Etats-Unis

Les Frères musulmans sur la table du Congrès américain : vers un renforcement de la surveillance des réseaux et des financements


L’attention se tourne vers le Sénat américain, où une audition consacrée aux activités des Frères musulmans et à leurs réseaux financiers aux États-Unis devrait prochainement se tenir.

Cette initiative intervient alors que l’administration du président américain Donald Trump poursuit le durcissement de ses mesures à l’encontre des individus et des organisations liés aux Frères musulmans ou au Hamas.

Selon un rapport de la plateforme « Legis 1 », spécialisée dans le suivi des travaux du Congrès américain, la commission judiciaire du Sénat examinerait, par l’intermédiaire de l’une de ses sous-commissions, la tenue d’une audition consacrée aux activités du mouvement aux États-Unis le 5 août. Toutefois, cette date n’a pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle.

Le rapport précise que le site officiel de la commission judiciaire du Sénat continue d’afficher la précédente audition, intitulée « Cachés aux yeux de tous : faire face au réseau des Frères musulmans en Amérique », comme étant reportée, sans qu’aucun avis officiel concernant une nouvelle séance n’ait été publié.

Selon le rapport, cette audition pourrait porter sur l’utilisation des instruments juridiques américains pour traiter les activités liées aux Frères musulmans aux États-Unis, notamment les lois relatives au soutien matériel et aux sanctions financières, ainsi que sur la possibilité d’accorder des pouvoirs supplémentaires aux autorités afin de surveiller les entités et les individus associés au mouvement.

La séance pourrait également examiner les moyens de transformer les mesures exécutives adoptées par l’administration Trump en cadres législatifs, dans un contexte où le Congrès s’intéresse de plus en plus au dossier des Frères musulmans.

Sanctions et initiatives législatives simultanées

Le rapport établit un lien entre cette éventuelle audition et la mesure annoncée le 23 juillet par le département américain du Trésor, qui visait Mahmoud Al-Ebiary, haut responsable des Frères musulmans, ainsi que trois autres personnes et trois entités accusées de soutenir le Hamas.

Selon le département du Trésor, les sanctions ont permis de mettre au jour des réseaux de collecte de fonds ayant utilisé, d’après les autorités américaines, des organisations caritatives et des systèmes financiers informels pour transférer de l’argent à travers plusieurs juridictions au profit du Hamas.

Dans le même contexte, le rapport souligne la poursuite des initiatives législatives au Congrès concernant le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), qui affirme ne pas servir de façade aux Frères musulmans ou au Hamas.

À cet égard, la Chambre des représentants a été saisie du projet de loi H.R.4097, intitulé « Loi sur la désignation du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) comme organisation terroriste ».

Le rapport précise que le texte ne prévoit pas une désignation automatique du CAIR comme organisation terroriste, mais charge le secrétaire d’État d’examiner si l’organisation remplit les critères juridiques nécessaires pour être classée parmi les organisations terroristes étrangères.

Une pression croissante au sein du Congrès

Le rapport fait également état d’initiatives politiques continues au sein du Congrès. Il indique notamment que le sénateur républicain Tommy Tuberville a appelé, en juillet, le président Donald Trump à interdire les Frères musulmans aux États-Unis.

Selon le rapport, ces appels s’inscrivent dans une campagne politique plus large menée par plusieurs élus républicains visant à renforcer la surveillance fédérale des organisations et institutions considérées comme extrémistes.

À l’inverse, plusieurs organisations engagées dans la défense des droits civiques et le dialogue interreligieux ont critiqué ces initiatives, estimant qu’elles risquent de créer une confusion entre les activités religieuses et civiles des musulmans américains et le soutien au terrorisme.

Le prolongement d’un processus engagé depuis plusieurs mois

Le rapport replace l’éventuelle audition dans le contexte d’une série d’initiatives engagées depuis plusieurs mois au sein du Congrès et de l’administration américaine.

Une audition intitulée « Cachés aux yeux de tous : faire face au réseau des Frères musulmans en Amérique » devait déjà avoir lieu en mai dernier avant d’être reportée.

Cette évolution intervient également après une série de mesures exécutives et législatives visant, selon l’administration américaine, des réseaux liés aux Frères musulmans et au Hamas, comprenant des désignations officielles, des sanctions financières et des initiatives parlementaires destinées à élargir le champ de la surveillance de ces activités.

Le rapport conclut que, si elle se tient, cette audition interviendra dans un contexte marqué par la poursuite du débat au sein des institutions américaines concernant les moyens de traiter les réseaux que l’administration considère comme liés aux Frères musulmans.

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