Politique

Le Mali soutient les efforts du Maroc en faveur de la réintégration des enfants recrutés par les groupes armés


Le ministre malien des Affaires étrangères affirme que la convention élaborée à l’initiative de Rabat permettra aux États africains d’échanger leurs expériences et leurs compétences dans la prise en charge des enfants associés aux conflits, notamment en matière de désarmement, de démobilisation et de réintégration au sein de leurs communautés.

L’initiative marocaine destinée à protéger les enfants contre leur enrôlement dans les conflits armés a reçu le soutien et les éloges du Mali.

Cette prise de position intervient avec le lancement de la phase de signature d’une convention africaine visant à désarmer, démobiliser et réintégrer les enfants associés aux groupes armés.

Cette démarche témoigne des efforts déployés par Rabat pour placer la protection de l’enfance au premier plan de l’action internationale et continentale.

Dans une déclaration à la presse prononcée jeudi à New York à l’issue de la cérémonie lançant la phase de signature, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a qualifié le document de « convention importante ».

Il a expliqué que le texte était le fruit d’un travail africain collectif mené par les pays du continent et auquel le Mali participait pleinement.

Selon le ministre, la convention permettra aux États africains d’échanger leurs expériences et leur expertise concernant la prise en charge des enfants qui se trouvent associés aux conflits.

Elle porte notamment sur leur désarmement, leur démobilisation et leur retour au sein de leurs communautés, offrant ainsi un cadre commun pour répondre à l’une des conséquences les plus graves des guerres sur les jeunes générations.

Une vingtaine de pays africains ont participé à la cérémonie d’ouverture à la signature de la convention.

L’événement s’est tenu au siège de la Mission permanente du Maroc auprès des Nations unies, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale, sous la présidence du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Un parcours continental de protection et de réintégration

Le document établit un processus continental pour prendre en charge les enfants touchés par les conflits.

Celui-ci commence par leur retrait des zones de combat et la prévention de leur exploitation continue par les groupes armés, avant la mise en place des conditions nécessaires à leur retour à la vie civile.

Cette démarche revêt une importance particulière alors que des enfants continuent d’être utilisés dans plusieurs conflits comme soldats ou auxiliaires de groupes armés.

Ils sont également exposés aux enlèvements, à l’exploitation et à différentes formes de violence.

La nouvelle initiative s’inscrit dans un engagement marocain plus large en faveur des efforts internationaux destinés à protéger les enfants contre les ravages des guerres.

En 2002, le Maroc a ratifié le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.

Cet instrument international vise à limiter la participation des mineurs aux hostilités et à renforcer leur protection pendant les conflits.

Devant le Conseil de sécurité, le Maroc a souligné que les enfants figuraient désormais parmi les catégories les plus exposées aux conséquences des guerres.

Rabat a appelé à privilégier la prévention, à lutter contre l’impunité et à protéger les enfants susceptibles de tomber sous l’emprise de groupes armés.

En 2019, le Maroc a également annoncé son adhésion aux Principes de Vancouver relatifs à la protection des enfants dans les conflits armés et les opérations de maintien de la paix.

Une dimension humanitaire au-delà des zones de conflit

L’action marocaine comprend également une dimension humanitaire dépassant les seules zones de combat.

Les institutions marocaines et leurs partenaires internationaux coopèrent pour protéger les enfants en situation de vulnérabilité, notamment les mineurs migrants et non accompagnés.

Ces efforts comprennent l’hébergement, le soutien psychologique, l’assistance juridique et la réintégration, ainsi que le renforcement des mécanismes locaux de protection de l’enfance.

Au cours du premier semestre 2025, des enfants migrants, non accompagnés ou séparés de leur famille présents dans plusieurs villes marocaines ont bénéficié de services de protection et de prise en charge.

Ces services comprenaient un accompagnement psychosocial, une aide juridique, un hébergement et des possibilités de réintégration familiale et sociale, dans le cadre de programmes mis en œuvre par l’UNICEF et ses partenaires locaux.

Ces initiatives illustrent une approche considérant la protection de l’enfance comme une responsabilité dépassant les frontières.

Elle vise aussi bien à empêcher les mineurs d’être entraînés sur les champs de bataille qu’à les aider à retrouver une vie normale après avoir subi la violence, l’exploitation et le déplacement.

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