La réclusion criminelle à perpétuité : l’ancien grand mufti Ahmad Hassoun condamné en Syrie
La justice syrienne a prononcé, lundi, une condamnation par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité contre l’ancien grand mufti de la République, Ahmad Badr al-Din Hassoun.
Hassoun a été reconnu coupable de plusieurs crimes, notamment d’incitation aux tensions confessionnelles et d’abus de fonctions durant le règne du président déchu Bachar al-Assad.
Dixième personnalité liée à l’ancien régime à être condamnée par la justice syrienne sous les autorités de transition, Hassoun a occupé pendant plus de seize ans le poste de grand mufti de la République, la plus haute autorité religieuse islamique officielle du pays.
L’ancien mufti était connu pour sa proximité avec Bachar al-Assad et pour ses apparitions fréquentes à ses côtés lors d’événements religieux.
Le président de la quatrième chambre criminelle de Damas, le juge Fakhr al-Din al-Arian, a annoncé la condamnation de Hassoun pour plusieurs chefs d’accusation, notamment le « crime d’agression visant à provoquer une guerre civile et des affrontements confessionnels ». Il a précisé que l’ancien mufti avait, à ce titre, été « condamné à la réclusion criminelle à perpétuité ».
Hassoun a également été reconnu coupable d’autres crimes, notamment « d’incitation intentionnelle au meurtre », de « participation principale à un meurtre intentionnel » ainsi que « d’incitation aux tensions confessionnelles et raciales ». Il a été condamné, pour ces faits, à d’autres peines allant de trois à vingt ans d’emprisonnement.
Le tribunal a également ordonné la confiscation des biens meubles et immeubles de Hassoun au profit du Trésor public.
Il s’agit de la première condamnation prononcée contre une personnalité religieuse dans le cadre des procès en cours visant des figures liées à l’ancien régime. Ces procédures avaient notamment été marquées, le 11 août, par le prononcé d’une condamnation à mort par contumace contre Bachar al-Assad, son frère Maher et cinq responsables sécuritaires liés à l’ancien pouvoir.
Plus tôt ce mois-ci, un tribunal syrien avait prononcé, par contumace, la peine de mort contre l’ancien président Bachar al-Assad, son frère Maher ainsi que plusieurs figures de son régime, après les avoir reconnus coupables de « crimes de guerre ».
La quatrième chambre criminelle de Damas avait tenu sa neuvième audience le 11 août dernier afin de rendre son verdict dans l’affaire engagée contre Assad et plusieurs figures de son régime, parmi lesquelles son frère Maher, l’ancien chef de la branche de la sécurité politique à Deraa ainsi que son cousin maternel, Atef Najib.
Selon l’agence officielle syrienne SANA, le tribunal a condamné Atef Najib à la peine de mort en sa présence, ainsi que huit autres personnes, pour « commission de crimes de guerre, de meurtres, de tortures et de crimes contre l’humanité contre le peuple syrien ».
