Al-Menfi émet des réserves sur une commission onusienne restreinte chargée d’examiner les élections
Le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Al-Menfi, a souligné que tout processus de dialogue ou tout arrangement politique, en particulier ceux liés à l’échéance électorale, doit reposer exclusivement sur un cadre juridique et constitutionnel clair.
Mohamed Al-Menfi a exprimé des réserves à l’égard de ce qu’il a qualifié de commission restreinte composée de huit personnalités (4+4), mise en place par la Mission des Nations unies en Libye, chargée de discuter du cadre électoral. Cette position intervient alors que la mission onusienne déploie d’intenses efforts pour faire avancer les discussions politiques en vue de mettre fin à l’état de division.
La position d’Al-Menfi a été exprimée lors de sa rencontre, mardi à Tripoli, avec l’envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations unies en Libye, Hanna Tetteh, à la veille de son exposé prévu devant le Conseil de sécurité, mercredi, selon un communiqué du Conseil présidentiel.
Ces derniers jours, des médias libyens ont relayé des fuites indiquant que la mission des Nations unies avait adressé des correspondances à la direction de l’Armée nationale libyenne, dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, ainsi qu’au Gouvernement d’unité nationale, les invitant à désigner des représentants pour participer à la « table restreinte » chargée de discuter du cadre électoral.
Selon ces informations, les deux parties ont répondu favorablement à la mission et transmis les noms de leurs représentants. Le Gouvernement d’unité nationale a proposé les membres du Haut Conseil d’État Ali Abdelaziz et Abdeljalil Al-Shaouch, ainsi que le conseiller du Premier ministre Mustafa Al-Manea et le ministre d’État chargé des Communications et des Affaires politiques Walid Al-Lafi.
De son côté, la liste des représentants des forces de l’Est comprenait les députés Adam Bousakhra et Zayed Hadiya, ainsi que les personnalités politiques Abdelrahman Al-Abbar et Al-Shaibani Bouhmoud.
Selon le communiqué du Conseil présidentiel, la rencontre a porté sur les développements de la scène politique, en particulier la commission restreinte (4+4) formée par la mission des Nations unies, en référence aux informations divulguées.
Al-Menfi a exprimé ses réserves quant aux fondements ayant présidé à la formation de cette commission et à ses mécanismes de fonctionnement.
Il a souligné que tout processus de dialogue ou arrangement politique, notamment en ce qui concerne l’échéance électorale, doit reposer exclusivement sur un cadre juridique et constitutionnel clair, garantissant l’intégrité du processus politique et le protégeant de tout dépassement susceptible d’en affecter la légitimité.
Il a affirmé que les dossiers liés à la commission électorale et aux lois électorales relèvent des prérogatives souveraines des institutions législatives.
Il a ajouté qu’il n’existe aucune justification politique ou objective pour impliquer des parties extérieures aux cadres institutionnels reconnus dans le traitement de ces dossiers sensibles, ce qui pourrait provoquer un déséquilibre institutionnel et perturber les processus en cours.
Il a appelé à une séparation claire entre le processus des Nations unies et toute initiative parallèle, tout en respectant les références encadrant le processus politique, notamment la feuille de route et l’accord politique.
Il s’est dit surpris par les tentatives de contourner les résultats de la commission (6+6), malgré l’acceptation politique large et l’accueil favorable dont elle a bénéficié, estimant que son contournement affaiblit les chances de consensus et compliquerait davantage la scène politique.
La commission conjointe (6+6) entre la Chambre des représentants et le Haut Conseil d’État libyens avait publié, en juin 2023, les lois régissant les élections à l’issue de discussions tenues dans la ville marocaine de Bouznika. Toutefois, certaines de ses dispositions ont suscité des objections de la part d’acteurs politiques, empêchant leur mise en œuvre.
La Libye connaît une division politique entre deux gouvernements : le Gouvernement d’unité nationale dirigé par Abdelhamid Dbeibah, basé à Tripoli et administrant l’ouest du pays, et un gouvernement mandaté par la Chambre des représentants dirigé par Osama Hammad, basé à Benghazi et administrant l’est du pays ainsi que certaines parties du sud.
Depuis plusieurs années, la mission des Nations unies mène des efforts visant à organiser des élections qui mettraient fin à la division politique du pays.
