Les élections éthiopiennes entrent dans leur phase décisive : préparatifs logistiques et sécuritaires intensifiés
Éthiopie est entrée dans la phase finale du compte à rebours des septièmes élections générales, alors que le processus électoral atteint ses dernières étapes, dans un contexte marqué par l’achèvement des préparatifs logistiques et sécuritaires. Ce scrutin est considéré comme une étape politique majeure dans le parcours de transition démocratique du pays.
Le Conseil national électoral d’Éthiopie a annoncé l’achèvement de l’impression des bulletins de vote des septièmes élections générales ainsi que leur arrivée dans le pays, marquant le début de leur distribution dans les différentes régions et centres électoraux.
Lors d’un point de presse, la présidente du Conseil, Mulatwork Hailu, a présenté l’état d’avancement des préparatifs du processus électoral, affirmant que les bulletins de vote, qui constituent l’un des éléments essentiels de l’élection, sont déjà en cours de distribution dans les bureaux de vote répartis à travers le pays.
Concernant les procédures d’enregistrement des candidats, Hailu a indiqué que le Conseil a adopté depuis le 1er janvier un système technologique moderne développé pour gérer électroniquement l’inscription des candidats, dans le cadre des efforts visant à renforcer l’efficacité, la transparence et la modernisation des mécanismes électoraux.
Renforcement de la participation électorale
Dans le cadre de l’élargissement de la participation politique et du renforcement de la sensibilisation électorale, elle a expliqué que le Conseil électoral a organisé 19 forums de débat politique afin de permettre aux partis politiques de présenter leurs programmes et visions politiques au public, offrant ainsi aux électeurs la possibilité de mieux connaître les différentes forces en compétition.
Elle a également confirmé que le Conseil poursuit les derniers préparatifs liés aux élections, tout en s’engageant à tenir régulièrement l’opinion publique informée des différentes mesures et étapes à venir du processus électoral.
Concernant les garanties d’inclusivité et d’intégrité du scrutin, elle a indiqué que le Conseil électoral a accordé un soutien financier à 114 organisations de la société civile pour mener des activités de sensibilisation électorale, tout en accréditant 55 autres organisations pour participer à l’observation des élections.
S’agissant de la participation des partis politiques, elle a révélé que plus de 220 000 représentants de partis politiques ont été accrédités pour représenter les différentes forces politiques en lice, tandis que 1 814 journalistes ont été enregistrés pour couvrir les élections et transmettre leurs développements au public national et international.
Elle a également évoqué des mesures supplémentaires destinées à garantir l’intégrité du scrutin, notamment la désignation de médiateurs indépendants dans tous les centres de vote ainsi que l’information des partis politiques concernant leurs missions de supervision.
Mesures organisationnelles spécifiques au jour du scrutin
Dans le but d’élargir la participation, le Conseil électoral éthiopien a annoncé la fermeture de toutes les activités commerciales lundi prochain, jour du vote, à l’exception des institutions et organismes assurant les services essentiels.
Parallèlement à l’achèvement des préparatifs logistiques, la capitale Addis-Abeba ainsi que plusieurs grandes villes du pays ont accueilli des rassemblements politiques et des manifestations pacifiques marquant la fin des campagnes électorales des partis concurrents avant le début de la période de silence électoral.
Les partis politiques ont organisé leurs derniers événements dans plusieurs villes et régions des provinces éthiopiennes, tandis que la campagne finale du parti au pouvoir, le Parti de la prospérité, a enregistré la participation la plus importante et la plus visible, avec une forte mobilisation populaire dans plusieurs villes et régions en soutien au parti.
Plus de 50 millions d’électeurs et 42 partis en compétition
Selon le Conseil national électoral d’Éthiopie, le nombre d’électeurs inscrits dépasse les 50 millions, répartis dans 52 029 bureaux de vote à travers le pays.
Des centres de vote spéciaux ont également été prévus pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays, les membres des forces armées et les étudiants, afin d’élargir la participation électorale et de garantir l’inclusion des différentes catégories de la population.
Le Parti de la prospérité domine la scène électorale
Les données publiées par le Conseil national électoral montrent l’ampleur de la présence organisationnelle du Parti de la prospérité par rapport aux autres partis concurrents, tant au niveau du nombre de candidats que de la couverture géographique des circonscriptions électorales.
Quarante-deux partis politiques participent aux élections après le retrait de six partis, dont la majorité provenait de la région du Tigré, en raison de la situation sécuritaire dans cette région, exclue du processus électoral.
Selon les données officielles, les partis ayant présenté le plus grand nombre de candidats sont, dans l’ordre : le Parti de la prospérité, suivi du Parti des citoyens éthiopiens pour la justice sociale, connu localement sous le nom d’« Ezema », puis de l’Alliance de coopération pour l’unité de l’Éthiopie, une coalition regroupant cinq partis, et enfin du Mouvement national amhara, connu sous le nom d’« ABN ».
Selon ces données, le nombre total de candidats présentés par les partis politiques et les indépendants pour la Chambre des représentants du peuple et les conseils régionaux atteint 10 432 candidats.
Le Parti de la prospérité arrive en tête avec 3 041 candidats, soit 29 % du total, suivi d’Ezema avec 1 248 candidats représentant 12 %, puis de l’Alliance de coopération pour l’unité de l’Éthiopie avec 1 053 candidats, soit 10 % du total.
Pour les sièges de la Chambre des représentants du peuple, le Parti de la prospérité a présenté 461 candidats sur 547 sièges parlementaires, soit environ 84 % des sièges, tandis qu’Ezema a présenté 293 candidats, soit 54 % du total.
Ces chiffres illustrent l’écart organisationnel important entre le Parti de la prospérité et les autres formations concurrentes, alors que les partis d’opposition cherchent à renforcer leur présence et à élargir leur représentation au sein des institutions législatives et régionales.
Les défis sécuritaires s’imposent
Les défis sécuritaires demeurent l’un des principaux facteurs influençant le processus électoral. Les tensions dans certaines zones de la région Amhara, où des affrontements opposent les milices Fano aux forces de l’armée, ainsi que dans certaines zones des régions Oromia et Benishangul-Gumuz, constituent une source majeure d’inquiétude pour les autorités et les parties concernées, dans un contexte de craintes concernant leur impact sur le taux de participation et l’ampleur de la compétition politique.
En revanche, la capitale Addis-Abeba ainsi que les villes de Dire Dawa et Harar figurent parmi les régions les plus stables, suivies des régions du sud de l’Éthiopie, qui bénéficient également d’une relative stabilité sécuritaire, rendant l’environnement électoral plus favorable à une compétition politique ouverte.
Les caractéristiques des septièmes élections générales en Éthiopie reflètent ainsi l’interaction entre compétition politique, impératifs sécuritaires et considérations organisationnelles, alors que le pays cherche à mener à bien un scrutin considéré comme un test majeur pour son parcours politique et ses institutions démocratiques, dans un contexte d’attente nationale et internationale concernant les résultats du vote et leurs répercussions sur l’avenir de la scène politique éthiopienne.
