Grand Maghreb

Le message de Rached Ghannouchi à ses partisans depuis sa cellule : une mobilisation sans écho


Dans une tentative de rompre son isolement, le président du mouvement Ennahdha en Tunisie, Rached Ghannouchi, a adressé depuis sa détention un message aux membres du mouvement afin de resserrer les rangs.

Intitulé « Lettre à la jeunesse du mouvement » et publié sur sa page officielle Facebook, le message de Ghannouchi a été perçu comme une tentative de rejouer la carte d’une victimisation désormais affaiblie.

Selon des observateurs, cette lettre — la deuxième qu’il adresse depuis son incarcération — constitue une tentative de trouver une issue susceptible de conduire à sa libération, après l’échec des stratégies fondées sur la mobilisation de la rue.

Le 17 avril 2023, les autorités tunisiennes ont arrêté Rached Ghannouchi, dirigeant d’Ennahdha, sous des chefs d’accusation comprenant « complot contre la sûreté de l’État, atteinte délibérée visant à modifier la nature de l’État, incitation des habitants à s’attaquer mutuellement avec des armes, ainsi que troubles, meurtres et pillages ».

Les observateurs estiment que cette nouvelle lettre s’inscrit dans la même logique, cherchant à relancer une dynamique politique après l’impasse rencontrée sur le terrain.

Un mot d’ordre à destination de ses partisans

L’activiste politique tunisien Khaled Balthaher a déclaré que la poursuite des messages de Ghannouchi constitue un signal adressé à ses partisans en vue de provoquer des troubles dans le pays.

Il affirme que Ghannouchi tente de mobiliser la rue en sollicitant l’émotion des membres de son mouvement, soulignant qu’Ennahdha est consciente de l’érosion de sa popularité et mise sur cette stratégie pour mobiliser une partie de ses soutiens, bien que ses chances de succès soient quasi nulles.

Selon lui, cette lettre représente une nouvelle escalade susceptible d’ouvrir des fronts supplémentaires de tension entre les autorités et le mouvement des Frères musulmans, qui chercherait à se poser en victime.

À ce jour, les peines prononcées contre Ghannouchi dans les différentes affaires pour lesquelles il a été condamné totalisent 45 années de prison : 14 ans dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État 2 », 22 ans dans l’affaire de renseignement connue sous le nom d’« Instalingo », 5 ans dans l’affaire de financement étranger dite « lobbying », 1 an pour apologie du terrorisme, et 3 ans dans une autre affaire de financement étranger.

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