Israël garde les yeux rivés sur la colline d’Ali al-Taher pour contrôler le sud du Liban
Des rapports de recherche et des articles de presse hébraïques affirment que la colline abriterait des installations, des fortifications et des tunnels appartenant au Hezbollah.
Israël porte son attention sur la colline d’Ali al-Taher, dans le gouvernorat de Nabatieh, au sud du Liban, alors que son armée cherche à en renforcer le contrôle en raison de son importance stratégique et militaire, qu’elle juge supérieure à celle du château de Beaufort, occupé à la fin du mois de mai dernier.
La colline d’Ali al-Taher fait quotidiennement l’objet de tentatives d’avancée de l’armée israélienne, parallèlement à la poursuite des bombardements d’artillerie et des frappes aériennes, dans le cadre d’une agression continue contre le Liban depuis le 2 mars dernier.
Depuis l’aube de samedi, Israël a intensifié ses attaques contre le sud du Liban. L’armée israélienne a mené des frappes aériennes contre une maison dans la localité d’Ansar et contre un bâtiment de deux étages dans la localité de Deir al-Zahrani, dans le district de Nabatieh, faisant 11 morts et 19 blessés, parmi lesquels des enfants et des femmes.
L’armée israélienne a également bombardé la colline d’Ali al-Taher avec des obus au phosphore et mené deux frappes aux abords de la Maison des enseignants et enseignantes ainsi que du club Husseini dans la localité d’Al-Nabatieh al-Fawqa. Elle a affirmé que ces frappes constituaient une riposte à une « opération » menée par le Hezbollah contre ses forces dans la zone des hauteurs d’Ali al-Taher, située dans ce qu’elle appelle la « zone de sécurité » qu’elle occupe dans le sud du Liban.
Le Hezbollah a toutefois déclaré dans un communiqué publié samedi que « l’escalade israélienne, à travers le ciblage des civils et l’élargissement du périmètre des zones visées, traduit la volonté et la détermination du Premier ministre (Benjamin) Netanyahu d’intensifier la guerre afin de renforcer sa position politique intérieure, de servir ses objectifs électoraux et de satisfaire l’extrême droite ».
Israël doit organiser des élections générales le 27 octobre prochain, auxquelles participera Netanyahu, recherché depuis 2024 pour comparaître devant la Cour pénale internationale sous les accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza.
Cette escalade intervient malgré la signature, le 26 juin dernier, d’un accord-cadre entre le Liban et Israël sous parrainage américain, prévoyant un retrait progressif des forces israéliennes des territoires libanais, ainsi que malgré la poursuite du processus de négociation entre les deux parties.
Israël occupe des zones dans le sud du Liban, certaines depuis plusieurs décennies et d’autres depuis la précédente guerre entre 2023 et 2024, tandis que ses forces ont pénétré, dans le cadre de l’agression actuelle, à plus de 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.
La colline d’Ali al-Taher se situe entre les localités de Kfar Tibnit et d’Al-Nabatieh al-Fawqa, au nord du fleuve Litani, à une altitude d’environ 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sa position élevée lui confère une importance géographique et militaire, puisqu’elle permet de surveiller une vaste partie du sud du Liban, notamment Nabatieh, l’Iqlim al-Tuffah, le mont al-Rihan, les environs du fleuve Litani ainsi que d’autres zones.
La colline fait partie d’une chaîne de hauteurs comprenant les collines d’Ali al-Taher, d’Al-Dabcheh et de Ras al-Tahra.
Le nom « Ali al-Taher » était autrefois associé à un site religieux, avant que celui-ci n’acquière progressivement une importance militaire.
Elle constitue un point stratégique dans le conflit entre Israël et le Hezbollah en raison de sa position élevée et de sa vue dominante sur de vastes zones du sud.
Des rapports de recherche et des articles de presse israéliens affirment que la colline abriterait des installations, des fortifications et des tunnels appartenant au Hezbollah. Le mouvement n’a toutefois ni confirmé ni démenti ces informations.
Le centre israélien de recherche et d’enseignement Alma, une organisation non gouvernementale, a indiqué dans un rapport publié précédemment que la colline d’Ali al-Taher abriterait une infrastructure « stratégique » de tunnels appartenant au Hezbollah, comprenant des complexes souterrains dont le plus grand dépasserait un kilomètre de longueur.
Le 26 juin 2026, l’armée israélienne a annoncé avoir pris le contrôle de la colline, ce que le Hezbollah a démenti, affirmant que ses combattants s’y trouvaient toujours.
L’importance de la colline remonte à plusieurs décennies. Après l’invasion israélienne du Liban en 1982, l’armée israélienne y avait établi une position militaire, parallèlement à sa présence dans le château de Beaufort, dans le gouvernorat de Nabatieh.
Durant la période d’occupation israélienne de la bande frontalière jusqu’en 2000, la position d’Ali al-Taher constituait l’une des principales fortifications militaires israéliennes et avait été régulièrement prise pour cible par les opérations du Hezbollah avant le retrait israélien du sud du Liban.
Depuis mai dernier, les forces israéliennes tentent de prendre le contrôle de cette colline stratégique, après avoir occupé le château de Beaufort.
Selon les autorités libanaises, l’agression israélienne continue contre le Liban depuis le 2 mars dernier a fait 4 335 morts et 12 277 blessés, en plus du déplacement de plus d’un million de personnes.
