Politique

FREYJA : l’Europe s’allie pour développer une alternative au Patriot et contrer la domination des missiles russes


Une nouvelle alliance européenne ambitionne de développer des systèmes de défense antimissile balistique plus rapides et moins coûteux que le système américain Patriot, en s’appuyant sur les technologies développées par l’Ukraine.

Selon le magazine Foreign Policy, l’Ukraine franchit une étape importante à la suite du sommet encourageant de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et des succès militaires significatifs remportés par Kiev contre la Russie au cours des dernières semaines.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est joint à neuf autres dirigeants européens à Paris, lundi dernier, pour annoncer la création d’une nouvelle coalition destinée à faire face à la menace des missiles balistiques.

Cette alliance, qui réunit notamment le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni, vise à « construire une capacité européenne commune de défense contre les missiles balistiques » grâce à « un effort collectif, une ouverture technologique et une coopération industrielle fondée sur la confiance », selon un communiqué du gouvernement français.

FREYJA

La priorité immédiate de cette coalition sera toutefois de renforcer le système de défense antimissile ukrainien. Baptisé « FREYJA », ce système est présenté par l’entreprise ukrainienne Fire Point comme une alternative « nettement moins coûteuse et beaucoup plus évolutive » que les solutions existantes, notamment le système Patriot de fabrication américaine.

Fondée en 2022 au début de la guerre, Fire Point est rapidement devenue un acteur majeur de l’industrie de défense ukrainienne. Ses missiles de croisière Flamingo et ses drones d’attaque FP-1 ont largement contribué aux récentes frappes menées par l’Ukraine contre des infrastructures énergétiques situées en profondeur sur le territoire russe.

D’après l’entreprise, FREYJA constitue désormais « la pierre angulaire du premier bouclier européen de défense antimissile », rapporte Foreign Policy.

Le magazine précise que le système est développé à partir du missile intercepteur FP-7.x conçu par Fire Point et intégrera également des technologies et des capacités fournies par les autres partenaires de la coalition. À cet égard, Fire Point a signé le mois dernier un accord avec le fabricant allemand de radars Hensoldt.

Des solutions à un défi majeur

Lundi, Volodymyr Zelensky a également salué le soutien apporté au programme par plusieurs grands groupes européens de défense, notamment l’entreprise suédoise Saab, le groupe allemand Diehl Defence ainsi que plusieurs sociétés françaises.

Le président ukrainien a déclaré : « Chacun d’entre nous possède des éléments essentiels », avant d’ajouter : « Ensemble, au cours des douze prochains mois, nous pouvons déployer ce système à grande échelle. »

Dans ce contexte, Kateryna Stepanenko, responsable de l’équipe Russie à l’Institute for the Study of War (ISW), a expliqué : « Ce que nous observons, c’est une tentative de l’Ukraine et de ses partenaires européens de trouver des solutions à un problème extrêmement critique : la capacité des forces russes à lancer simultanément plusieurs missiles balistiques, alors que l’Ukraine et l’Europe ne disposent tout simplement pas de capacités de défense aérienne suffisantes. »

Elle a ajouté : « Nous avons déjà vu les forces ukrainiennes intercepter des missiles de croisière russes grâce à certains systèmes de défense aérienne hérités de l’époque soviétique. Les forces ukrainiennes ont également considérablement développé un nombre important de missiles intercepteurs destinés à neutraliser les drones russes Shahed. En revanche, les missiles balistiques demeurent depuis toujours l’un des plus grands défis pour les capacités de défense ukrainiennes. »

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page