Golfe Persique

Des forces issues du Cadre de coordination mobilisent au Parlement pour destituer le président de la Chambre


Le député du Cadre de coordination, Saoud al-Saadi, affirme que certaines forces politiques estiment que le maintien de la présidence du Parlement dans sa forme actuelle aggrave la polarisation politique et entrave les compromis entre les blocs.

L’Irak connaît une nette intensification des désaccords au sein du Conseil des représentants, dans un contexte de manœuvres menées par des acteurs du « Cadre de coordination » visant à rééquilibrer les rapports de force au sein du Parlement et à former une nouvelle alliance parlementaire. Ces évolutions interviennent alors que les critiques visant le président de la Chambre, Mahmoud al-Machhadani, se multiplient concernant sa gestion de la phase politique actuelle, allant jusqu’à des appels à sa destitution.

Le député du Cadre de coordination, Saoud al-Saadi, a révélé l’existence de discussions avancées visant à former un nouveau bloc parlementaire en vue de la destitution du président du Parlement, sur fond de ce qu’il qualifie de « politiques hostiles » menées par al-Machhadani ces derniers mois, tant dans la conduite des séances parlementaires que dans la nature de ses alliances politiques.

Il a ajouté, lors d’une interview télévisée, que certaines forces considèrent désormais que le maintien de la présidence du Parlement dans sa configuration actuelle accentue la fragmentation politique et bloque les ententes entre les blocs.

Il a indiqué que les nouvelles manœuvres pourraient inclure la Coalition de l’État de droit ainsi que d’autres parties issues de l’intérieur et de l’extérieur du Cadre de coordination, avec la possibilité d’attirer des députés indépendants et des personnalités issues de différentes alliances, ce qui pourrait conférer à ce mouvement un nombre important de voix au Parlement, dépassant potentiellement 140 députés.

Ces développements coïncident avec une montée des tensions entre le Cadre de coordination et al-Machhadani. Des parties chiites l’accusent de chercher à consolider une influence politique sunnite indépendante au sein des institutions de l’État, en dehors des équilibres traditionnels qui ont structuré les relations entre les forces politiques depuis des années.

Des figures au sein du Cadre estiment que les positions récentes du président du Parlement, notamment concernant la gestion des sessions de vote et certains dossiers de formation gouvernementale, en particulier son opposition à la nomination de Nouri al-Maliki à la tête du gouvernement, reflètent une orientation politique jugée incompatible avec les accords en place. Cela a alimenté les appels à un changement à la tête de la Chambre dans le cadre d’une reconfiguration de l’équilibre au sein du pouvoir législatif.

Ces tensions ravivent également les conséquences de l’expérience de « l’alliance tripartite » formée après les élections de 2021, lorsque Mohammed al-Halbousi s’était allié à Moqtada al-Sadr et Massoud Barzani dans une tentative de former un gouvernement de majorité, un projet qui avait alors suscité un large rejet des forces du Cadre de coordination.

Des observateurs estiment que la persistance des divergences au sein du Parlement pourrait affecter négativement le fonctionnement du gouvernement d’Ali al-Zaydi, confronté à des défis politiques complexes et nécessitant une coordination élevée entre les pouvoirs exécutif et législatif pour faire avancer les principaux dossiers gouvernementaux dans la prochaine période.

Par ailleurs, des milieux politiques évoquent une fragmentation croissante au sein même des alliances parlementaires concernant l’avenir de la gestion de la Chambre des représentants. Certaines forces estiment que la poursuite des tensions actuelles pourrait conduire à une phase encore plus complexe au sein de l’institution législative, notamment à l’approche de l’examen de dossiers sensibles liés au budget, aux nominations de haut niveau et aux arrangements gouvernementaux.

Les estimations indiquent également que toute initiative visant à destituer le président du Parlement ne serait pas simple politiquement, en raison de l’enchevêtrement des alliances et des intérêts entre les forces sunnites, parties chiites et kurdes. Toutefois, des sources parlementaires affirment que la pression sur la présidence de la Chambre augmente progressivement, alors que des acteurs au sein du Cadre de coordination cherchent à imposer une nouvelle équation politique au Parlement dans la période à venir.

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