38 milliards de dollars : le coût de la guerre contre l’Iran pour Washington
Le coût de la guerre ne se limite pas au budget américain : il devient également un facteur qui affecte l’économie mondiale et accentue les pressions sur les consommateurs, les gouvernements et les marchés financiers.
Le coût direct de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran a atteint environ 38 milliards de dollars au 1er août 2026, selon une estimation publiée par le Congressional Budget Office (CBO), avec des dépenses qui devraient se poursuivre à un rythme compris entre 2 et 3 milliards de dollars par mois, en fonction de l’intensité des opérations militaires, alors que l’administration du président Donald Trump cherche des moyens de mettre fin à la guerre et de rouvrir le détroit d’Ormuz.
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Le rapport place la guerre face à une épreuve qui dépasse les champs de bataille, puisque sa facture financière commence à être directement liée à la capacité des États-Unis à maintenir leurs stocks militaires, à maîtriser les effets de la hausse des prix de l’énergie et à gérer les pressions exercées sur le budget fédéral, sans compter les répercussions politiques intérieures à l’approche des élections de mi-mandat du Congrès en novembre.
Le Congressional Budget Office indique que la majeure partie des dépenses militaires est liée aux munitions consommées au cours des opérations, notamment les missiles de précision à longue portée et les missiles intercepteurs, avertissant que la reconstitution de certains stocks pourrait prendre au moins cinq ans.
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En juillet, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait demandé près de 90 milliards de dollars de financement d’urgence pour reconstituer les stocks de munitions, avertissant qu’une pénurie prolongée pourrait limiter la capacité du Pentagone à faire face à un autre conflit majeur.
Ce point confère à la facture financière une dimension stratégique : le coût ne correspond pas uniquement aux sommes déjà dépensées, mais englobe également le coût nécessaire pour rétablir les capacités militaires dont disposaient les États-Unis avant la guerre. Plus le conflit se prolonge, plus l’écart se creuse entre les dépenses consacrées aux opérations en cours et les investissements nécessaires pour remplacer les armes utilisées, contraignant ainsi l’administration et le Congrès à choisir entre une augmentation du financement et un allongement de la période de reconstitution de l’arsenal.
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Le coût économique apparaît également sur le front de l’énergie. La guerre a perturbé les flux de pétrole et de gaz dans le Golfe et réduit le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, alors que les tensions persistent en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb. Le trafic de transit par Ormuz a fortement diminué : seuls quatre navires transportant des marchandises ont franchi le détroit lundi, contre une moyenne d’environ 125 passages par jour avant la guerre, tandis que le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb a également reculé.
Ces perturbations se répercutent sur l’économie américaine à travers les prix du pétrole et des carburants, et pas uniquement sur les pays importateurs d’énergie. Les cours du brut ont dépassé 100 dollars le baril, tandis que les estimations du Congressional Budget Office ont averti que la guerre pourrait faire augmenter l’inflation américaine d’environ 0,5 point de pourcentage au premier trimestre 2027. L’administration se retrouve ainsi face à une équation difficile : la poursuite des opérations pourrait maintenir la pression sur les prix, tandis que la maîtrise de l’inflation nécessiterait des politiques monétaires et budgétaires plus strictes.
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Ces pressions interviennent alors que les finances publiques américaines souffrent déjà d’un déficit important et que la dette publique a dépassé les 40 000 milliards de dollars. La hausse des coûts d’emprunt ajoute une autre dimension à la facture de la guerre, d’autant que l’estimation du Congressional Budget Office n’inclut ni les intérêts liés au financement des opérations ni certains dommages résultant des attaques les plus récentes, ce qui signifie que le coût final pourrait être supérieur au montant annoncé.
Ces chiffres ouvrent un débat sur la durée pendant laquelle Washington peut supporter la poursuite de la guerre sans que ses coûts militaires et économiques ne deviennent une question intérieure plus prépondérante. Ce débat s’est déjà manifesté au Congrès, notamment avec une initiative républicaine lancée le 15 septembre pour présenter des articles de mise en accusation visant le secrétaire à la Défense Pete Hegseth en raison de sa gestion de la guerre, une démarche qui témoigne de l’existence de contestations au sein même du Parti républicain, parallèlement aux pressions démocrates réclamant un rôle accru du Congrès dans la décision de poursuivre les opérations.
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La question devient d’autant plus sensible à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, qui concernent l’ensemble des sièges de la Chambre des représentants et un tiers des sièges du Sénat. Cela ne signifie pas nécessairement que le coût de la guerre déterminera les choix des électeurs, mais la hausse des prix des carburants, l’inflation et les dépenses militaires pourraient devenir des thèmes du débat politique sur le bilan de l’administration et les priorités en matière de dépenses publiques.
Le chiffre de 38 milliards de dollars représente donc plus qu’une facture financière provisoire : il indique que la poursuite de la guerre accumule simultanément trois types de coûts : des dépenses militaires directes, une érosion de l’état de préparation des forces de défense et des pressions économiques susceptibles de se répercuter sur le territoire américain.
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À chaque mois supplémentaire de combats, la question politique du coût de la poursuite du conflit par rapport au coût de la recherche d’un règlement mettant fin aux opérations et permettant aux flux énergétiques et au trafic maritime de retrouver des niveaux plus stables gagne en importance.
Cette question prend davantage de poids avec l’ampleur croissante des perturbations sur le marché pétrolier. Des attaques et des perturbations récentes en Arabie saoudite ont entraîné une hausse des prix du brut, tandis que les estimations du marché ont averti que le Brent pourrait dépasser 120 dollars si les perturbations de l’approvisionnement se poursuivaient. Ainsi, le coût de la guerre ne reste pas confiné au budget américain : il devient un facteur qui affecte l’économie mondiale et accentue les pressions sur les consommateurs, les gouvernements et les marchés financiers.
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