Santé

Comment préserver sa masse musculaire pendant un traitement médicamenteux pour perdre du poids ?


Les médicaments destinés à favoriser la perte de poids ont changé la prise en charge de l’obésité et du surpoids chez certaines personnes. En réduisant l’appétit et, pour plusieurs d’entre eux, en augmentant la sensation de satiété, ces traitements peuvent contribuer à une diminution importante du poids corporel lorsqu’ils sont utilisés dans le cadre d’une prise en charge médicale.

Mais la perte de poids ne correspond pas uniquement à une diminution de la masse grasse. Lorsqu’une personne perd du poids, une partie de la masse maigre peut également diminuer. Cette masse maigre comprend notamment les muscles, qui jouent un rôle essentiel dans la mobilité, la force, l’équilibre, le métabolisme et l’autonomie au quotidien.

La question n’est donc pas seulement de perdre du poids, mais de chercher à préserver autant que possible les tissus musculaires pendant cette perte. Cela devient particulièrement important lorsque la réduction de l’apport alimentaire est importante ou lorsque la perte de poids est rapide.

La bonne nouvelle est que plusieurs stratégies peuvent aider à limiter la perte musculaire : une alimentation suffisamment riche en protéines, un entraînement de résistance régulier, une activité physique adaptée, une perte de poids suivie médicalement et une attention particulière à l’état nutritionnel.

Pourquoi peut-on perdre du muscle pendant une perte de poids ?

Lorsque l’organisme reçoit moins d’énergie qu’il n’en dépense, il mobilise ses réserves. Une partie de l’énergie provient des réserves de graisse, mais la perte de poids peut également s’accompagner d’une diminution de la masse maigre.

Ce phénomène n’est pas spécifique aux médicaments amaigrissants. Il peut survenir lors de nombreuses formes de perte de poids, notamment lorsque la restriction calorique est importante.

Les traitements qui diminuent fortement l’appétit peuvent toutefois rendre plus difficile la consommation d’une quantité suffisante de protéines et d’autres nutriments. Une personne qui mange beaucoup moins qu’auparavant peut atteindre son objectif calorique tout en consommant trop peu de protéines, de vitamines ou de minéraux.

La diminution de l’activité physique peut également accélérer la perte musculaire. Si une personne mange moins mais réduit parallèlement ses mouvements quotidiens et ne pratique pas d’exercice de résistance, le stimulus nécessaire au maintien des muscles peut devenir insuffisant.

1. Donner la priorité aux protéines

L’un des principaux leviers nutritionnels pour préserver la masse musculaire pendant une perte de poids est d’avoir un apport protéique adéquat.

Les protéines fournissent les acides aminés nécessaires à la construction et au renouvellement des tissus musculaires. Lorsque l’apport énergétique diminue, un apport suffisant en protéines peut contribuer à limiter la perte de masse maigre, particulièrement lorsqu’il est associé à un entraînement musculaire.

Les besoins exacts varient considérablement selon l’âge, le poids, la composition corporelle, le niveau d’activité physique et l’état de santé. Il n’existe donc pas une quantité universelle adaptée à toutes les personnes prenant un médicament pour perdre du poids.

Il peut être utile de répartir les sources de protéines sur plusieurs repas plutôt que de concentrer toute la consommation protéique sur un seul repas.

Les œufs, le poisson, la volaille, les produits laitiers, le tofu, les légumineuses et certaines préparations à base de soja peuvent constituer des sources intéressantes. Pour les personnes qui consomment peu ou pas de produits animaux, une combinaison variée de protéines végétales peut également contribuer à couvrir les besoins.

2. Ne pas attendre d’avoir très faim pour manger

La diminution de l’appétit est précisément l’un des mécanismes recherchés avec certains médicaments contre l’obésité. Mais lorsque la faim devient très faible, certaines personnes peuvent finir par manger trop peu.

Le problème n’est pas seulement la quantité totale de calories. Une alimentation insuffisante peut également réduire les apports en protéines et en micronutriments nécessaires au maintien de la masse musculaire et au bon fonctionnement général de l’organisme.

