Gaza, trois ans après le 7 octobre : des images saisissantes de villes défigurées par les décombres
À l’occasion du troisième anniversaire du déclenchement d’une guerre qui a duré deux ans, des images satellites révèlent l’ampleur des destructions dans la bande de Gaza, où les amas de décombres et les camps de déplacés occupent désormais des superficies considérables.
La guerre à Gaza a éclaté à la suite de l’attaque surprise menée par le Hamas contre des localités du sud d’Israël le 7 octobre 2023. Environ 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres prises en otage, avant d’être libérées dans le cadre de différents accords conclus pendant le conflit.
De son côté, l’offensive israélienne a fait plus de 74 000 morts palestiniens, selon les données du ministère de la Santé de Gaza. Des quartiers entiers ont également été rasés et la majorité de la population a été contrainte de se déplacer.
Les nouvelles images diffusées par Google Maps ont été prises en juin dernier. Elles montrent que les destructions de logements, de commerces, de lieux de culte et d’infrastructures se sont poursuivies depuis l’entrée en vigueur, près de douze mois auparavant, d’un cessez-le-feu demeuré fragile.
Les clichés révèlent également la multiplication des camps de tentes sur de vastes portions du littoral. Dans certaines zones, seuls quelques mètres les séparent de la mer.
Autrefois très animé, le principal port de Gaza apparaît lourdement endommagé et totalement dépourvu de bateaux de pêche. Il est désormais entouré d’abris temporaires rudimentaires.
Dans la ville de Gaza, presque tous les espaces encore disponibles sont occupés par des cabanes, des tentes et des habitations de fortune.
Des destructions du nord au sud
Dans le nord de la bande de Gaza, les images mettent en évidence les dégâts considérables subis par des localités comme Beit Lahia et Beit Hanoun, ainsi que la destruction de plusieurs lieux de culte.
De grands quartiers de la ville de Gaza, notamment Jabalia et Choujaïya, ciblés à plusieurs reprises par des attaques israéliennes, semblent désormais inhabitables.
Dans le sud de l’enclave, d’immenses étendues sont couvertes de décombres. Les images donnent à voir une large bande longeant la frontière égyptienne dans laquelle les forces israéliennes semblent avoir entièrement rasé les constructions.
La ville de Rafah paraît, elle aussi, presque totalement réduite en ruines, tandis que le quartier de Tel al-Sultan a été rasé.
Selon l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), plus de 2,1 millions de personnes déplacées vivent à Gaza sous des tentes ou dans des abris temporaires.
Les estimations des Nations unies indiquent qu’environ 82 % des structures de l’enclave ont été endommagées, soit près de 200 000 bâtiments. Les deux tiers d’entre eux auraient été entièrement détruits.
Une récente évaluation de l’ONU montre également que le nombre de bâtiments détruits à Gaza a augmenté d’environ 9 % depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre 2025.
Soixante et un millions de tonnes de décombres
Les Nations unies estiment à près de 61 millions de tonnes le volume des décombres générés par la guerre. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette quantité colossale représente environ vingt fois le volume total de gravats produits par l’ensemble des guerres survenues dans le monde au cours des dix-huit dernières années.
« Le volume total des décombres à Gaza est estimé à 61 millions de tonnes. Cela correspond à près de vingt fois la quantité de gravats générée par toutes les guerres qui ont eu lieu dans le monde au cours des dix-huit dernières années », a déclaré le mois dernier au Guardian Jaco Cilliers, représentant spécial du PNUD en Palestine.
Le défi ne se limite pas au déblaiement. Des corps seraient toujours ensevelis sous les ruines, faisant de leur localisation et de leur extraction l’une des urgences humanitaires les plus pressantes dans la bande de Gaza.
