Affrontements à Zawiya et Sorman : condamnation de l’ONU et recommandations pour endiguer le chaos des armes
Des affrontements se poursuivent dans la ville de Zawiya, dans l’ouest de la Libye, ainsi qu’à Sorman. Ils suscitent l’inquiétude des Nations unies et donnent lieu à des appels en faveur de la responsabilisation des acteurs directement impliqués dans les combats, ainsi que de leurs soutiens, afin qu’ils répondent des conséquences de leurs actes.
Dans un communiqué de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), la mission onusienne a fermement condamné les affrontements qui se poursuivent à Zawiya ainsi que ceux qui ont éclaté dans la ville de Sorman. Elle a appelé toutes les parties au conflit à mettre immédiatement fin aux combats et à s’abstenir de toute action provocatrice susceptible d’aggraver les tensions.
Des affrontements armés ont éclaté mardi entre des éléments de ce qui est connu sous le nom de « Service de lutte contre les menaces sécuritaires », dirigé par Mohammed Bahrun, surnommé « Al-Far », et des membres de la « 103e brigade d’infanterie », connue sous le nom de « Brigade Al-Salaa », dirigée par Othman Al-Lahab. Des milices dirigées par Muhannad Sweissi ont également pris part aux combats.
La mission de l’ONU a indiqué que les affrontements de Zawiya, ainsi que ceux qui les avaient précédés à Sorman, avaient mis les civils en danger et fait plusieurs morts et blessés. Ils ont également causé d’importants dégâts aux biens privés et aux infrastructures essentielles, notamment à la raffinerie de Zawiya.
Inquiétudes et demandes d’enquête
La mission a confirmé que les affrontements à Sorman avaient entraîné la fuite d’un certain nombre de détenus, suscitant de graves inquiétudes quant à la protection des civils ainsi qu’à la sécurité et à la sûreté de la population.
Elle a appelé à l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie sur ces événements afin d’identifier les individus ou groupes directement ou indirectement impliqués et de les tenir responsables de leurs actes, dans le respect du droit des victimes des violences à Zawiya et Sorman d’obtenir pleinement justice et réparation au moyen d’enquêtes rapides, indépendantes et crédibles.
Elle a également souligné la nécessité que les acteurs directement impliqués dans les combats, ainsi que leurs soutiens, répondent des conséquences de leurs actes.
Tout en rappelant à toutes les parties leurs obligations au titre du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, notamment en matière de protection des civils et des infrastructures civiles, la mission a affirmé que l’utilisation d’armes lourdes ou l’installation de positions militaires dans des zones et des agglomérations densément peuplées, ou à proximité de celles-ci, d’une manière susceptible de porter atteinte aux civils, était absolument inacceptable.
Elle a appelé toutes les parties à déployer tous les efforts nécessaires afin d’empêcher une aggravation de la situation.
La mission a averti que le fait de ne pas protéger les civils et les installations civiles, ainsi que de mettre en danger la vie et la sécurité de la population, pouvait constituer des crimes passibles de sanctions au regard des législations nationales et du droit international en vigueur.
La feuille de route de l’ONU
La mission de l’ONU a appelé les autorités libyennes compétentes à accélérer la mise en place d’un mécanisme coordonné visant à :
- retirer les armes lourdes et les éloigner des zones habitées ;
- soutenir les efforts de désescalade afin d’empêcher une reprise des violences, de protéger les civils et de préserver les infrastructures essentielles ;
- soutenir les efforts crédibles et durables de pacification afin de réduire les violences qui sévissent dans cette région depuis plusieurs mois ;
- encourager les dirigeants locaux ainsi que les acteurs politiques et sécuritaires influents à exercer leur influence pour faire baisser les tensions et éviter toute mesure susceptible d’entraîner une reprise des affrontements.
La mission de l’ONU a également rappelé les conclusions du groupe d’experts des Nations unies chargé de la Libye, qui a mis en évidence la persistance de la prolifération des armes, les activités des groupes armés et les graves violations des droits de l’homme, ainsi que l’impact déstabilisateur des mouvements illégaux d’armes et de combattants.
Les conclusions du groupe d’experts ont souligné les graves risques liés à l’escalade armée dans des zones densément peuplées telles que Zawiya et Sorman. Elles appellent donc toutes les parties à s’abstenir de toute escalade militaire et les autorités libyennes à prendre des mesures efficaces pour protéger les civils et les infrastructures essentielles.
La mission a renouvelé son soutien à tous les efforts menés par les Libyens pour réduire les tensions, renforcer la reddition de comptes et préserver la stabilité à Zawiya, Sorman et dans les régions voisines. Elle a également réaffirmé qu’elle était pleinement disposée à mettre ses bons offices au service de ces efforts.
