Des initiatives se multiplient en Allemagne pour freiner l’expansion des Frères musulmans au sein des partis politiques
Des démarches successives ont été engagées au Parlement allemand concernant l’infiltration des Frères musulmans dans les partis politiques, mettant en lumière leur pénétration des structures politiques et révélant leur rôle ainsi que leurs objectifs au sein de la société.
À la suite d’une interpellation portant sur l’infiltration des Frères musulmans et leurs liens avec les partis politiques, le gouvernement a répondu, il y a quelques jours, par une note succincte adressée au Parlement. Celle-ci évoque les objectifs du mouvement, ses activités, ainsi qu’un engagement à y faire face.
La note indique : « La stratégie d’action des Frères musulmans, ou de la “Communauté musulmane allemande”, qui constitue l’organisation centrale et la plus importante du mouvement, consiste à se présenter auprès des milieux politiques, des autorités et des partenaires de la société civile comme le représentant d’un islam prétendument modéré et ouvert sur le monde. »
Elle ajoute : « Le mouvement suit une stratégie d’influence dans les sphères politique et sociale fondée sur son idéologie, visant à instaurer un système politique et sociétal contraire à l’ordre démocratique libéral fondamental. »
En réponse à une question figurant dans la demande d’information concernant les mesures destinées à lutter contre l’infiltration des Frères musulmans et d’autres groupes islamistes, le gouvernement a déclaré : « Les services fédéraux de sécurité traitent toutes les formes d’influence extrémiste sur la société et la vie politique de la République fédérale d’Allemagne. »
La note énumère également plusieurs moyens auxquels les députés peuvent recourir pour obtenir des conseils ou des informations afin d’éviter tout rapprochement ou toute infiltration des Frères musulmans, notamment les rapports de l’Office de protection de la Constitution (renseignement intérieur), les demandes d’information parlementaires, ainsi que l’invitation de représentants du renseignement intérieur à des tables rondes et séminaires consacrés à cette question.
Interpellation parlementaire
Le mois dernier, le groupe parlementaire du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a présenté une interpellation au Parlement concernant l’infiltration des organisations islamistes, en particulier les Frères musulmans, dans les partis du centre politique allemand.
Le préambule de l’interpellation affirme : « L’infiltration discrète de notre société constitue l’un des plus grands dangers menaçant la démocratie dans notre pays », ajoutant : « Cette infiltration ne concerne pas uniquement les islamistes extrémistes, mais également la vision anti-occidentale défendue par certains groupes de gauche. »
Le texte poursuit : « Il existe déjà un terme pour cela en France : l’islamo-gauchisme, qui désigne une alliance néfaste entre certaines composantes de l’extrême gauche et des acteurs islamistes, où toute critique de l’islamisme est présentée comme étant de droite. »
Selon l’interpellation, des cas similaires se multiplient également en Allemagne. Ainsi, le président du Parti social-démocrate (SPD) à Berlin, Martin Hikel, avait renoncé il y a quelques mois à sa candidature au poste de maire du district de Neukölln, après avoir été visé par des accusations émanant de l’aile dure du parti en raison de sa position sur les islamistes.
L’interpellation cite également des exemples précis de l’influence des organisations islamistes, notamment des Frères musulmans, au sein du Parti social-démocrate, en particulier le directeur du centre « Taiba » (faisant référence à Farid Haidar), dont le centre culturel a été mentionné dans le rapport de l’Office de protection de la Constitution comme faisant partie du réseau du mouvement.
Des responsables politiques du SPD ont également participé à des événements organisés par la « Plateforme des rencontres de Neukölln » (NBS), une organisation mentionnée dans le rapport de l’Office de protection de la Constitution en raison de ses liens avec « l’Organisation de la communauté musulmane allemande », considérée comme la branche des Frères musulmans dans le pays, selon l’interpellation.
