De la région du Sahel à l’Est du continent : cinq foyers majeurs du terrorisme en Afrique
Du Sahel à l’Afrique de l’Est, le terrorisme continue de s’étendre à travers le continent africain. Des organisations liées à Al-Qaïda et à État islamique multiplient leurs activités, aggravant les crises humanitaires déjà présentes.
Selon un rapport de l’Institut international de lutte contre le terrorisme, la situation sécuritaire en Afrique et ses répercussions locales et régionales atteignent leur niveau le plus préoccupant jamais observé, les organisations terroristes ayant atteint un sommet dans leur développement et leur influence.
Outre un vaste réseau de branches affiliées à l’État islamique, déployées de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique centrale et orientale, d’autres groupes tels que Al-Shabaab et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans opèrent sous la bannière d’Al-Qaïda à travers les frontières nationales, menaçant la stabilité des gouvernements africains.
Ces organisations maintiennent également des liens avec divers réseaux armés violents, extrémistes ou séparatistes, ainsi qu’avec des filières de trafic en tous genres, notamment les armes, les stupéfiants, les êtres humains et les ressources minières.
Le terrorisme se concentre principalement dans cinq grandes zones du continent africain, sous l’impulsion de deux réseaux majeurs : Al-Qaïda et l’État islamique.
Ces groupes agissent principalement dans les zones rurales échappant au contrôle de l’État, les régions accueillant des réfugiés, les zones frontalières, les espaces transfrontaliers dépourvus de présence gouvernementale effective, comme le triangle frontalier de Liptako-Gourma, ainsi que dans les territoires favorables à leur expansion.
Le Sahel
La région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest constitue aujourd’hui l’épicentre mondial du terrorisme. Elle se caractérise par le contrôle de vastes territoires par des groupes armés et par la multiplication des attaques transfrontalières.
Des organisations telles que le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, ainsi que la Province du Sahel de l’État islamique, sont particulièrement actives dans le centre et le nord du Mali, au Burkina Faso et dans l’ouest du Niger.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans impose notamment un blocus économique à certaines zones du Mali et a étendu ses opérations aux pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, notamment le nord du Bénin, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et du Togo.
Le bassin du lac Tchad
Le bassin du Lac Tchad demeure également un foyer historique du terrorisme.
Cette région est le théâtre d’affrontements entre la branche ouest-africaine de l’État islamique et Boko Haram, ainsi qu’entre ces organisations et l’armée nigériane dans le nord-est du Nigeria.
Ces groupes sont également actifs dans les monts Mandara au Cameroun ainsi que dans l’ensemble du bassin méridional du lac Tchad, qui s’étend sur plusieurs territoires du Cameroun, du Tchad et du Niger.
La Corne de l’Afrique
La Corne de l’Afrique, et particulièrement la Somalie, reste l’un des principaux foyers terroristes du continent.
La région est dominée par Al-Shabaab, considéré comme la plus importante branche d’Al-Qaïda dans le monde. Le mouvement contrôle de vastes zones rurales du sud et du centre de la Somalie et administre une structure parallèle à l’État.
Le groupe mène régulièrement des attaques contre des centres urbains, notamment la capitale Mogadiscio, et conduit également des opérations transfrontalières au Kenya et en Éthiopie.
L’État islamique maintient également une présence plus limitée dans cette région.
L’Afrique du Sud-Est
Au Mozambique, la province de Cabo Delgado, essentielle à la production énergétique du pays, est confrontée à une insurrection terroriste continue depuis 2017.
La branche mozambicaine de l’État islamique est principalement active dans cette province située à l’extrême nord du pays, tout en étendant récemment ses activités à la province voisine de Niassa.
La région des Grands Lacs
En Afrique centrale, dans la région des Grands Lacs, les groupes affiliés à l’État islamique renforcent progressivement leur coopération dans des zones densément peuplées et riches en ressources naturelles.
La branche d’Afrique centrale de l’État islamique inclut notamment les Forces démocratiques alliées, actives dans l’est de la République démocratique du Congo ainsi que dans les régions frontalières s’étendant vers l’Ouganda.
Selon le rapport, la situation demeure extrêmement préoccupante sur l’ensemble du continent africain, où les tensions persistantes aggravent la crise humanitaire.
Dans certaines régions, les attaques répétées des groupes terroristes ont considérablement affaibli les systèmes de santé, entraînant la destruction ou l’abandon de dizaines d’établissements médicaux.
Les organisations humanitaires, notamment Médecins Sans Frontières, continuent de s’appuyer sur des cliniques mobiles dans les zones de conflit afin de fournir des soins spécialisés, des services obstétriques et un soutien psychologique aux populations déplacées.
