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Le gouvernement français lutte contre l’infiltration des Frères musulmans par une décision ferme : interdiction d’un événement du groupe à Nantes


Les autorités françaises ont confirmé, samedi, l’interdiction d’un rassemblement annuel organisé par l’association « Musulmans de France », largement considérée comme la branche française des Frères musulmans, dans la ville de Nantes, à l’ouest du pays.

L’événement, connu sous le nom de « Rencontre des musulmans de l’Ouest de la France », devait se tenir durant le week-end des 23 et 24 mai, à Nantes, avant que la préfecture de Loire-Atlantique ne décide de l’interdire à la demande du ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez.

Les autorités françaises ont indiqué que cette interdiction était motivée par la participation de personnalités de premier plan liées aux Frères musulmans, dans un contexte de craintes concernant d’éventuelles déclarations « susceptibles de constituer des infractions pénales et de porter atteinte aux principes de la République, à la cohésion nationale et à la dignité humaine ».

Soutien gouvernemental à l’interdiction

De son côté, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a salué la décision judiciaire et l’a qualifiée de « mesure importante dans la lutte contre l’infiltration des Frères musulmans ».

Dans un message publié sur la plateforme « X », Lecornu a déclaré que « la République doit être ferme, précise et exempte de toute faille juridique face à l’islamisme politique », remerciant les équipes du ministère de l’Intérieur pour « leur mobilisation constante et essentielle ».

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, a également confirmé que la justice avait validé la décision d’interdiction, estimant que « les propos susceptibles d’être tenus lors de ce rassemblement pourraient porter atteinte aux valeurs de la République, à la cohésion nationale et à la dignité humaine ».

Il a ajouté : « Ce rassemblement ne peut pas avoir lieu, et j’appelle chacun à respecter cette interdiction ».

Le préfet de la région Pays de la Loire et de Loire-Atlantique a également annoncé, via la plateforme « X », la publication d’un arrêté officiel interdisant la tenue du rassemblement les 23 et 24 mai.

Une escalade continue contre les Frères musulmans

Cette décision s’inscrit dans une série de mesures croissantes prises par la France contre les organisations liées aux Frères musulmans, dans le cadre de la lutte contre « l’infiltration islamiste » au sein de la société française.

Au cours des derniers mois, la France a dissous plusieurs institutions et associations liées au mouvement, tandis que des députés de l’Assemblée nationale française ont lancé, en janvier 2026, une initiative visant à pousser l’Union européenne à classer les Frères musulmans comme organisation terroriste.

Le 6 mai dernier, le Sénat français a adopté à une large majorité un projet de loi visant à lutter contre ce qu’il a qualifié de « pénétration de l’islam politique », dans une démarche que des experts ont alors considérée comme un nouveau tournant dans la politique de Paris à l’égard des groupes islamistes radicaux.

Le texte a été adopté par 208 voix contre 124, sur proposition de Bruno Retailleau, chef du parti Les Républicains et ancien ministre français de l’Intérieur.

Cette loi vise à renforcer les mesures contre les associations et mouvements accusés de saper les valeurs de la République française, notamment en facilitant la dissolution des associations, en durcissant les sanctions contre ceux qui portent atteinte « aux principes de la République », en imposant un contrôle strict sur la construction des lieux de culte, ainsi qu’en gelant les avoirs des groupes séparatistes.

Retailleau a affirmé que la France devait faire preuve d’« une très grande fermeté, sans aucune complaisance » envers les courants cherchant à « saper la cohésion sociale et la forme républicaine des institutions ».

Le projet de loi s’appuie sur un rapport rédigé par Retailleau en 2025 lorsqu’il occupait le poste de ministre de l’Intérieur, portant sur ce qu’il décrivait comme « l’infiltration liée aux Frères musulmans » et son impact sur les valeurs républicaines en France.

Parallèlement, le gouvernement français prépare un projet de loi distinct, plus strict encore, annoncé début avril dernier par le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, et actuellement examiné par le Conseil d’État.

Ce projet prévoit des mesures élargies pour surveiller ce que Paris qualifie de « toutes les formes d’infiltration », notamment le contrôle des publications, le renforcement des mécanismes de suppression des contenus incitant à la haine en ligne, ainsi qu’un contrôle accru des associations et des financements liés aux courants extrémistes.

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