Politique

Trump annonce la mort du criminel le plus recherché… Le Venezuela confirme l’opération conjointe


Le Venezuela a confirmé, dans les premières heures de samedi matin, la mort d’Héctor Rutherford Guerrero Flores, connu sous le nom de « El Niño Guerrero », chef du gang « Tren de Aragua ».

Cette annonce intervient à l’issue d’une opération conjointe menée par les États-Unis sur le territoire vénézuélien en coopération avec Caracas, peu après que le président américain Donald Trump a annoncé le « succès de l’opération ».

Dans un communiqué, le ministère vénézuélien de la Communication a indiqué que l’opération conjointe visait à démanteler des infrastructures liées au crime organisé dans le sud du pays. Il a précisé que « des affrontements ont eu lieu avec des membres de groupes criminels au cours de l’opération, entraînant la mort d’Héctor Rutherford Guerrero Flores, connu sous le surnom de Niño Guerrero, dirigeant de l’une de ces organisations criminelles ».

Selon l’Associated Press, l’opération s’est déroulée dans un État riche en ressources minières situé à la frontière avec le Brésil et le Guyana, une région connue pour l’exploitation minière illégale contrôlée depuis des années par des groupes criminels et d’autres acteurs impliqués dans l’extraction illicite de minerais.

Détails de l’opération

Dans une publication sur la plateforme Truth Social, Donald Trump a déclaré que « le Commandement Sud des États-Unis a exécuté, sur ses instructions, une frappe militaire rapide et décisive qui a permis d’éliminer Niño Guerrero, le tristement célèbre chef du gang Tren de Aragua, l’une des organisations terroristes les plus meurtrières au monde ».

Trump a critiqué son prédécesseur Joe Biden, affirmant que ses politiques avaient ouvert les frontières sud des États-Unis à « des millions de criminels en situation irrégulière », permettant ainsi aux membres du gang de commettre des crimes sur le territoire américain.

Il a ajouté que cette opération militaire honorait ses promesses électorales visant à traquer les membres du gang, expulser les criminels et classer le Tren de Aragua comme organisation terroriste étrangère. Il a souligné que l’armée américaine avait « rendu justice » aux victimes des crimes que son administration attribue à ce groupe.

Trump a également indiqué que l’opération avait été étroitement coordonnée avec les autorités vénézuéliennes, affirmant que Washington coopérait avec Caracas « de manière très satisfaisante ».

Le président américain a conclu en déclarant que les membres du Tren de Aragua ne disposaient désormais « d’aucun refuge sûr au Venezuela ni ailleurs », promettant de poursuivre les trafiquants de drogue et les membres du gang où qu’ils se trouvent.

Une campagne continue

La mort de Guerrero s’inscrit dans le cadre d’une campagne plus large menée par l’administration Trump contre le gang Tren de Aragua, que Washington a désigné comme organisation terroriste étrangère.

Au cours des derniers mois, l’administration américaine a entrepris une série d’actions contre le groupe, notamment des frappes visant des embarcations légères accusées de transporter de la drogue vers les États-Unis.

Au moins 207 personnes ont été tuées lors de frappes menées par l’armée américaine contre des bateaux dans l’est de l’océan Pacifique et dans la mer des Caraïbes depuis le début des opérations contre ceux que l’administration américaine qualifie de « narcoterroristes » au début du mois de septembre dernier.

Trump et plusieurs responsables de son administration ont attribué au Tren de Aragua une part importante des violences et du trafic de drogue illicite observés dans certaines villes américaines.

Le président américain a également affirmé à plusieurs reprises que ce gang opérait sous le contrôle du président vénézuélien Nicolás Maduro, bien que des évaluations des services de renseignement américains déclassifiées contredisent ces affirmations.

Les États-Unis avaient transféré Maduro hors du Venezuela en janvier afin qu’il réponde à des accusations américaines liées au trafic de stupéfiants.

Une récompense de 5 millions de dollars

Le département d’État américain avait offert une récompense de 5 millions de dollars pour toute information conduisant à son arrestation.

En 2025, un tribunal de New York a inculpé Héctor Rutherford Guerrero Flores, âgé de 42 ans, ainsi que 69 autres personnes présumées membres du Tren de Aragua, pour avoir ordonné, dirigé et facilité des actes terroristes et des violences aux États-Unis.

Qui était Guerrero ?

Guerrero Flores était considéré comme l’architecte principal de l’évolution du Tren de Aragua, passé du statut de gang carcéral vénézuélien à celui d’organisation terroriste transnationale.

Les autorités américaines et vénézuéliennes accusent le groupe de traite des êtres humains, d’homicides, d’enlèvements, de vols, de trafic de drogue, d’extorsion et même d’exploitation minière illégale.

L’organisation est également accusée d’avoir étendu son influence à plusieurs activités commerciales légales opérant ouvertement et bénéficiant d’une présence officielle sur le marché.

En septembre 2023, le gouvernement de Maduro avait déclaré avoir « complètement démantelé » le Tren de Aragua après que l’armée eut repris le contrôle de la prison de Tocorón, bastion du groupe.

Un « empire » dans la prison de Tocorón

Selon un rapport publié en 2025 par le centre d’analyse criminelle Insight Crime, « Niño Guerrero » a joué un rôle central dans la transformation du gang en ce qu’il est devenu aujourd’hui pendant son incarcération à Tocorón.

Le rapport indique que, sous sa direction, la prison de Tocorón est devenue l’un des établissements pénitentiaires les plus associés à la criminalité et au chaos dans le pays.

Il ajoute que « cette liberté et les profits criminels des gangs ont permis l’installation d’un zoo, d’une piscine, d’un terrain de sport, d’un restaurant et d’une boîte de nuit à l’intérieur même de la prison ».

Une coopération américano-vénézuélienne qui se poursuit

Cette opération conjointe constitue l’exemple le plus récent du rapprochement entre Washington et Caracas depuis l’arrestation de Maduro.

En mars, les deux pays ont rétabli leurs relations diplomatiques, rompues depuis 2019, et les États-Unis travaillent actuellement à la réouverture de leur ambassade à Caracas.

Parallèlement, Trump assouplit progressivement les sanctions imposées au Venezuela, lequel a adopté de nouvelles lois concernant les hydrocarbures et le secteur minier, ouvrant ainsi ces domaines à l’investissement privé dans un pays qui possède les plus importantes réserves pétrolières du monde.

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