Exode massif dans l’ouest du Yémen : plus de 180 000 personnes déplacées en deux semaines
Alors que les affrontements s’intensifient dans le sud de Taëz et l’ouest du gouvernorat de Lahj, dans l’ouest du Yémen, des milliers de civils continuent de fuir les régions de la côte occidentale du pays, en particulier celles où les milices houthies ont progressé.
Selon les données de l’Unité gouvernementale de gestion des camps, le nombre de civils ayant fui les zones touchées par l’escalade menée par les milices houthies dépassait 180 000 au 23 septembre. Ces déplacés ont trouvé refuge dans dix gouvernorats placés sous le contrôle du gouvernement reconnu par la communauté internationale.
Le gouvernorat de Taëz arrive en tête des régions d’accueil, avec 13 409 familles déplacées représentant 93 917 personnes. Il est suivi par Lahj, qui accueille 5 782 familles, puis Aden avec 3 741 familles, Abyan avec 2 157 familles et Hodeïda avec 471 familles. Des centaines d’autres familles ont également rejoint les gouvernorats de Marib, Al-Dhalea, Al-Mahra, Hadramaout et Chabwa.
Le rapport souligne que le caractère soudain et forcé de ces déplacements a empêché la majorité des familles de subvenir à leurs besoins essentiels, accentuant ainsi la crise humanitaire et réduisant les capacités d’intervention des communautés d’accueil.
Les évaluations menées sur le terrain font état d’une pénurie aiguë et critique d’abris d’urgence, de denrées alimentaires, d’eau potable et de services d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Elles relèvent également une dégradation des services de santé et de protection destinés aux populations les plus vulnérables, notamment les enfants, les femmes, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.
Face à cette situation qui ne cesse de se détériorer, l’Unité de gestion des camps a renouvelé son appel humanitaire urgent aux autorités locales, aux organisations internationales et onusiennes ainsi qu’aux bailleurs de fonds, les exhortant à accélérer l’acheminement de l’aide vitale et à activer sans délai les mécanismes d’intervention rapide.
L’Unité a insisté sur la nécessité absolue de fournir des paniers alimentaires, des abris d’urgence et une aide financière directe. Elle a également appelé à soutenir les secteurs de l’eau, de la santé et des services essentiels dans les nouveaux sites et rassemblements de personnes déplacées, afin d’atténuer les souffrances des populations touchées et de préserver leur dignité.
