Politique

Après les États-Unis, la Colombie reconnaît la souveraineté d’Israël sur le Golan 


Le gouvernement colombien a annoncé sa reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan syrien occupé, marquant un tournant notable dans la position de Bogotá sur cette question.

La Colombie devient ainsi le deuxième pays au monde, après les États-Unis, à prendre une telle décision.

Dans un communiqué, le gouvernement colombien a expliqué que cette décision intervenait « dans un contexte d’instabilité régionale persistante au Moyen-Orient », en raison notamment de « l’importance stratégique du plateau du Golan pour la sécurité d’Israël ». Il a affirmé reconnaître la souveraineté d’Israël sur cette région ainsi que son droit à se protéger contre les menaces extérieures.

Les justifications de la reconnaissance

Le gouvernement colombien a expliqué qu’Israël était confronté depuis plusieurs décennies à des défis sécuritaires et à des menaces existentielles le long de ses frontières, estimant que ces menaces s’étaient considérablement intensifiées au cours des dernières années.

Il a fait référence aux attaques du 7 octobre, qu’il a qualifiées d’« attaques terroristes terrifiantes », estimant qu’elles avaient démontré la gravité et l’évolution de la nature des risques auxquels est confrontée la population israélienne.

Il a ajouté que le maintien du contrôle et de la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan constituait, dans ce contexte sécuritaire régional, un élément essentiel de sa défense nationale, ainsi que de sa capacité à protéger ses citoyens et à garantir leur sécurité.

Dans son communiqué, la Colombie a également réaffirmé son engagement en faveur de la recherche d’une « paix stable et durable au Moyen-Orient ».

Un changement dans la politique de Bogotá

Cette décision marque un changement dans la politique de Bogotá à l’égard d’Israël, avec l’arrivée au pouvoir du nouveau président Abelardo de la Espriella, après la période de l’ancien président Gustavo Petro, qui avait rompu les relations diplomatiques avec Israël.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, avait rencontré le nouveau président colombien et déclaré que cette reconnaissance faisait suite à un accord entre les deux pays, parallèlement au rétablissement complet des relations diplomatiques et à des discussions sur le transfert de l’ambassade de Colombie à Jérusalem.

Le Golan et le statut juridique international

Israël a occupé le plateau du Golan syrien en 1967, avant d’y appliquer sa législation en 1981.

La reconnaissance colombienne ne modifie toutefois pas le statut juridique international de la région. En vertu de la résolution 497 du Conseil de sécurité des Nations unies, la mesure israélienne a été considérée comme « nulle et non avenue et sans effet juridique international ».

En reconnaissant la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, la Colombie devient le deuxième pays, après les États-Unis, à adopter cette position.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, avait déclaré lors d’une précédente visite en Syrie, après l’annonce par Israël de son intention d’annexer les zones qu’il occupe sur le Golan : « Je voudrais rappeler à la communauté internationale que le plateau du Golan est un territoire syrien », précisant que « ces violations sont évidemment très graves, mais elles ne doivent pas nous faire oublier que le plateau du Golan fait partie du territoire syrien ».

Guterres avait également estimé que « ce qui se passe dans la zone entourant le plateau du Golan est totalement inacceptable », insistant sur « l’importance du plein respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie ».

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