Al-Sissi met en garde contre les répercussions du contrôle des Houthis sur Bab el-Mandeb
Le Caire exprime ses inquiétudes quant aux conséquences du conflit en mer Rouge sur le canal de Suez, dont les recettes constituent une source majeure de devises étrangères, alors que l’économie égyptienne fait face à des défis croissants.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a souligné l’importance de la stabilité et de la protection de la navigation internationale au regard des développements actuels dans la région, mettant en garde contre les conséquences que le contrôle de Bab el-Mandeb par les Houthis pourrait avoir sur le commerce mondial et les approvisionnements énergétiques. Il s’exprimait lors d’une session à huis clos du sommet des chefs d’État et de gouvernement du groupe des BRICS, organisé dans la capitale indienne, New Delhi, selon un communiqué de la présidence égyptienne.
Le contrôle de Bab el-Mandeb par les Houthis revêt une importance particulière pour l’Égypte, compte tenu du lien direct entre ce détroit et le trafic maritime à destination du canal de Suez. Toute menace persistante pesant sur la navigation en mer Rouge pourrait inciter les compagnies maritimes à modifier leurs itinéraires, réduisant ainsi le trafic transitant par le canal et pesant sur ses recettes, à un moment où Le Caire dépend des revenus du canal de Suez comme principale source de devises étrangères et fait face à des pressions croissantes sur son économie.
Les conséquences des menaces des Houthis contre les pétroliers en mer Rouge ne se limitent pas aux marchés de l’énergie et à la navigation internationale, mais s’étendent également aux intérêts commerciaux et économiques de l’Égypte, notamment si les perturbations du trafic maritime se prolongent. La perturbation de l’une des principales voies d’accès au canal de Suez pourrait entraîner une baisse du commerce en transit ainsi qu’une hausse des coûts du transport et de l’assurance, accentuant ainsi les pressions sur l’économie égyptienne, qui fait déjà face à des difficultés liées aux devises étrangères, à l’inflation, à la dette et au financement.
Al-Sissi a déclaré que « les développements actuels au Moyen-Orient et leurs répercussions négatives sur l’économie mondiale, les flux commerciaux et énergétiques ainsi que les chaînes d’approvisionnement confirment l’étroite interconnexion entre la sécurité et le développement ». Il a ajouté : « Compte tenu de sa position stratégique et de son rôle central dans les échanges commerciaux mondiaux, l’Égypte mesure l’importance de préserver la stabilité et la liberté de la navigation internationale. »
Il a poursuivi : « Nous devons continuer à nous appuyer sur les acquis réalisés dans le cadre des BRICS et à mobiliser les capacités de nos pays en mettant en place des projets et des programmes concrets qui soutiennent les objectifs du développement durable, diversifient les sources de croissance, renforcent la productivité et réduisent les écarts en matière de développement et de technologie. »
Il a également fait part de l’ambition de son pays « d’assumer prochainement la présidence des BRICS et de poursuivre son engagement à travailler en étroite collaboration avec les États membres afin de développer la coopération dans tous les domaines et de traduire nos potentialités et nos capacités en partenariats concrets, qui soutiennent le développement et servent les intérêts communs », selon le communiqué.
Il s’agit du deuxième positionnement officiel similaire de l’Égypte en l’espace d’environ 24 heures. Le premier avait eu lieu jeudi soir, lors d’une rencontre entre al-Sissi et le président russe Vladimir Poutine, en marge du sommet.
Al-Sissi avait alors souligné « l’importance de parvenir à la stabilité dans le contexte des circonstances et des crises que traverse la région, notamment en ce qui concerne les voies navigables et maritimes par lesquelles transite une part considérable du commerce international via la mer Rouge et le canal de Suez ».
Les déclarations d’al-Sissi interviennent alors que les tensions persistent autour des détroits stratégiques, tandis que le détroit d’Ormuz demeure perturbé en raison des répercussions de la guerre entre l’Iran et les États-Unis depuis février.
