qui intervient dans la croissance et le métabolisme. Lorsque l’on consomme fréquemment des aliments qui font rapidement monter la glycémie, l’organisme libère davantage d’insuline. Cette réponse métabolique peut influencer certaines voies hormonales impliquées dans la production de sébum et dans le renouvellement des cellules de la peau.

À terme, davantage de sébum et une accumulation de cellules dans les follicules peuvent favoriser l’obstruction des pores. L’inflammation qui accompagne l’acné vient ensuite compléter le processus. Ce mécanisme est l’une des explications proposées par les chercheurs, même si la relation entre alimentation, hormones et acné reste complexe.

Des essais alimentaires vont dans le même sens.

Dans une étude contrôlée menée chez des personnes souffrant d’acné, les participants qui ont suivi pendant 12 semaines une alimentation à faible charge glycémique ont présenté une diminution plus importante du nombre de lésions que ceux du groupe témoin. Une autre étude randomisée, menée en Corée auprès de personnes présentant une acné légère à modérée, a également constaté une amélioration des lésions après 10 semaines d’alimentation à faible charge glycémique.

Mais cela ne signifie pas qu’il faut bannir tous les desserts.

C’est probablement l’un des points les plus importants à retenir. Les études ne permettent pas de conclure qu’une personne qui mange occasionnellement un morceau de gâteau ou quelques carrés de chocolat va automatiquement développer de l’acné. L’alimentation générale semble avoir davantage d’importance que l’effet isolé d’un aliment consommé de temps en temps.

Autrement dit, le problème potentiel se situe davantage dans une alimentation régulièrement riche en produits qui provoquent des pics de glycémie que dans un dessert occasionnel.

Cette distinction change aussi la manière de penser son alimentation. Plutôt que de supprimer brutalement tous les aliments sucrés, il peut être plus intéressant de réduire les boissons sucrées, les pâtisseries fréquentes et les produits très raffinés, tout en donnant davantage de place aux légumes, aux légumineuses, aux fruits entiers et aux céréales moins raffinées. L’American Academy of Dermatology souligne justement que les recherches sur les régimes à faible index glycémique sont encourageantes, tout en précisant que toutes les études ne retrouvent pas exactement les mêmes résultats et que des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Et le sucre n’est peut-être pas le seul élément à surveiller.

Les produits laitiers, notamment le lait de vache, font également l’objet de recherches dans le domaine de l’acné. Certaines études ont trouvé une association entre la consommation de lait et l’acné, mais les résultats sont moins constants que pour les régimes à forte charge glycémique. Une revue systématique souligne d’ailleurs que cette relation pourrait varier selon le sexe, l’origine et les habitudes alimentaires des populations étudiées.

Il faut aussi garder en tête que l’acné ne dépend pas uniquement de ce que l’on mange. Les hormones, la production de sébum, la génétique, l’inflammation et les caractéristiques propres à la peau jouent un rôle important. Le stress et le manque de sommeil peuvent également aggraver une acné existante.

C’est pourquoi changer son alimentation ne remplace pas forcément un traitement dermatologique. Pour certaines personnes, une alimentation moins riche en aliments à charge glycémique élevée peut contribuer à améliorer la peau, mais une acné persistante, douloureuse ou laissant des cicatrices mérite une prise en charge adaptée.

Alors, les aliments sucrés favorisent-ils l’acné ?

La réponse la plus honnête est : potentiellement, surtout lorsqu’ils s’inscrivent dans une alimentation globalement riche en aliments à index ou à charge glycémique élevés. Mais dire simplement « le sucre donne de l’acné » serait aller plus loin que ce que montrent les données scientifiques actuelles. Les recherches suggèrent plutôt qu’une alimentation qui provoque fréquemment de fortes élévations de la glycémie pourrait favoriser certains mécanismes impliqués dans l’acné.

La bonne approche n’est donc pas de déclarer la guerre au moindre carré de chocolat. Il s’agit plutôt de regarder l’ensemble de son alimentation, de limiter les excès de produits très sucrés et raffinés et d’observer, sur plusieurs semaines, si certains changements semblent réellement avoir un effet sur sa peau.

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