Politique

Double revers pour Boko Haram : le Nigeria libère des dizaines d’otages après l’élimination de centaines de terroristes


Les autorités nigérianes ont annoncé la libération de dizaines d’élèves et d’enseignants enlevés lors d’une attaque contre trois établissements scolaires dans l’État d’Oyo, au sud-ouest du pays, en mai dernier.

Cette opération de sécurité conjointe a également permis de neutraliser plusieurs ravisseurs et d’en arrêter d’autres, alors que le Nigeria poursuit ses opérations militaires contre les groupes extrémistes et les bandes spécialisées dans les enlèvements dans plusieurs États du pays.

Libération des élèves enlevés

Dans un communiqué, le président nigérian Bola Tinubu s’est félicité du succès des forces de sécurité ayant permis de secourir les élèves et les enseignants kidnappés dans la région d’Orire, dans l’État d’Oyo.

Il a précisé qu’une opération conjointe menée par des unités de l’armée, de la police et des services de renseignement avait permis de libérer les otages, tout en neutralisant plusieurs ravisseurs et en procédant à l’arrestation de huit autres.

De son côté, le porte-parole de la présidence, Bayo Onanuga, a indiqué dans une publication sur la plateforme X que les ravisseurs avaient exigé la libération de l’un des membres de leur groupe, actuellement jugé par la justice nigériane.

À la mi-mai, des hommes armés, que l’armée nigériane accuse d’appartenir à Boko Haram, avaient enlevé 46 élèves et membres du personnel de trois écoles de l’État d’Oyo, l’un des États les plus peuplés du Nigeria, dont la capitale, Ibadan, constitue un important centre éducatif.

Opération militaire dans le nord du pays

Quelques heures avant l’annonce de la libération des otages, l’armée nigériane avait annoncé avoir éliminé plus de 300 terroristes dans le nord du pays.

Mahmoud Mohammed Dantawasa, commissaire à l’information de l’État de Zamfara, a déclaré que l’armée avait mené une opération de deux jours dans la région de Gumi, aboutissant à l’élimination de plus de 300 terroristes.

Une insécurité persistante

Les régions du nord et du centre du Nigeria continuent d’être confrontées aux activités des groupes extrémistes et des bandes criminelles spécialisées dans les enlèvements, qui mènent des attaques meurtrières, imposent des taxes illégales aux agriculteurs et procèdent à des enlèvements contre rançon.

Des analystes de la sécurité interrogés par l’Agence France-Presse ont constaté une coopération croissante entre les groupes criminels motivés par le profit financier et les organisations extrémistes qui mènent une insurrection depuis dix-sept ans dans le nord-est du pays.

Le mois dernier, au moins 34 agriculteurs ont été tués lors de deux attaques perpétrées par des bandes armées.

Le gouvernement de l’État de Zamfara a qualifié la récente opération militaire de « percée majeure » dans les efforts visant à lutter contre la violence.

Des défis sécuritaires multiples

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, est confronté à de multiples crises sécuritaires. Depuis 2009, le nord-est du pays est le théâtre d’une insurrection menée par des groupes extrémistes, initiée par Boko Haram, avant d’être rejointe par l’organisation État islamique, qui constitue une branche rivale du groupe.

Les autorités nigérianes ont récemment annoncé avoir éliminé plusieurs éléments terroristes à la suite de frappes aériennes conjointes menées avec les forces américaines dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du pays. Ces frappes visaient des combattants affiliés à l’organisation État islamique au Sahel, active dans le Niger voisin.

Depuis lors, Washington a déployé des centaines de militaires au Nigeria afin de soutenir et de former les forces armées nigérianes.

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