De la France à la Suède, le front européen contre les Frères musulmans s’élargit
Le resserrement de l’étau autour du groupe des Frères musulmans se poursuit à l’échelle internationale, alors que les pressions s’intensifient au sein du continent européen et que l’option de sa qualification comme organisation « terroriste » gagne du terrain.
Cette fois en Suède, le chef du parti des Démocrates de Suède, formation d’extrême droite, Jimmie Åkesson, s’est engagé à œuvrer pour l’inscription du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien et du groupe des Frères musulmans sur une liste nationale des organisations « terroristes ».
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L’élargissement du front européen contre les Frères musulmans
En se référant au Jerusalem Post, les déclarations de Jimmie Åkesson ont été prononcées lors d’une conférence en Israël, au cours de laquelle il a critiqué la dépendance exclusive de la Suède aux listes terroristes établies par l’Union européenne et les Nations unies, les jugeant insuffisantes.
Il a déclaré : « La nécessité d’une liste nationale découle d’un constat regrettable : l’Union européenne est faible et excessivement hésitante lorsqu’il s’agit de traiter ces questions ».
Il a ajouté que la liste européenne était « inefficace et incomplète », affirmant que son parti présenterait, avant les prochaines élections législatives, « une proposition visant à créer une liste suédoise spécifique des organisations terroristes ».
Åkesson a précisé que les premières organisations devant figurer sur cette liste seraient le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien et les Frères musulmans.
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L’élargissement du front européen contre les Frères musulmans
Les signes de l’implantation des Frères musulmans en Suède
L’an dernier, un rapport officiel publié par le ministère français de l’Intérieur sur l’activité du groupe des Frères musulmans en Europe a provoqué un large écho politique en Suède.
Le rapport consacrait alors plusieurs passages à la Suède, mettant en avant des éléments et des analyses que Paris considérait comme révélateurs de l’infiltration de l’organisation dans le tissu social suédois, malgré son poids numérique limité.
Publié le 21 mai sous le titre « Les Frères musulmans et l’islam politique en France », le rapport ne s’est pas contenté de cartographier l’influence de l’islam politique sur le territoire français, mais a également élargi son analyse à l’extension du groupe en Allemagne, en Autriche, en Grande-Bretagne et en Suède.
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Alors que la Suède s’était longtemps distinguée par un discours politique souple en matière de multiculturalisme, ce rapport a offert aux forces politiques de droite l’occasion d’imposer une nouvelle réalité, dans laquelle se croisent les notions de sécurité nationale, de lutte contre l’extrémisme et de rejet des influences étrangères sur la scène intérieure.
Comment le rapport français a provoqué un choc à Stockholm
Le texte du rapport français indique que « la branche des Frères musulmans en Suède exerce une influence politique et sociale supérieure à son poids numérique », une influence qui, selon l’analyse française, repose sur trois facteurs principaux :
– les flux de financement dirigés vers certaines associations et organisations liées au groupe;
– le modèle suédois de multiculturalisme, qui a permis l’expansion de groupes relevant de l’islam politique dans des cadres juridiques et démocratiques ;
– des relations directes ou indirectes avec certains partis politiques, en particulier le Parti social-démocrate.
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Estimant que ces facteurs combinés permettent au groupe de construire des « structures sociétales parallèles », le rapport a appelé les gouvernements européens à renforcer la coordination sécuritaire et du renseignement afin de contrer ce qu’il a qualifié de « progression douce de l’islam politique ».
Le gouvernement suédois passe à l’offensive
À l’époque, le gouvernement suédois a réagi rapidement, estimant que le contenu du rapport justifiait l’ouverture d’une enquête nationale spécifique.
Le 22 mai, le ministre de l’Emploi et de l’Intégration, Mats Persson, membre du Parti libéral, a annoncé la formation d’un comité d’experts chargé d’examiner « l’infiltration de l’islam politique » dans le pays, selon le quotidien Le Monde dans son édition anglaise.
Dans un ton inhabituel pour le discours officiel suédois, Persson a affirmé que son pays « fait face au danger de structures parallèles qui portent atteinte à la démocratie libérale ».
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Des observateurs estiment que ces déclarations reflètent un changement notable dans le discours de l’État, après des années de tentatives de conciliation entre les valeurs d’ouverture et de libertés, et les impératifs de sécurité et d’intégration.
Une semaine plus tard, le 28 mai, le gouvernement, avec le soutien du parti des Démocrates de Suède d’extrême droite dirigé par Jimmie Åkesson, a annoncé un nouveau plan visant à interdire les financements étrangers des organisations soupçonnées de liens avec l’extrémisme ou avec des agendas hostiles à la démocratie.
Ce que le rapport français a mis en lumière à l’époque n’était pas nouveau pour la Suède. Dès 2017, l’Agence suédoise de gestion des urgences avait publié une étude réalisée par des chercheurs spécialisés dans les mouvements islamistes, confirmant l’existence de « réseaux structurés » liés aux Frères musulmans, actifs dans les domaines religieux, éducatif et social, et bénéficiant de financements publics locaux.
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L’étude montrait comment certaines municipalités suédoises, à travers des programmes de soutien à l’intégration et à l’action communautaire, avaient contribué à financer des associations dont certains responsables entretenaient des liens directs ou idéologiques avec les Frères musulmans.
Elle concluait que ces structures favorisaient l’émergence d’une « société parallèle » aux valeurs et aux références distinctes de celles de la société suédoise laïque, ce qui constitue, à long terme, une menace pour une intégration pleine et entière.
L’élargissement du front européen contre les Frères musulmans
Feu vert du Parlement français
Jeudi dernier, les députés français ont adopté un texte appelant à l’inscription du groupe des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, une initiative soutenue par la majorité gouvernementale et par le parti d’extrême droite Rassemblement national.
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Après cinq heures de débat, l’Assemblée nationale a voté en faveur de ce texte, inscrit à l’ordre du jour par les députés du parti Les Républicains, avec 157 voix pour et 101 contre.
Ce texte non contraignant invite la Commission européenne à engager une procédure visant à inscrire « le mouvement des Frères musulmans et ses responsables sur la liste européenne des organisations terroristes », et demande également à l’Union européenne « une évaluation juridique et factuelle du réseau transnational des Frères musulmans ».
Plus tôt ce mois-ci, les États-Unis ont classé le groupe des Frères musulmans comme organisation terroriste en Égypte, en Jordanie et au Liban.
