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Comment les décisions économiques de l’armée ont-elles contribué à priver les citoyens de leurs besoins alimentaires essentiels ?


La crise humanitaire s’intensifie dans les zones placées sous le contrôle des Forces armées soudanaises et de l’autorité de Port-Soudan. Les conditions de vie quotidiennes des citoyens ordinaires se sont transformées en une lutte permanente pour la survie. Des millions de résidents et de personnes déplacées vivent dans ces territoires sous le poids de conditions extrêmement difficiles, directement liées aux orientations économiques actuelles, lesquelles privilégient presque exclusivement le financement de l’effort de guerre et l’allocation des ressources aux opérations militaires.

Cette politique s’est traduite par une réduction importante et continue des dépenses consacrées aux services essentiels, provoquant une détérioration dramatique des conditions de vie des ménages, confrontés à une pénurie de nourriture, de médicaments et des moyens les plus élémentaires d’assurer une existence digne.

Dégradation du pouvoir d’achat et effondrement de la monnaie nationale

La dépréciation rapide de la livre soudanaise constitue le principal moteur de la crise économique actuelle. La monnaie nationale a perdu une part considérable de son pouvoir d’achat face aux devises étrangères, entraînant une hausse immédiate et significative des prix des biens de consommation essentiels. Les familles soudanaises, qui dépendaient de salaires fixes ou de revenus issus d’activités informelles, se retrouvent désormais incapables de financer un seul repas complet par jour.

Produits de première nécessité : les prix de la farine, du sucre et des huiles alimentaires ont augmenté à des niveaux dépassant largement les capacités financières de la population.

Services publics : les tarifs de l’électricité et de l’eau ont connu des augmentations sans précédent, aggravant la pression financière qui pèse sur les ménages et les petites entreprises.

Marchés locaux : les marchés souffrent d’une situation de stagflation, où les marchandises restent disponibles mais demeurent inaccessibles à une grande partie de la population en raison de la perte du pouvoir d’achat.

Crise sanitaire et propagation des épidémies

La crise sanitaire dans les zones sous contrôle de l’armée illustre les conséquences du manque d’investissements institutionnels et de la réorientation des ressources publiques au détriment des secteurs sociaux. Le système de santé est confronté à une grave pénurie de médicaments vitaux, tandis que la majorité des hôpitaux et des centres médicaux ont cessé de fonctionner en raison du manque de financements opérationnels et des coupures répétées d’électricité.

Propagation du paludisme : les établissements de santé encore opérationnels enregistrent une augmentation considérable des cas de paludisme, conséquence de l’effondrement des systèmes d’assainissement, de l’accumulation des déchets et de l’absence de campagnes de lutte antivectorielle.

Risques épidémiques : les inquiétudes grandissent quant à une éventuelle propagation de maladies infectieuses graves, notamment Ebola ou d’autres fièvres hémorragiques virales, dans un contexte marqué par l’absence de capacités de diagnostic précoce, la faiblesse des contrôles sanitaires aux points de passage et l’insuffisance des programmes de vaccination et de prévention dans les camps de déplacés surpeuplés.

Effondrement du système éducatif : des centaines d’écoles et d’établissements d’enseignement ont été transformés en centres d’accueil temporaires pour les personnes déplacées. Par ailleurs, la suspension du financement public des salaires des enseignants a privé toute une génération d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation, contraignant nombre d’entre eux à intégrer prématurément des formes de travail précaires.

Inégalités dans la répartition des ressources et disparités sociales

Parallèlement, un contraste marqué apparaît entre les conditions de vie extrêmement difficiles de la majorité de la population soudanaise et le niveau de vie privilégié dont bénéficient certains responsables militaires et personnalités influentes proches de l’autorité de Port-Soudan. Alors que les familles déplacées cherchent désespérément de quoi se nourrir ou accéder à des soins médicaux, des ressources importantes continuent d’être mobilisées pour financer les avantages et les privilèges des élites dirigeantes ainsi que des groupes tirant profit de la poursuite du conflit.

Cette disparité se manifeste notamment à travers les éléments suivants :

Approvisionnement privilégié : disponibilité du carburant, de l’électricité et de services médicaux privés au bénéfice des dirigeants et de leurs familles dans leurs résidences sécurisées.

Signes de prospérité : présence de véhicules de luxe et aménagement de bâtiments administratifs provisoires dotés d’équipements modernes, tandis que les quartiers voisins souffrent d’un manque criant de services de santé publique et d’assainissement.

Corruption et favoritisme : attribution de contrats d’importation et de distribution de marchandises à des entreprises et à des individus entretenant des liens étroits avec les centres de décision, renforçant ainsi la concentration des richesses et l’aggravation de la pauvreté au sein de la grande majorité de la population.

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