Après les frappes visant le Guide et le Président : voici les principaux piliers du régime iranien
Les frappes israéliennes et américaines sur le palais présidentiel et le complexe du Guide à Téhéran mettent en lumière les principaux piliers du régime iranien.
Les États-Unis et Israël ont commencé à frapper l’Iran samedi, le président américain Donald Trump affirmant que l’objectif était de détruire les capacités militaires de Téhéran et de renverser le régime en place.
Un responsable israélien a indiqué que les attaques visaient des sites abritant le Guide suprême Ali Khamenei et le président du pays, Masoud Bezhikian, précisant que les résultats de ces frappes « ne sont pas encore clairs ».
L’agence Reuters a rapporté, citant des sources informées, la mort de plusieurs hauts responsables des Gardiens de la révolution iranienne et de cadres politiques de premier plan à la suite des bombardements.
Voici les principaux piliers de ce régime en place depuis sa fondation en 1979, selon l’agence France-Presse :
Le Guide suprême
Il détient le dernier mot sur les grandes orientations politiques intérieures et étrangères de l’État. Il est le « Vali-e Faqih » portant officiellement le titre de « Commandant en chef de la Révolution islamique ».
Il est choisi à vie par l’Assemblée des experts, élue au suffrage universel, qui peut le destituer en cas de perte de ses conditions d’éligibilité.
Il a le pouvoir de nommer les chefs des principales institutions, y compris le pouvoir judiciaire, la moitié des membres du Conseil de surveillance de la Constitution, les commandants des forces armées et le directeur de la radio-télévision nationale. En tant que commandant en chef des forces armées, il contrôle les forces de sécurité, militaires et de renseignement, tant dans l’armée que chez les Gardiens de la révolution.
Le poste est actuellement occupé par l’ayatollah Ali Khamenei (86 ans), successeur de l’Imam Rouhollah Khomeini, décédé en 1989.
Depuis sa prise de pouvoir, il a traversé plusieurs crises, qu’il a surmontées grâce à un mélange de « fermeté » face aux manifestations internes et de manœuvres diplomatiques à l’international. Les défis se sont accumulés ces dernières années, notamment les sanctions américaines renforcées, la guerre lancée par Israël en juin dernier, le recul de l’influence régionale de Téhéran après les frappes sur ses alliés, et les protestations internes récurrentes.
Les responsables élus
Les Iraniens âgés de 18 ans et plus peuvent voter pour élire le président, les membres du Conseil islamique (Parlement) et l’Assemblée des experts.
Leur choix reste néanmoins indirectement limité, car les candidats doivent être approuvés par le Conseil de surveillance de la Constitution, composé de 12 membres non élus.
Le président est élu pour un mandat de quatre ans et représente officiellement l’exécutif, mais ses pouvoirs restent limités par rapport à ceux du Guide suprême, bien qu’il ait plus de visibilité publique.
Il dirige la politique économique nationale, un défi majeur dans un Iran soumis aux sanctions. Le président actuel, Masoud Bezhikian, a cherché à mettre en œuvre des réformes internes limitées et à renforcer le rôle de la diplomatie dans la politique étrangère, dans le cadre des grandes lignes fixées par le Guide suprême, notamment vis-à-vis des États-Unis.
Le président nomme ses vice-présidents et ses ministres, formant un gouvernement qui doit obtenir la confiance du Parlement de 290 sièges. Le Conseil de surveillance de la Constitution doit approuver les lois adoptées par le Parlement avant leur entrée en vigueur. En cas de désaccord, l’Assemblée de détermination de l’intérêt du régime, composée de figures influentes des institutions iraniennes, intervient également pour conseiller le Guide suprême.
Les forces armées
Les forces armées iraniennes comprennent l’armée et les Gardiens de la révolution, qui rendent compte au Guide suprême par l’intermédiaire de l’état-major général, la plus haute instance militaire.
Les Gardiens sont considérés comme un pilier central du régime post-révolutionnaire et ont pour mission constitutionnelle de « protéger la Révolution et ses acquis », tandis que l’armée est chargée de « défendre l’indépendance, l’intégrité territoriale et le régime du pays ».
Au fil des décennies, le rôle des Gardiens s’est considérablement étendu au-delà du cadre militaire, acquérant une influence importante dans l’économie, la politique et la société, tout en participant à certaines dimensions de la politique régionale de l’Iran, notamment les relations avec des groupes armés hostiles aux États-Unis et à Israël.
Les pays occidentaux l’accusent d’activités militaires à l’étranger et de violations des droits humains à l’intérieur du pays. Certains de ses hauts responsables ont été tués au début de la guerre contre Israël en juin dernier, révélant la pénétration du renseignement israélien en profondeur sur le territoire iranien.
Le Conseil suprême de sécurité nationale constitue un pilier essentiel dans l’élaboration des politiques stratégiques de l’Iran.
Présidé par le président, il comprend de nombreux membres influents, tels que les présidents du Parlement et du pouvoir judiciaire, plusieurs commandants militaires, ainsi que certains ministres et responsables. Son secrétaire actuel, le vétéran Ali Larijani, contribue à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques, jouant souvent des rôles extérieurs qui se chevauchent avec ceux du président ou du ministre des Affaires étrangères.
Après la guerre avec Israël l’année dernière, à laquelle les États-Unis ont participé, l’Iran a créé le Conseil suprême de la défense nationale, une instance destinée à renforcer les capacités militaires et les stratégies de défense. Son secrétaire est Ali Shamkhani, ancien ministre de la Défense et conseiller du Guide.
