Politique

L’État islamique refait surface avec des attaques soudaines contre les forces d’al-Charaa


Une attaque visant un bus relevant du ministère de la Défense dans la campagne de Hassekeh a fait 10 blessés, un jour après que l’organisation a revendiqué une attaque suicide dans la campagne de Damas.

L’activité de l’organisation État islamique en Syrie connaît une recrudescence notable ces derniers temps, avec une multiplication des attaques visant des éléments du ministère de la Défense et des forces de sécurité intérieure dans différentes régions, notamment dans le nord-est du pays. Un bus appartenant au ministère de la Défense, circulant sur la route reliant Tall Tamr à Ras al-Aïn dans la campagne de Hassekeh, a été pris pour cible tôt jeudi matin, faisant plusieurs blessés.

Les premières informations indiquent que le nombre de blessés s’élève à environ dix membres des forces concernées, quelques jours après la mort d’un membre des forces de sécurité intérieure et la blessure de trois autres lors d’une attaque suicide revendiquée par l’État islamique dans la ville de Raqqa, au nord-est du pays.

L’organisation a décrit l’opération comme une « attaque audacieuse contre un carré sécuritaire fortement fortifié, abritant des quartiers généraux sécuritaires centraux du régime syrien soutenu par les États-Unis ». Elle a ajouté que deux combattants avaient atteint l’entrée principale du site fortifié, y étaient parvenus à pénétrer et avaient engagé un combat rapproché avec ses éléments.

Mercredi, le groupe a également revendiqué une attaque visant le chef du département du palais de justice dans la localité de Babila, au sud de Damas, à l’aide d’un engin explosif fixé à son véhicule et ayant explosé dans le quartier voisin de Daf al-Chouk.

L’organisation tire parti des conditions actuelles en Syrie, notamment des défis sécuritaires et économiques, ainsi que de l’étendue de certaines zones difficiles à contrôler pleinement, sans oublier l’occupation des autorités par la réorganisation des institutions sécuritaires et militaires. Ces facteurs offrent une marge de manœuvre aux cellules dormantes de l’État islamique pour se déplacer et mener des opérations rapides visant les points de contrôle, les patrouilles militaires et les moyens de transport des forces gouvernementales.

Les récentes attaques montrent que l’organisation adopte de plus en plus une stratégie de guérilla et d’opérations limitées à fort impact médiatique, plutôt que de chercher à contrôler des territoires comme par le passé. À travers ces actions, elle cherche à démontrer sa capacité de survie et d’influence, et à adresser un message à ses partisans indiquant qu’elle conserve la capacité de frapper des cibles sécuritaires sensibles malgré les coups subis ces dernières années.

Ces derniers mois, les régions du nord et de l’est de la Syrie ont été le théâtre de plusieurs attaques visant des éléments et des points de contrôle des forces de sécurité intérieure et de l’armée syrienne, dont certaines ont été revendiquées par l’État islamique, notamment dans les gouvernorats de Raqqa et de Deir ez-Zor.

En mai dernier, deux membres des forces de sécurité intérieure ont été légèrement blessés après que leur patrouille a été la cible de tirs provenant de deux individus non identifiés circulant à moto dans la ville de Raqqa, tandis que les autorités compétentes ont ouvert une enquête pour faire la lumière sur l’incident.

En février dernier, le ministère de l’Intérieur a annoncé la mort de quatre membres des forces de sécurité intérieure et la blessure de deux autres lors d’une attaque visant un poste de contrôle d’Al-Sabahiya, à l’ouest de Raqqa, une opération ensuite revendiquée par l’État islamique.

Parallèlement, les services de sécurité syriens poursuivent leurs campagnes de poursuite des cellules de l’organisation et de démantèlement de ses réseaux. Les autorités ont récemment annoncé l’arrestation de 235 personnes liées au groupe et le démantèlement de sept cellules dans plusieurs provinces, ce qui reflète l’ampleur de l’effort sécuritaire déployé pour empêcher le rétablissement de ses capacités. Toutefois, la poursuite des attaques confirme que la menace de l’État islamique n’a pas totalement disparu et que le groupe conserve encore des cellules capables de planifier et d’exécuter des opérations, en exploitant les failles sécuritaires et les conditions exceptionnelles que traverse le pays.

L’État islamique adopte une posture hostile à l’égard du gouvernement syrien à travers ses opérations sur le terrain et ses discours médiatiques critiquant la politique de Damas, qu’il accuse de collaboration avec l’Occident et d’éloignement de la doctrine islamique.

Des observateurs estiment que la prochaine période sera marquée par la continuation de la confrontation entre les autorités syriennes et les cellules de l’organisation. L’État islamique cherchera à exploiter tout vide sécuritaire ou toute instabilité pour renforcer son activité, tandis que les institutions sécuritaires s’efforcent d’empêcher son retour en force et sa transformation en menace à grande échelle. La lutte contre ce groupe et le renforcement de la coordination sécuritaire et du renseignement demeurent ainsi parmi les principaux défis auxquels la Syrie est confrontée dans son processus de stabilisation et de reconstruction de l’État.

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