Moyen-Orient

Israël se prépare aux élections : la fin de la législature de la Knesset la plus extrémiste


La Knesset israélienne achève, vendredi, la législature la plus controversée de l’histoire récente d’Israël, également considérée comme la plus radicale à l’égard des Palestiniens.

Sur le plan intérieur, la Knesset a adopté une série de lois en faveur des juifs ultra-orthodoxes (Haredim), que l’opposition qualifie de mesures contraires aux principes démocratiques. Parmi elles figurent des textes limitant les prérogatives de la Cour suprême ainsi que celles de la conseillère juridique du gouvernement.

Concernant la question palestinienne, le Parlement a également adopté plusieurs lois rejetant la création d’un État palestinien, renforçant les restrictions à l’encontre des prisonniers palestiniens et limitant certaines libertés publiques, y compris celles liées à l’appel à la prière (adhan).

Malgré cela, cette Knesset est la première, depuis 1988, à accomplir un mandat complet de quatre ans.

Vendredi, le Parlement israélien entrera en congé en préparation des élections législatives prévues le 27 octobre 2023, un scrutin considéré comme l’un des plus déterminants de l’histoire politique du pays.

Ce jeudi marque la dernière journée des travaux législatifs et des séances plénières de la Knesset.

Le quotidien Yedioth Ahronoth écrit dans un reportage : « La vingt-cinquième Knesset achève le mandat le plus dramatique et le plus mouvementé de l’histoire d’Israël. »

Le journal ajoute : « Une seule question résume la situation : qui aurait pu imaginer cela ? Qui aurait cru que le 7 octobre se produirait ? Plus encore, qui aurait pensé que le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son gouvernement survivent à une telle catastrophe ? »

Il poursuit : « Les principaux ministres du Likoud et du gouvernement étaient convaincus que la coalition s’effondrerait quelques semaines seulement après le début de la guerre. Pourtant, cela ne s’est pas produit. »

L’attaque du 7 octobre 2023 s’est déroulée au cours de cette législature, suivie par la guerre dévastatrice dans la bande de Gaza et au Liban, le conflit avec l’Iran, les frappes aériennes au Yémen ainsi que la prise de contrôle de la zone tampon en Syrie.

Yedioth Ahronoth souligne : « En parallèle de la guerre, les principaux dossiers ayant dominé l’agenda de la coalition ont été la réforme judiciaire et la crise de la conscription impliquant les partis haredim. »

Le journal ajoute : « La réforme judiciaire annoncée par le ministre de la Justice Yariv Levin a dominé l’agenda de la coalition pendant une année entière. Elle a finalement été suspendue en raison de la guerre, mais elle avait auparavant suscité une contestation massive, marquée par une paralysie partielle de l’économie et par des menaces de réservistes de refuser de servir. »

Cette réforme judiciaire a provoqué des manifestations sans précédent dans l’histoire d’Israël, rassemblant quotidiennement des centaines de milliers de manifestants.

Le quotidien poursuit : « Avec le déclenchement de la guerre, au lieu d’imposer une réforme globale, la coalition a opté pour une mise en œuvre progressive, parvenant ainsi à faire adopter plusieurs lois, notamment la suppression du caractère contraignant des avis juridiques du procureur général, la modification de la composition de la commission de nomination des juges, ainsi que la loi sur la gestion des enquêtes internes de la police, le tout sous le couvert de la guerre, même si le gouvernement n’a pas réalisé l’ensemble de ses ambitions initiales. »

Le journal conclut : « La question de la conscription obligatoire a également pesé sur la coalition durant tout son mandat. Avant la guerre, les partis haredim pensaient qu’ils pourraient, au sein de leur « gouvernement idéal » disposant de 64 sièges autour de Netanyahou, faire adopter une loi officialisant l’exemption du service militaire. Toutefois, Netanyahou a repoussé à plusieurs reprises l’examen de ces textes. »

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