Nouveau chef d’état-major : le Niger réorganise le commandement de son armée après une tentative de mutinerie
Le président du Conseil militaire au pouvoir au Niger, le général Abdourahamane Tiani, a nommé le brigadier général Maman Sani Kiaou nouveau chef d’état-major des forces armées, après l’échec d’une tentative de mutinerie contre le pouvoir le mois dernier.
La télévision publique a rapporté que Tiani avait publié, le 11 septembre 2026, un décret nommant Kiaou en remplacement du général Moussa Salaou Barmou, sans préciser les raisons de la destitution de ce dernier.
Cette nomination intervient après une tentative de mutinerie survenue le 29 août, lorsque des soldats rebelles ont attaqué des sites sensibles dans la capitale, Niamey, notamment l’aéroport et le palais présidentiel, avant de se retrancher dans une importante base militaire.
Les forces gouvernementales sont parvenues à reprendre le contrôle de la base le lendemain, avec le soutien de forces paramilitaires russes relevant de l’Africa Corps, dont certains éléments sont stationnés à la base 101.
Le Conseil des ministres nigérien a déclaré qu’un vaste réseau de complices, dirigé par la France, avait incité à l’attaque, ajoutant que le gouvernement avait rassemblé « une quantité considérable de preuves » et se réservait le droit de saisir les juridictions internationales. La France n’a pas répondu à ces accusations.
Qui est le nouveau chef d’état-major ?
Maman Sani Kiaou est connu pour avoir dirigé des opérations contre des groupes terroristes dans les régions de Tillabéri, dans l’ouest du pays, et de Diffa, dans le sud-est, tandis que des proches le décrivent comme « un commandant de terrain expérimenté ».
Les médias officiels ont rapporté qu’il avait récemment achevé une tournée dans plusieurs bases militaires importantes afin de « rétablir la cohésion au sein des forces ».
Kiaou a également dirigé les négociations qui ont abouti au retrait des forces françaises et américaines du Niger après le coup d’État de juillet 2023.
Depuis son arrivée au pouvoir, Tiani s’est employé à renforcer les relations avec la Russie et à prendre ses distances avec les partenaires occidentaux, notamment la France, ancienne puissance coloniale.
L’ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, avait déclaré que le Niger avait demandé l’aide de l’Africa Corps afin de « réprimer la mutinerie », selon des propos rapportés par l’agence de presse russe Sputnik.
L’aéroport de Niamey avait déjà été la cible de deux attaques au cours de l’année. La première, menée par l’organisation État islamique, avait eu lieu en janvier, tandis que la seconde avait été lancée par Al-Qaïda en juin. Cette dernière avait fait 11 morts parmi les soldats et deux parmi les civils.
L’aéroport constitue une cible stratégique. Entre décembre et janvier, une importante quantité de concentrés d’uranium produits par le Niger y avait été entreposée dans l’attente de leur exportation. Aucun mouvement de cette cargaison n’a été détecté depuis lors, selon l’Agence France-Presse.
Depuis le milieu des années 2010, le Niger est confronté à des groupes terroristes qui sont également actifs au Burkina Faso et au Mali voisins. Les trois pays, dirigés par des régimes militaires, ont formé l’Alliance des États du Sahel et se sont orientés vers un renforcement de leurs relations avec la Russie après avoir mis fin à leur alliance avec la France, leur ancien partenaire dans la lutte contre les groupes terroristes.
