L’argent des Allemands dans les poches des Frères musulmans : enquêtes et critiques autour du financement de Islamic Relief
Islamic Relief et ses liens avec les Frères musulmans continuent de susciter une vive controverse en Allemagne, notamment en raison des importants financements publics qu’elle a reçus au cours des années précédentes.
Les montants accordés par plusieurs gouvernements allemands au profit de l’organisation Islamic Relief, liée aux Frères musulmans, étaient particulièrement élevés, ce qui a provoqué de nombreuses enquêtes et critiques.
Entre 2013 et 2016 seulement, près de 8,5 millions d’euros provenant du ministère allemand des Affaires étrangères ont été versés sur les comptes d’Islamic Relief, avant que d’autres financements ne suivent, malgré la reconnaissance par Berlin des liens de l’organisation avec les Frères musulmans.
L’organisation « Islamic Relief Worldwide » a été associée à des « cercles liés aux Frères musulmans » depuis la publication du rapport 2009 de l’Office de protection de la Constitution — les services de renseignement intérieur — du Land de Bade-Wurtemberg.
À la suite d’une question posée par l’ancien député écologiste Volker Beck, le gouvernement fédéral a informé le Parlement, en janvier 2017, de l’existence de liens étroits entre Islamic Relief Allemagne (IRD) et l’Organisation de la communauté musulmane allemande, considérée comme le bras des Frères musulmans dans le pays.
Malgré cela, les financements des projets gérés par Islamic Relief ont continué à être accordés par le ministère des Affaires étrangères à cette époque, selon le journal allemand Die Welt.
La situation n’a changé qu’après une question parlementaire déposée par le Parti libéral-démocrate allemand en avril 2019.
Selon la réponse du gouvernement allemand à cette dernière interpellation, Islamic Relief « entretient d’importants liens personnels avec les Frères musulmans ou des organisations qui leur sont proches ».
En conséquence, le ministère des Affaires étrangères a suspendu son financement.
Enquête
Au cours des derniers jours, plusieurs médias ont relayé les résultats d’une enquête judiciaire menée dans le cadre d’une procédure intentée contre le gouvernement il y a cinq ans, exigeant la divulgation des motifs et du bilan des financements accordés aux projets d’Islamic Relief.
Selon les conclusions de l’examen judiciaire, le ministère allemand des Affaires étrangères « n’a pas été en mesure d’expliquer les fondements de son évaluation selon laquelle Islamic Relief jouissait d’une bonne réputation en tant qu’organisation humanitaire non gouvernementale », ce qui lui avait permis d’obtenir des financements pendant plusieurs années.
L’enquête accuse également le ministère d’avoir ignoré la « stratégie globale de lutte contre les organisations terroristes », qui appelle les ministères à « s’abstenir de soutenir les organisations concernées lorsqu’il existe des informations pertinentes émanant des services de protection de la Constitution ».
Dans un second rapport, la Cour fédérale des comptes allemande a conclu que le ministère des Affaires étrangères avait soutenu l’organisation « sans avoir préalablement vérifié la régularité des procédures ni l’efficacité des dépenses ».
Bien qu’Islamic Relief affirme avoir procédé à une révision interne et rompu ses liens avec les Frères musulmans, ces relations existent toujours à ce jour, selon des informations relayées par le journal Die Welt citant les services allemands de protection de la Constitution.
Le fait qu’Islamic Relief ait bénéficié de financements publics allemands continue de susciter de vives critiques au sein de la classe politique allemande et a conduit à de nombreuses interpellations parlementaires au cours des dernières années.
« Le guide absent » ravive encore davantage la controverse avec un nouveau message.
