Politique

Empêcher Tawakkol Karman de monter à la tribune du Conseil de sécurité : un revers pour les Frères musulmans


Une opposition internationale a empêché la militante yéménite Tawakkol Karman de prendre la parole devant le Conseil de sécurité, en raison de sa promotion de l’idéologie des Frères musulmans.

Karman avait prévu de présenter un exposé devant le Conseil de sécurité au nom de la société civile yéménite.

L’Associated Press a cité la vice-représentante permanente du Danemark auprès des Nations unies, Sandra Jensen Landi, affirmant que Karman avait été empêchée de prendre la parole en raison d’une « forte opposition ».

Des observateurs et des militants sur les réseaux sociaux ont estimé que les liens de Karman avec le parti Al-Islah, son appartenance aux Frères musulmans et son soutien à leur idéologie étaient à l’origine du refus international.

La prise de conscience internationale des risques associés aux Frères musulmans s’est accrue au cours des dernières années. Plusieurs pays européens ont commencé à prendre des mesures contre les activités du mouvement, à la suite de rapports de sécurité faisant état des menaces qu’il représenterait pour la sécurité nationale et la démocratie.

La position américaine s’est également durcie, allant au-delà de l’approche européenne, après que l’administration du président américain Donald Trump a pris des mesures contre des institutions affiliées aux Frères musulmans.

À la fin de l’année dernière, Trump a signé un décret exécutif lançant un processus d’examen et de classification de certaines branches des Frères musulmans, notamment en Égypte, en Jordanie et au Liban, les accusant de soutenir la violence et le Hamas et de menacer les intérêts américains.

Au début de l’année en cours, le département du Trésor américain a classé les branches du mouvement en Égypte et en Jordanie parmi les « terroristes mondiaux spécialement désignés », tandis que le département d’État a désigné la branche libanaise, connue sous le nom d’« Al-Jamaa al-Islamiya », comme organisation terroriste étrangère et inscrit son secrétaire général, Mohamed Fawzi Taqoush, sur les listes de sanctions antiterroristes.

Ces classifications entraînent le gel des avoirs relevant de la juridiction américaine, l’interdiction des transactions et du soutien matériel au profit des entités concernées, ainsi que des restrictions d’entrée aux États-Unis lorsque l’organisation est désignée comme organisation terroriste étrangère.

Par ailleurs, plusieurs États américains avaient pris les devants en classant des institutions affiliées au mouvement comme organisations terroristes.

Dans sa mesure la plus récente visant les Frères musulmans, Washington a imposé, en juillet dernier, des sanctions contre un haut responsable des Frères musulmans égyptiens, ainsi que contre plusieurs individus et entités accusés de collecter des fonds au profit du Hamas par l’intermédiaire d’associations et de réseaux financiers.

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