Il peut donc être utile de structurer les repas au lieu de dépendre uniquement des sensations de faim. Des portions plus petites mais nutritionnellement denses peuvent parfois être mieux tolérées lorsque l’appétit est réduit.

Un repas peut par exemple associer une source de protéines, des légumes ou des fruits, une source de glucides riches en fibres et une petite quantité de graisses insaturées.

3. Pratiquer régulièrement des exercices de résistance

L’alimentation ne suffit pas à elle seule. Pour préserver les muscles pendant une perte de poids, l’activité physique, et notamment l’entraînement de résistance, joue un rôle central.

Les exercices de résistance donnent aux muscles un stimulus qui leur indique qu’ils restent nécessaires. Cela peut contribuer à maintenir la force et la masse musculaire pendant une période où l’organisme perd du poids.

Il n’est pas nécessaire de commencer directement par des charges lourdes. Les exercices au poids du corps, les bandes élastiques, les haltères ou les machines peuvent être utilisés selon le niveau de la personne.

Des mouvements simples comme les squats, les fentes, les tirages, les poussées et les exercices de renforcement du tronc peuvent être intégrés progressivement.

Chez une personne débutante, la priorité doit être donnée à la technique et à la régularité plutôt qu’à la quantité de poids soulevée.

4. Continuer à bouger au quotidien

L’entraînement musculaire est important, mais l’activité physique quotidienne reste également essentielle.

Marcher, monter les escaliers, faire du vélo, effectuer des tâches domestiques ou rester actif pendant la journée permet de limiter la sédentarité et de maintenir les capacités physiques.

L’activité cardiovasculaire peut également contribuer à améliorer la santé du cœur et des poumons. Toutefois, lorsqu’une personne cherche spécifiquement à préserver sa masse musculaire pendant une perte de poids, il est préférable de ne pas remplacer complètement les exercices de résistance par de longues séances de cardio.

Une combinaison d’activité aérobique et de renforcement musculaire permet généralement de travailler plusieurs dimensions de la condition physique.

5. Éviter une perte de poids excessivement rapide

Une perte de poids très rapide peut augmenter le risque de perdre une proportion importante de masse maigre, notamment lorsque l’alimentation devient insuffisante.

L’objectif d’un traitement contre l’obésité ne devrait donc pas être de faire baisser le chiffre sur la balance le plus rapidement possible, mais d’obtenir une perte de poids compatible avec la santé et durable dans le temps.

Le rythme approprié dépend de nombreux facteurs. Le professionnel de santé qui suit le traitement peut surveiller l’évolution du poids, les apports nutritionnels, la composition corporelle et les éventuels effets indésirables.

Il faut également garder à l’esprit que le chiffre affiché sur la balance ne permet pas de savoir à lui seul quelle proportion du poids perdu correspond à la graisse, à l’eau ou à la masse maigre.

6. Surveiller les signes d’un apport alimentaire insuffisant

Certains effets indésirables des médicaments destinés à la perte de poids peuvent compliquer l’alimentation. Les nausées, vomissements, diarrhées, constipation, reflux ou sensation de satiété très précoce peuvent réduire davantage les apports alimentaires.

Lorsque ces symptômes deviennent importants ou persistants, il est important d’en parler au professionnel de santé qui supervise le traitement.

Une perte d’appétit très importante associée à une fatigue inhabituelle, une faiblesse, une diminution notable des performances physiques ou une perte de poids très rapide peut justifier une évaluation nutritionnelle et médicale.

Il ne faut pas modifier ou interrompre un traitement de sa propre initiative pour résoudre ces problèmes.

7. Ne pas négliger les glucides et les graisses de qualité

Préserver les muscles ne signifie pas éliminer les glucides ou réduire fortement toutes les graisses.

Les glucides constituent une source importante d’énergie, notamment pendant l’exercice. Les céréales complètes, les pommes de terre, les légumineuses, les fruits et d’autres aliments riches en fibres peuvent s’intégrer dans une alimentation équilibrée.

Les graisses sont également indispensables à plusieurs fonctions de l’organisme. Les noix, les graines, l’avocat, l’huile d’olive et certains poissons apportent notamment des graisses insaturées.

L’objectif est de construire une alimentation suffisamment nutritive et équilibrée malgré la diminution de l’appétit.

