La justice française condamne le petit-fils du fondateur des Frères musulmans : 18 ans de prison pour viol
Dans un développement judiciaire marquant qui apporte une première conclusion à l’une des affaires les plus controversées en France, la cour d’assises de Paris a prononcé une peine de 18 années d’emprisonnement à l’encontre de Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur du groupe des Frères musulmans, après l’avoir reconnu coupable du viol de trois femmes, dans une affaire qui a occupé l’opinion publique pendant des années.
Le jugement, rendu mercredi, couronne une procédure judiciaire complexe entamée en 2017. La cour a retenu contre Ramadan les chefs d’accusation de « viol » et de « viol sur personne en situation de vulnérabilité », soulignant la gravité des faits commis et l’exploitation manifeste des victimes, selon le quotidien Le Monde.
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Tariq Ramadan affronte l’une des femmes qui lui a accusé de viol
Lors de la lecture du verdict, la présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a insisté sur le fait que « le consentement à une relation sexuelle ne signifie pas le consentement à tous les actes sexuels sans exception », en référence à la nature des atteintes subies par les victimes, que la cour a qualifiées d’une extrême gravité, les considérant même comme relevant d’« une méthode visant à les détruire psychologiquement ».
La peine ne s’est pas limitée à l’emprisonnement. Elle a été assortie de mesures complémentaires strictes, comprenant un suivi judiciaire et social de huit ans, une obligation de soins, ainsi que la privation de ses droits civiques et politiques pendant dix ans, avec une interdiction définitive d’entrer sur le territoire français.
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Tariq Ramadan est accusé encore fois après avoir violé une autre victime
Le jugement a été rendu par contumace, à l’issue d’un procès de trois semaines auquel l’accusé et ses avocats étaient absents. Il ne s’était pas présenté à l’audience d’ouverture le 2 mars, sa défense indiquant qu’il avait été hospitalisé. Ils ont également précisé qu’il s’était rendu en Suisse — en violation des conditions du contrôle judiciaire qui lui imposaient de rester en France — invoquant une visite à sa mère malade. La cour a toutefois rejeté la demande de report du procès et décidé de poursuivre l’examen de l’affaire.
Malgré le prononcé du jugement, l’affaire demeure ouverte à d’éventuels développements, dans la mesure où un appel peut être formé, ce qui signifie que ce dossier judiciaire n’est pas encore définitivement clos.
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L’histoire de Tariq Ramadan avec les actes de viol
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de multiplication des dossiers liés aux violences sexuelles en Europe, où le mouvement #MeToo a renforcé la capacité des victimes à rompre le silence et à saisir la justice.
Des observateurs estiment que ce jugement, bien que non définitif, envoie un signal fort quant à la fermeté de la justice française face à ce type de crimes et à sa volonté d’établir des précédents judiciaires mettant l’accent sur la protection des victimes et la responsabilité des auteurs, quelles que soient leur position ou leurs origines.
Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur des Frères musulmans Hassan al-Banna, est considéré comme l’une des figures les plus controversées des milieux intellectuels et religieux en Europe.
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