Grand Maghreb

Tunisie : le vice-président d’Ennahdha condamné à neuf ans de prison

Mondher Ounissi a été reconnu coupable de faits liés au terrorisme et de contacts avec un État étranger dans le but de porter atteinte au pays


Un tribunal tunisien a condamné en première instance Mondher Ounissi, vice-président du mouvement Ennahdha, à neuf ans de prison pour des faits liés au « terrorisme ». Plusieurs autres dirigeants du mouvement restent incarcérés pour des accusations similaires.

L’agence officielle Tunis Afrique Presse (TAP) a rapporté mardi soir, citant une source judiciaire anonyme, que le tribunal de première instance de Tunis avait condamné Mondher Ounissi à neuf ans de prison et le journaliste Zied El Heni à quatre ans, avec exécution immédiate des peines.

Selon cette source, le jugement, susceptible d’appel, porte sur « la commission d’une infraction terroriste, ou la possibilité de sa commission », ainsi que sur des contacts avec un État étranger, non précisé, dans le but de porter atteinte au pays.

Neuf prévenus en fuite condamnés à vingt-cinq ans de prison

La même source a indiqué que le tribunal avait également prononcé des peines de vingt-cinq ans de prison, avec exécution immédiate, contre neuf prévenus en fuite : les dirigeants d’Ennahdha Tahar Boubehri, Fathi Ayadi, Ahmed Gaaloul et Ridha Idriss ; l’ancien ministre des Affaires étrangères Rafik Bouchlaka ; les journalistes Chahrazed Akacha et Maher Zaid ; le blogueur Mohamed Samti ; ainsi que Mouadh Kheriji, fils du président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi.

Ils étaient poursuivis pour avoir constitué une organisation liée à des infractions terroristes et établi des contacts avec des agents d’un État étranger dans le but de porter atteinte à la situation du pays.

Ennahdha a déjà dénoncé des poursuites « à motivation politique » contre ses dirigeants. Les autorités tunisiennes affirment, pour leur part, que la justice est indépendante et nient toute détention fondée sur des positions politiques.

Mondher Ounissi détenu depuis septembre 2023

Le 20 septembre 2023, la justice tunisienne avait ordonné le placement en détention de Mondher Ounissi pour « complot contre la sûreté de l’État ». Le 5 septembre de la même année, Ennahdha avait annoncé dans un communiqué que les forces de sécurité l’avaient arrêté et conduit vers une destination inconnue.

Âgé de 59 ans, Mondher Ounissi est professeur à la faculté de médecine de Tunis. Il a rejoint le mouvement en 1984 et a été élu membre de son conseil de la Choura lors du dixième congrès du parti, en 2016.

Depuis février 2023, la Tunisie connaît une vague d’arrestations touchant des journalistes, des militants, des magistrats, des hommes d’affaires et des responsables politiques. Rached Ghannouchi et plusieurs cadres d’Ennahdha, dont Ali Larayedh, Noureddine Bhiri et Sayed Ferjani, figurent parmi les personnes arrêtées. Les autorités réaffirment l’indépendance de la justice et assurent ne pas intervenir dans ses affaires.

La semaine dernière, le dirigeant d’Ennahdha Abdelkarim Harouni a été libéré après avoir purgé sa peine dans une affaire de corruption financière. Par ailleurs, la justice a confirmé une peine de sept ans de prison contre l’homme d’affaires Mohamed Frikha, ainsi que des peines de six ans contre d’anciens responsables d’une entreprise pétrolière publique. Des amendes ont également été infligées à l’ensemble des prévenus concernés.

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