Après le revers de Trump, Israël tente de sécuriser ses contrats d’armement avant la fin de l’année
Des sources sécuritaires israéliennes affirment que l’appareil de défense se trouve « dans l’incertitude » quant à la poursuite du soutien américain à Israël et aux discussions avec Téhéran, après le revers subi par le président Donald Trump lors des élections de mi-mandat.
Selon le site Walla, qui cite des sources proches du dossier, Israël envisage de demander à l’administration Trump d’accélérer la conclusion des contrats d’armement et les décisions correspondantes avant la fin de l’année.
Les inquiétudes israéliennes se sont accentuées après une série de victoires démocrates au Sénat et à la Chambre des représentants, y compris dans des bastions traditionnellement républicains. Elles ont également été renforcées par la décision de Donald Trump de mettre fin à l’accord d’assistance sécuritaire prévoyant le versement à Israël de 3,8 milliards de dollars par an jusqu’en 2028.
Dans ce contexte, une source sécuritaire a indiqué que l’armée israélienne était en état d’alerte maximale depuis une semaine concernant tout ce qui touche à l’Iran. « On ignore encore comment les événements politiques américains influenceront la politique des États-Unis à l’égard du régime de Téhéran », a-t-elle précisé.
Selon cette source, les négociations américano-iraniennes se concentrent actuellement sur un seul dossier : le détroit d’Ormuz. Celui-ci dicte les priorités de Trump, notamment en l’absence de baisse des prix du pétrole. En revanche, la manière dont ces discussions pourraient servir les intérêts israéliens concernant le programme nucléaire et le développement des missiles iraniens reste incertaine.
Trois scénarios
D’après les évaluations présentées au chef d’état-major Eyal Zamir, au ministre de la Défense Israel Katz et au Premier ministre Benjamin Netanyahou, l’appareil de défense examine trois scénarios principaux.
Dans le premier cas, les négociations aboutiraient à un accord permettant la réouverture complète du détroit d’Ormuz, conformément aux intérêts américains, sans clarification sur les programmes nucléaires et balistiques iraniens.
Le deuxième envisage une reprise des hostilités par une frappe de grande ampleur contre des cibles réparties sur l’ensemble du territoire iranien. Il reste toutefois difficile de savoir si elle serait menée en coopération avec Israël ou dans le cadre d’une opération américaine autonome, Washington en déterminant alors l’étendue et l’intensité.
Le troisième scénario prévoit la poursuite des négociations sans décision définitive, avec le maintien d’une vigilance accrue au Moyen-Orient. Les pays se considérant menacés par l’Iran resteraient en état d’alerte maximale, tandis que la course aux armements défensifs et offensifs s’intensifierait.
L’armée israélienne redoute que la politique de Trump à l’égard d’Israël n’évolue défavorablement sous l’influence de l’opinion publique américaine, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.
Accélérer les acquisitions et les décisions
Face à ces éléments, une source sécuritaire indique qu’Israël envisage d’accélérer les acquisitions et les décisions avec les États-Unis d’ici au 30 décembre, avant l’entrée en vigueur de la décision de Trump.
Selon cette source, l’inquiétude tient au fait que les déclarations de Trump, conjuguées aux conséquences des élections de mi-mandat et au soutien de parlementaires décrits comme « hostiles » à Israël, pourraient déboucher sur de nouvelles décisions affectant les achats et la coopération de l’armée et du ministère de la Défense.
Walla rapporte également, en citant cette même source, que les services du Premier ministre et le ministère de la Défense auraient déjà engagé des discussions avec de hauts responsables américains pour accélérer les achats d’armes.
Toujours selon cette source, le gouvernement israélien aurait précédemment tardé à faire avancer d’importants contrats d’armement et des achats d’avions inscrits dans son programme de renforcement des capacités stratégiques. L’armée et le ministère de la Défense avaient mis en garde contre les tensions entre les ministères des Finances et de la Défense et les services du Premier ministre. Ces tensions s’accentuent désormais, sur fond de crainte de voir les contrats ne pas être approuvés.
Dans le même temps, l’armée israélienne n’exclut pas une initiative surprise de l’Iran contre les États-Unis et leurs intérêts au Moyen-Orient, y compris Israël. Celle-ci pourrait prendre la forme d’une attaque de missiles, d’une opération aérienne ou d’une action asymétrique menée par ses relais dans la région.
