Politique

Israël affirme avoir tué 150 membres du Hezbollah, tandis que ce dernier observe le silence


L’armée israélienne indique que parmi les morts figure Ali Reza Abbas, commandant du secteur de Bint Jbeil, l’un des principaux secteurs de première ligne au sud du Liban.

L’armée israélienne a annoncé dimanche avoir tué plus de 150 membres du Hezbollah lors de frappes intensives menées à la veille de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec le Liban. Elle a précisé que ces attaques ont visé des positions et des déploiements de combattants du parti dans plusieurs régions, entraînant la mort de commandants de terrain, dont celui qu’elle a présenté comme le commandant du secteur de Bint Jbeil. Aucun commentaire immédiat n’a été émis par le mouvement chiite libanais armé, considéré comme l’un des principaux bras de l’Iran dans la région, concernant ces allégations israéliennes.

Dans le contexte d’une guerre en cours et d’une trêve fragile, il est difficile de vérifier l’exactitude des affirmations israéliennes comme de celles émanant du Hezbollah, ces informations s’inscrivant souvent dans le cadre d’une guerre médiatique et psychologique. Il n’est pas non plus possible d’en nier la véracité en attendant l’apaisement du bruit de la guerre et la publication de déclarations officielles fiables.

Dans un communiqué publié dimanche, l’armée israélienne a indiqué que ces frappes ont précédé directement le début du cessez-le-feu annoncé pour une durée de dix jours renouvelable. Elle a précisé que ses opérations ont visé environ 300 cibles militaires dans différentes régions du Liban, notamment des plateformes de lancement de roquettes, des dépôts d’armes et des centres de commandement. Elle a ajouté que ces opérations s’inscrivent dans ce qu’elle a décrit comme une campagne plus large lancée fin février dernier.

Selon la version israélienne, parmi les personnes tuées figure Ali Reza Abbas, présenté comme le commandant du secteur de Bint Jbeil, l’un des secteurs de première ligne les plus importants au sud du Liban, qui dirigeait des opérations de terrain contre les forces israéliennes. Le communiqué évoque également l’élimination d’autres responsables sans fournir de détails supplémentaires sur leurs identités ou leurs emplacements.

À ce stade, aucun commentaire officiel n’a été publié par le Hezbollah concernant ces allégations, laissant place à des récits divergents sur l’ampleur des pertes et la nature des cibles bombardées. Ces développements interviennent dans un contexte où la bataille médiatique entre les deux parties demeure particulièrement prudente, notamment en ce qui concerne l’annonce des pertes humaines.

Ces dernières semaines ont été marquées par des échanges de tirs intensifs entre les deux camps. Le Hezbollah a mené des attaques à la roquette et utilisé des drones contre des positions à l’intérieur d’Israël, et a également annoncé des affrontements avec des forces israéliennes ayant pénétré dans le sud du Liban. Ces confrontations ont fait des morts et des blessés des deux côtés, dans un climat de relative discrétion quant à l’ampleur réelle des pertes.

Selon des données officielles libanaises, les opérations militaires menées sur environ 45 jours ont fait plus de deux mille morts et des milliers de blessés, en plus du déplacement de plus d’un million de personnes, dans l’une des plus importantes vagues de déplacement que le Liban ait connues ces dernières années.

Malgré l’annonce du cessez-le-feu, des informations font état de violations répétées, soulevant des interrogations sur l’engagement des parties envers la trêve et sur la possibilité de sa prolongation ou de son effondrement. Dans ce contexte, la situation sur le terrain demeure fragile, avec la persistance des tensions à la frontière sud et l’imbrication de considérations militaires et politiques dans un paysage régional complexe.

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