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Les dons pour Gaza financent le Hamas : arrestation d’Abou al-Baraa, relais du mouvement au Royaume-Uni


Washington a annoncé une avancée majeure dans sa campagne visant à assécher les sources de financement du Hamas, avec l’arrestation à Londres de l’un des principaux bailleurs de fonds présumés du mouvement.

Le ministère américain de la Justice a révélé, vendredi, un acte d’accusation comportant trois chefs d’inculpation contre Mohammed Youssef Hassaneh, un ressortissant turc âgé de 45 ans, connu sous le nom d’« Orhan Korkmaz » et surnommé « Abou al-Baraa ».

Les accusations portent sur « un complot visant à fournir un soutien matériel au Hamas, désigné par les États-Unis comme une organisation terroriste étrangère », ainsi que sur des infractions liées au financement du terrorisme.

Selon l’acte d’accusation publié sur le site du ministère américain de la Justice, Hassaneh aurait exploité sa position élevée au sein d’une prétendue organisation humanitaire internationale afin de coordonner directement avec de hauts responsables du Hamas l’acheminement de fonds et de fournitures vers la bande de Gaza, ainsi que leur distribution conformément aux instructions de la direction du mouvement.

Le ministère américain de la Justice a confirmé qu’Abou al-Baraa avait été arrêté vendredi au Royaume-Uni.

Des organisations caritatives fictives

Le procureur général adjoint américain chargé de la sécurité nationale, John Eisenberg, a déclaré :

« Les fonds transitant par des organisations caritatives fictives, telles que celle mentionnée dans l’acte d’accusation, alimentent les activités terroristes du Hamas, notamment les atrocités commises par le groupe le 7 octobre 2023. »

Il a ajouté : « Le Hamas ne peut fonctionner sans les flux financiers qui transitent par ses réseaux illicites. La division de la sécurité nationale poursuivra sans relâche ses efforts pour perturber les opérations du Hamas, notamment au moyen de poursuites judiciaires de cette nature. »

De son côté, le procureur fédéral du district sud de New York, Jimmy McDonald, a affirmé que Mohammed Hassaneh avait « exploité son poste de directeur mondial d’une prétendue organisation humanitaire afin de collecter des fonds et de fournir un soutien financier et logistique au Hamas, une organisation terroriste brutale responsable de la mort de dizaines d’Américains et de plus d’un millier de victimes innocentes, y compris lors des atrocités perpétrées le 7 octobre ».

Il a ajouté : « Hassaneh a travaillé en étroite collaboration avec les dirigeants du Hamas pour acheminer des vivres, de l’argent et d’autres fournitures à des terroristes sous couvert d’aide humanitaire. Son arrestation démontre notre détermination à démanteler les réseaux mondiaux de financement illicite du Hamas et les organisations écrans qui soutiennent des groupes terroristes sous l’apparence d’œuvres caritatives. »

Le directeur adjoint de la division antiterroriste du FBI, Jarod Brown, a quant à lui déclaré que le prévenu avait « utilisé une prétendue organisation humanitaire pour collecter des fonds et fournir un soutien matériel au Hamas, une organisation terroriste internationale dénuée de toute compassion ».

Coordination avec le Hamas

Selon la plainte pénale, l’accusé travaillait en étroite coordination avec un haut responsable du Hamas et savait que les ressources étaient destinées au mouvement, et non aux civils dans le besoin.

Le FBI a réaffirmé sa détermination à couper les sources de financement et les autres formes de soutien aux organisations terroristes, en coopération avec le gouvernement américain et ses partenaires internationaux.

Détails des accusations

D’après la plainte, Hassaneh occupe le poste de directeur mondial d’une organisation caritative fictive enregistrée au Royaume-Uni.

Le ministère américain de la Justice affirme qu’il a fourni des fonds et des marchandises au Hamas grâce à une coordination étroite avec plusieurs hauts responsables du mouvement, notamment Ghazi Hamad, membre du bureau politique du Hamas et ministre du Développement social à Gaza, une institution contrôlée par le mouvement.

Une explosion des revenus de l’organisation

Le ministère a indiqué que l’organisation avait déclaré aux autorités britanniques que ses revenus avaient presque doublé après les attaques du 7 octobre, passant d’environ 41,8 millions de dollars pour l’exercice 2023 à près de 81,56 millions de dollars pour l’exercice 2024.

L’organisation a également affirmé avoir dépensé environ 91 millions de dollars pour des activités humanitaires au cours de l’exercice clos le 31 juillet 2025.

Le mécanisme du soutien

La plainte affirme que, depuis au moins 2023, Hassaneh et Ghazi Hamad coordonnent l’entrée d’aides humanitaires destinées au Hamas dans la bande de Gaza, notamment des denrées alimentaires et d’autres fournitures, sous couvert des activités humanitaires de l’organisation.

Selon l’accusation, Hassaneh, sur instruction de Hamad, aurait organisé :

  • la remise de sommes d’argent à Ghazi Hamad ;
  • l’achat de fournitures destinées à être introduites dans la bande de Gaza ;
  • le transport de ces marchandises par camion depuis l’Égypte et d’autres régions ;
  • leur acheminement vers des entrepôts appartenant à l’organisation ou au ministère du Développement social, conformément aux directives de Hamad ;
  • leur distribution à des bénéficiaires sélectionnés par ce dernier.

Le ministère américain de la Justice accuse également Hassaneh d’avoir dissimulé la destination réelle des fournitures en prétendant qu’elles étaient remises au ministère du Développement social, alors qu’elles étaient stockées dans des entrepôts sous son contrôle ou transférées ultérieurement à d’autres entités.

Il lui est également reproché d’avoir pris des photographies et des vidéos des cargaisons de manière à ne révéler ni l’emplacement des entrepôts ni l’identité des autorités qui les contrôlent.

Les peines encourues

Trois chefs d’accusation ont été retenus contre Hassaneh :

  • complot visant à fournir un soutien matériel au Hamas ;
  • complot en vue de financer le terrorisme ;
  • financement du terrorisme.

Chacun de ces chefs d’accusation est passible d’une peine maximale de vingt ans d’emprisonnement.

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