Observation de deux navires américains de lutte contre les mines en Malaisie, très loin du détroit d’Ormuz
L’observation de deux navires de guerre américains spécialisés dans la lutte contre les mines en Malaisie a suscité des interrogations quant à la nature de leurs missions, dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, notamment dans le détroit d’Ormuz.
Les deux navires de la marine américaine, l’USS Tulsa et l’USS Santa Barbara, ont été aperçus amarrés au terminal à conteneurs North Butterworth, dans la ville malaisienne de Penang, située à environ 3 500 miles de leur zone d’opérations habituelle dans le Golfe, selon le site Business Insider.
Un passionné de repérage de navires a publié dimanche des photos des deux bâtiments après les avoir photographiés dans le port malaisien. Cette apparition est inhabituelle pour des navires qui opèrent généralement dans le cadre des missions de la Cinquième flotte de la marine américaine, basée à Bahreïn. La raison de leur présence loin de leur zone de déploiement principale reste inconnue, aucune déclaration officielle n’ayant été faite par le Commandement central américain ni par le Commandement américain pour la région indo-pacifique.
Ces deux navires font partie de trois principaux bâtiments américains équipés d’unités avancées de lutte contre les mines au Moyen-Orient. Le troisième navire, l’USS Canberra, a été signalé pour la dernière fois dans le golfe Persique à la mi-janvier.
Ces navires appartiennent à la catégorie des navires de combat littoraux. Ils ne sont pas des dragueurs de mines traditionnels, mais ils sont dotés de systèmes avancés de détection et de neutralisation des mines, comprenant des véhicules sous-marins sans pilote, des systèmes sonar sophistiqués et des hélicoptères spécialisés dans la détection des explosifs maritimes.
Les navires américains de déminage USS Tulsa et USS Santa Barbara en Malaisie
Ce développement intervient alors que le détroit d’Ormuz connaît une montée des tensions, dans un contexte d’intensification des menaces iraniennes de fermer ce passage maritime stratégique par lequel transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole. Les inquiétudes se sont accrues après une série d’attaques visant des navires commerciaux au cours des dernières semaines, ce qui a perturbé la navigation dans le détroit et provoqué une hausse notable des prix du pétrole.
Selon les estimations de la Defense Intelligence Agency américaine, l’Iran disposerait d’un arsenal de plus de 5 000 mines marines, comprenant des mines ancrées au fond de la mer ainsi que d’autres flottantes ou fixées pour flotter à une profondeur déterminée.
Des sources de renseignement américaines confirment que Téhéran a déjà commencé à déployer des dizaines de mines, une mesure susceptible de représenter un danger majeur pour la navigation internationale et qui nécessiterait des opérations de déminage complexes et risquées pouvant durer plusieurs semaines avant la réouverture complète du passage maritime.
Dans un signe supplémentaire de l’escalade des tensions, les États-Unis ont annoncé la semaine dernière avoir détruit 16 petites embarcations iraniennes soupçonnées d’être utilisées comme plateformes pour la pose de mines à proximité du détroit. Si l’Iran parvient à déployer un grand nombre de mines, le nettoyage du corridor maritime exigera des efforts minutieux et prolongés afin de garantir la sécurité des navires commerciaux.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a appelé, via sa plateforme Truth Social, plusieurs grandes puissances — dont la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni — à contribuer à la protection du passage maritime ou à participer aux opérations de déminage.
Le lendemain, le ministre britannique de l’Énergie, Ed Miliband, a indiqué que son pays pourrait envisager l’envoi de drones afin d’aider à la détection des mines.
En revanche, le Japon et l’Australie ont annoncé lundi qu’ils n’envisageaient pas, pour l’instant, d’envoyer du matériel militaire dans le détroit.
La marine américaine s’appuyait auparavant sur quatre dragueurs de mines spécialisés de la classe Avenger pour sécuriser la navigation dans le détroit. Cependant, ces navires ont été retirés du service l’an dernier et remplacés par des navires de combat littoraux équipés d’unités de lutte contre les mines.
Toutefois, plusieurs experts militaires ont exprimé des réserves à l’égard de cette décision, soulignant que l’efficacité de ces unités au combat n’a pas encore été suffisamment testée et que la taille plus importante de ces navires pourrait rendre leurs manœuvres plus difficiles dans des eaux minées.
