Politique

Rapport des services de renseignement : le soutien de l’Iran à ses alliés régionaux ne sera pas affecté par les ententes avec Washington


La levée des sanctions et le déblocage des avoirs gelés contribueront largement au financement des milices, ce qui pourrait alimenter l’instabilité dans la région au cours des prochaines années.

L’Institut américain de recherche en sécurité et en renseignement Soufan estime que le soutien de l’Iran à ses alliés et groupes affiliés au Moyen-Orient et dans le reste du monde demeurera un pilier fondamental de sa stratégie régionale. Selon l’institut, cette orientation ne sera pas remise en cause par les résultats des ententes conclues entre Téhéran et Washington, ce qui laisse présager la poursuite des tensions et de l’escalade au Moyen-Orient.

Malgré les efforts déployés par plusieurs pays de la région, notamment le Liban et l’Irak, pour réserver le monopole des armes à l’État et démanteler les milices, le rapport affirme que Téhéran cherchera à renforcer le financement des groupes armés qui lui sont affiliés dans la période à venir.

Le rapport estime également que la levée des sanctions et la libération des avoirs iraniens gelés contribueront de manière significative au financement de ces milices, créant ainsi un climat d’instabilité durable dans la région au cours des prochaines années, un scénario contre lequel les pays du Golfe ont déjà mis en garde.

L’absence de tout engagement iranien visant à mettre fin au soutien et au financement de ses alliés régionaux dans le mémorandum d’entente américano-iranien signé à Islamabad a suscité un large débat. En effet, le document se concentre sur la cessation des opérations militaires, la relance de la voie diplomatique concernant le programme nucléaire, la levée des sanctions, la reconstruction et la garantie de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, sans aborder l’un des dossiers les plus sensibles pour les États-Unis et leurs alliés dans la région.

Selon le texte du mémorandum, les dispositions convenues ne comportent aucune clause explicite obligeant Téhéran à cesser de financer, d’armer ou d’entraîner les groupes armés qui lui sont alliés au Moyen-Orient. Le document ne fait pas non plus référence au démantèlement de ces organisations ni à leur désarmement. Cette approche traduit une évolution des priorités des négociations, qui se sont concentrées sur la consolidation du cessez-le-feu, le dossier nucléaire et les questions économiques, tout en accordant aux deux parties un délai de soixante jours pour parvenir à un accord définitif sur les questions encore en suspens.

Les prochaines négociations porteront exclusivement sur le programme nucléaire, les sanctions et les dossiers économiques. Le programme iranien de missiles balistiques ainsi que la question du soutien aux groupes armés ont été exclus de l’ordre du jour. Cela signifie que la levée des sanctions américaines ne sera pas conditionnée à une modification de la politique régionale de l’Iran ni de la nature de ses relations avec ses alliés.

Le mémorandum prévoit également la cessation des opérations militaires sur l’ensemble des théâtres de tension, y compris au Liban. Toutefois, il ne comporte aucune disposition concernant le désarmement du Hezbollah ni la fin du soutien iranien à ce mouvement. Il se limite à appeler à un cessez-le-feu et à la mise en place d’un mécanisme de négociation spécifique à la situation libanaise, traduisant ainsi une volonté de dissocier la désescalade militaire des questions liées à l’influence régionale de l’Iran.

Cette approche a suscité des critiques aux États-Unis, en Israël ainsi que dans certains cercles politiques des pays du Golfe. Les opposants à l’accord estiment que l’administration du président Donald Trump a renoncé à des exigences que Washington considérait depuis longtemps comme essentielles à tout règlement global avec Téhéran, notamment l’arrêt du soutien aux groupes alliés régionaux et la limitation du programme de missiles balistiques, au profit d’une priorité accordée à la maîtrise de l’escalade militaire et à la conclusion d’un accord sur le programme nucléaire.

Selon plusieurs observateurs, le report de ces dossiers à des étapes ultérieures pourrait faciliter la conclusion rapide d’un accord. Toutefois, il laisserait les principales sources de tensions et d’instabilité au Moyen-Orient en dehors du cadre des négociations directes, ce qui pourrait limiter la capacité d’un éventuel accord définitif à produire un changement profond dans l’architecture sécuritaire régionale.

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