8. Veiller à l’hydratation

L’hydratation est souvent négligée lorsqu’une personne mange beaucoup moins qu’auparavant.

Certains aliments contribuent normalement aux apports hydriques quotidiens. Une diminution importante de la consommation alimentaire peut donc modifier indirectement ces apports.

Les personnes souffrant de nausées, vomissements ou diarrhées peuvent également être davantage exposées à la déshydratation.

Boire régulièrement de l’eau au cours de la journée est généralement une stratégie simple. En cas de symptômes digestifs importants ou persistants, il est préférable de demander un avis médical plutôt que de tenter de gérer seul une éventuelle déshydratation.

9. Le sommeil compte aussi

Le maintien de la masse musculaire ne dépend pas uniquement de la nutrition et de l’exercice. Le sommeil joue également un rôle important dans la récupération physique.

Un sommeil insuffisant peut affecter la récupération après l’exercice, l’énergie disponible pour être actif et certains mécanismes hormonaux liés à l’appétit et au métabolisme.

Les personnes qui suivent un traitement de perte de poids peuvent donc bénéficier d’une routine de sommeil régulière, avec des horaires aussi constants que possible.

10. Suivre la force et la composition corporelle, pas seulement le poids

La balance ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Une personne peut perdre plusieurs kilogrammes tout en améliorant sa force ou en conservant une proportion importante de sa masse musculaire. À l’inverse, une baisse rapide du poids ne garantit pas que la perte concerne principalement la graisse.

Le suivi de la force, des performances physiques, du tour de taille et, lorsque cela est disponible et pertinent, de la composition corporelle peut fournir des informations complémentaires.

Certaines méthodes d’analyse de la composition corporelle présentent toutefois des limites et leurs résultats peuvent varier selon l’hydratation et les conditions de mesure.

Les compléments protéinés sont-ils nécessaires ?

Pas systématiquement.

Une alimentation normale peut souvent fournir suffisamment de protéines si elle est bien structurée. Cependant, lorsque l’appétit est très réduit, certaines personnes peuvent avoir des difficultés à atteindre leurs besoins uniquement avec les repas habituels.

Dans ce contexte, un professionnel de santé ou un diététicien peut déterminer si un complément nutritionnel est pertinent.

Les compléments ne remplacent pas une alimentation variée et ne compensent pas un programme d’entraînement insuffisant. Leur intérêt dépend du contexte individuel.

Une approche personnalisée est essentielle

Les personnes utilisant des médicaments pour perdre du poids ne présentent pas toutes les mêmes besoins. L’âge, le niveau de condition physique, le poids initial, la composition corporelle, les maladies existantes, les traitements associés et les habitudes alimentaires peuvent modifier les recommandations.

Les personnes âgées peuvent notamment être particulièrement attentives au maintien de la force et de l’autonomie. Les personnes souffrant de certaines maladies rénales ou d’autres problèmes médicaux peuvent également avoir des besoins nutritionnels particuliers, notamment concernant les protéines.

Il est donc préférable d’éviter les régimes très restrictifs ou les programmes d’exercices intensifs sans accompagnement lorsque l’état de santé nécessite une surveillance.

La perte de poids sous traitement médicamenteux ne doit pas être envisagée uniquement sous l’angle du chiffre affiché sur la balance. Préserver autant que possible la masse musculaire est un objectif important pour maintenir la force, la mobilité et l’autonomie.

Une alimentation suffisamment riche en protéines, des exercices de résistance réguliers, une activité physique quotidienne, une hydratation correcte, un sommeil suffisant et un suivi médical adapté constituent les principaux éléments d’une stratégie globale.

Le plus important est de ne pas chercher à manger le moins possible ou à perdre du poids le plus rapidement possible. Lorsque l’appétit diminue fortement sous traitement, la qualité nutritionnelle des repas devient encore plus importante.

Enfin, toute personne utilisant un médicament destiné à la perte de poids devrait discuter avec son professionnel de santé de ses besoins individuels, notamment si elle présente une perte de poids très rapide, une faiblesse inhabituelle, des symptômes digestifs persistants ou des difficultés à maintenir une alimentation suffisante.

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