Moyen-Orient

Israël maintient la Syrie sous pression militaire malgré les pourparlers de désescalade


La poursuite des incursions israéliennes dans les gouvernorats de Deraa et de Quneitra intervient alors que des discussions seraient en cours entre le ministre syrien des Affaires étrangères et le chef du Mossad, dans le but de parvenir à un accord de sécurité.

Une force de l’armée israélienne a effectué lundi une incursion dans la campagne de Deraa, dans le sud de la Syrie, au lendemain d’une réunion entre le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad Hassan al-Chibani, et le directeur du service israélien de renseignement extérieur, le Mossad, Roman Gofman, consacrée à la désescalade. Cette évolution semble illustrer la politique du gouvernement de Benjamin Netanyahu visant à maintenir Damas sous pression militaire.

La chaîne officielle syrienne Al-Ikhbariya a rapporté brièvement : « Les forces d’occupation israéliennes ont effectué une incursion avec plusieurs véhicules militaires dans le village de Maariya, dans la campagne occidentale de Deraa. » Dimanche, une force israélienne avait également pénétré dans la localité d’Al-Rafid, dans le gouvernorat de Quneitra, dans le sud du pays, et arrêté un berger, selon la chaîne.

Les régions du sud de la Syrie sont le théâtre d’incursions et d’attaques israéliennes quasi quotidiennes, notamment dans les gouvernorats de Quneitra et de Deraa. Ces opérations comprennent des perquisitions, des fouilles, des arrestations ainsi que l’installation de barrages militaires, des pratiques dénoncées par plusieurs pays.

La reprise de ces incursions alors que se tiennent des réunions censées aboutir à une désescalade révèle un écart manifeste entre le processus diplomatique et les actions sur le terrain. Israël continue en effet d’imposer des réalités militaires sur le terrain malgré les discussions consacrées à d’éventuels arrangements sécuritaires. Selon des observateurs, la poursuite des incursions, des arrestations et des opérations de ciblage ne constitue pas une simple succession de mesures sécuritaires isolées, mais traduit la volonté de l’État hébreu de conserver une large marge de manœuvre à l’intérieur du territoire syrien.

Ces actions semblent également s’inscrire dans une démarche visant à maintenir le gouvernement syrien sous pression militaire et sécuritaire, ce qui pourrait affecter sa capacité à administrer le sud du pays et à réaffirmer sa souveraineté sur les zones frontalières. Alors que Damas cherche à ouvrir une voie de négociation susceptible d’aboutir à des arrangements sécuritaires, Israël continue de renforcer sa présence militaire. Cette situation soumet les efforts de désescalade à une épreuve permanente et soulève des interrogations sur les intentions israéliennes concernant l’avenir des relations avec la Syrie et les limites de tout éventuel accord.

À l’aube du 18 août, l’aviation israélienne a mené huit frappes contre la piste de la base aérienne militaire d’Abou al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, causant des dommages à ses infrastructures.

La source a précisé que les discussions entre al-Chibani et Gofman, sous médiation américaine, étaient axées sur « la mise en place de mécanismes concrets pour mettre fin aux agressions israéliennes ainsi qu’aux opérations d’arrestation et de ciblage, et la relance du processus de négociation afin de parvenir à un accord de sécurité susceptible de constituer la base d’un futur accord plus global ».

Le 26 juillet dernier, le président syrien Ahmad al-Charaa avait déclaré que son pays œuvrait, avec la participation de plusieurs États, à la conclusion d’un accord de sécurité avec Israël, ajoutant que « si l’accord aboutit, il ouvrira la voie à une paix globale, sans renoncer au droit légitime de la Syrie sur le Golan occupé ».

Israël occupe la majeure partie du plateau du Golan depuis 1967. Après la chute du régime de Bachar al-Assad à la fin de 2024, Israël a annoncé la caducité de l’accord de désengagement de 1974 et occupé la zone tampon syrienne ainsi que d’autres positions, notamment le versant syrien du mont Hermon.

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