Politique

Trump ouvre la voie aux spéculations sur l’avenir politique de Netanyahu


Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se trouve dans l’une des phases les plus sensibles de sa carrière politique, alors que les affrontements entre Tel-Aviv et Téhéran se sont intensifiés au cours des deux derniers jours.

Les récents échanges de tirs nourris entre les deux capitales ont ravivé les inquiétudes de l’administration du président américain Donald Trump quant à sa capacité à contenir Israël, son principal allié dans la région, selon des responsables américains cités par la chaîne ABC News.

Dimanche, Trump s’est entretenu avec Netanyahu après que l’Iran a lancé une salve de missiles contre Israël, dans le but de le convaincre de renoncer à une riposte. Israël a toutefois répondu à l’attaque iranienne à l’aube de lundi.

Alors que les attaques se poursuivaient entre Israël et l’Iran, deux sources proches de la conversation ont indiqué que le président et ses conseillers les plus proches avaient rapidement exprimé leur inquiétude face à l’intensité des échanges et au risque d’un retour à une guerre totale. Cela aurait poussé Trump à passer un second appel à Netanyahu, au cours duquel il l’aurait fermement exhorté à annuler de nouvelles frappes.

Plus tard, Israël et l’Iran ont annoncé la suspension de leurs attaques mutuelles, tout en avertissant qu’ils pourraient reprendre l’escalade en cas de provocation, un scénario jugé de plus en plus probable par des responsables de l’administration Trump, notamment en raison de la détérioration de la situation au Liban.

Avenir de Netanyahu

Dans un développement notable reflétant l’aggravation de la crise, Trump a soulevé des interrogations sur l’avenir politique de Netanyahu, indiquant qu’il n’était pas clair si le Premier ministre israélien envisageait de se représenter aux prochaines élections ou de poursuivre sa carrière politique.

À l’approche des élections israéliennes, un journaliste d’ABC News a rapporté que le président Trump avait exprimé des doutes quant à la continuité de Netanyahu en politique.

Le correspondant d’ABC News Jonathan a rapporté que Trump avait déclaré : « Il a eu une carrière remarquable. Veut-il continuer ? Parce que, vous savez, il est Premier ministre en temps de guerre. Nous gagnerons la guerre très bientôt. »

Le mois dernier, Netanyahu avait fait appel à Trump dans ce qui ressemblait à un lancement de campagne électorale, en publiant sur Telegram une vidéo modifiée contenant la voix de Trump exprimant son soutien dans le contexte de la guerre en cours.

Dans cette vidéo diffusée par Netanyahu, Trump apparaît en train de le féliciter, avec des extraits de plusieurs discours précédents.

Parmi les images, on voit Trump et Netanyahu se serrant la main devant les drapeaux israélien et américain, tandis que le président américain déclare : « S’ils n’avaient pas eu un Premier ministre fort, Israël n’existerait peut-être pas. D’autres dirigeants auraient pu prendre le pouvoir, mais ils auraient échoué — lui, il a gagné. »

Appel téléphonique tendu

Ces développements interviennent environ une semaine après un appel téléphonique entre les deux hommes, qui, selon plusieurs médias, aurait été marqué par une tension extrême, voire une hostilité ouverte de la part de Trump.

Selon ces rapports, Trump aurait été furieux de la réponse de Netanyahu et aurait proféré des insultes. Il aurait également qualifié le Premier ministre israélien de « fou » et l’aurait accusé d’ingratitude.

Selon le journal Yedioth Ahronoth, un haut responsable américain a déclaré que Trump avait dit à Netanyahu que la mise à exécution de ses menaces de bombarder la capitale libanaise ne ferait qu’accroître l’isolement d’Israël sur la scène internationale.

Deux sources ont indiqué que Trump avait évoqué le fait qu’il aurait « aidé Netanyahu à éviter la prison », en référence à son soutien à une demande de grâce.

Mercredi, l’Iran et les États-Unis ont échangé des frappes pendant plusieurs heures, après que Trump a accusé Téhéran d’avoir abattu un hélicoptère américain au-dessus du détroit d’Ormuz, dans la dernière confrontation en date entre les deux pays depuis l’accord de cessez-le-feu d’avril dernier.

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