L’arrestation d’Ali Lmrabet confirme la fermeté du Maroc face aux campagnes de diffamation
Le parquet général de Casablanca affirme que l’interpellation du journaliste, qui avait auparavant bénéficié d’une grâce royale, est liée à des soupçons de diffamation et d’atteinte à des institutions officielles.
L’affaire concernant l’arrestation du journaliste marocain Ali Lmrabet à l’aéroport de Tanger confirme une nouvelle fois la volonté des autorités marocaines de renforcer leur réponse judiciaire face aux campagnes de diffamation et de désinformation visant les institutions de l’État et ses symboles. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par l’utilisation croissante des plateformes numériques pour diffuser des contenus que la justice considère comme contraires à la loi, parallèlement à des campagnes menées depuis l’étranger qui, selon plusieurs observateurs, exploitent le principe de la liberté d’expression afin de porter atteinte au Royaume et à ses institutions.
Le Procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca a indiqué que l’arrestation d’Ali Lmrabet avait été exécutée en application de plusieurs mandats de recherche émis à son encontre, en raison de soupçons de son implication dans des actes réprimés par la loi. Selon le communiqué officiel, ces faits sont liés à la publication de contenus numériques comportant des propos diffamatoires et injurieux à l’encontre de personnes et d’institutions, ainsi que des déclarations jugées offensantes envers des organismes légalement constitués.
Le ministère public a précisé qu’Ali Lmrabet avait été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête menée sous son autorité, tout en bénéficiant de l’ensemble des garanties juridiques et procédurales prévues par la loi ainsi que de la présomption d’innocence. Les autorités judiciaires ont souligné leur volonté de conduire la procédure dans le strict respect du droit, sans porter atteinte aux droits de la défense ni aux principes du procès équitable.
Cette affaire dépasse la seule personne d’Ali Lmrabet. Celui-ci avait été condamné en 2003 dans une affaire liée à la publication de contenus considérés comme offensants envers l’institution monarchique, avant de bénéficier ultérieurement d’une grâce royale. Au cours des dernières années, depuis son lieu de résidence à Barcelone, en Espagne, il a poursuivi la diffusion de vidéos et de contenus politiques visant la monarchie, les services de sécurité et des responsables gouvernementaux. Selon plusieurs observateurs, ces publications contenaient des propos diffamatoires, des accusations ainsi que des informations insuffisamment étayées.
La manière dont les autorités marocaines traitent cette affaire illustre la distinction qu’elles établissent entre la liberté d’expression, garantie par la Constitution, et les actes incriminés par la loi, tels que la diffamation, l’injure, la diffusion de fausses informations, l’incitation et les atteintes aux institutions constitutionnelles ainsi qu’aux symboles de l’État. Cette approche s’inscrit dans une politique visant à préserver l’ordre public et à protéger les institutions contre des campagnes organisées exploitant l’espace numérique pour affaiblir la confiance qu’elles inspirent.
Les mesures engagées traduisent également la volonté du Maroc de mettre en avant l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le ministère public et les juridictions compétentes conduisent les enquêtes et prennent leurs décisions conformément aux règles et aux normes juridiques, indépendamment de toute considération politique. Rabat présente cette démarche comme l’expression de son engagement à appliquer la loi conformément aux standards internationaux conciliant la protection des droits et des libertés avec la préservation de la sécurité juridique de l’État et de la société.
L’affaire Lmrabet intervient alors que le Royaume fait face, selon plusieurs rapports et observateurs, à une recrudescence des campagnes de désinformation menées par des plateformes et des personnalités opérant depuis l’étranger. Ces acteurs se présentent comme des défenseurs de la liberté d’expression tout en diffusant, selon ces analyses, des allégations non étayées, en recyclant des récits trompeurs et en prenant pour cible les institutions souveraines ainsi que les symboles nationaux dans le cadre de campagnes coordonnées visant à nuire à l’image du Maroc.
Dans ce contexte, une attention particulière est portée aux activités de certains groupes opérant depuis le Canada. Des rapports médiatiques accusent certains résidents de gérer des plateformes numériques spécialisées dans la diffamation, le chantage et les campagnes visant des responsables ainsi que des institutions marocaines, en utilisant l’espace numérique pour diffuser des allégations non vérifiées présentées comme des faits.
Selon plusieurs observateurs, ces activités ne peuvent être dissociées du contexte régional et international marqué par le renforcement du rôle politique, diplomatique et sécuritaire du Maroc. Le Royaume a consolidé sa position en tant que partenaire fiable dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et l’immigration irrégulière, tout en renforçant sa présence dans plusieurs dossiers stratégiques régionaux. Cette évolution l’exposerait à des tentatives visant à ternir son image et à affaiblir la crédibilité de ses institutions.
Le Maroc poursuit une stratégie consistant à répondre à ces campagnes par des moyens juridiques et diplomatiques, tout en affirmant que la protection de la liberté d’expression ne saurait justifier la tolérance envers les actes de diffamation, la diffusion de fausses informations ou les campagnes organisées portant atteinte aux personnes et aux institutions, des comportements sanctionnés par les législations de nombreuses démocraties.
À travers cette approche, Rabat affirme que la protection de la réputation de l’État, de sa souveraineté et de ses institutions constitue désormais un élément essentiel de la sécurité nationale à l’ère numérique. Les autorités soutiennent que la lutte contre les campagnes de désinformation est compatible avec le respect des droits et des libertés, dès lors qu’elle repose sur une application impartiale de la loi, garantissant l’indépendance de la justice et protégeant la société contre la désinformation et les campagnes systématiques de dénigrement visant les institutions et les symboles de l’État.
