Grand Maghreb

Syrte réunit les responsables militaires en vue de l’unification de l’armée libyenne


La mise en place d’une institution militaire unifiée constitue la pierre angulaire de toute solution politique durable, car elle permet de réduire les divisions et de renforcer l’autorité de l’État.

Dans une nouvelle initiative visant à relancer le processus d’unification de l’institution militaire libyenne, la ville de Syrte a accueilli, dimanche, une réunion réunissant des responsables militaires de l’est et de l’ouest du pays, avec la participation de la Commission militaire conjointe (5+5), de la Commission (3+3) et de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL). Cette rencontre s’inscrit dans les efforts destinés à mettre fin à la division qui affecte l’institution militaire depuis plusieurs années.

Le vice-commandant général des forces de l’est de la Libye, Saddam Haftar, a salué la tenue de cette réunion, estimant que Syrte représente « la ville qui rassemble la nation ». Il a souligné que cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des efforts nationaux visant à bâtir une institution militaire unifiée, capable de protéger le pays et de renforcer sa stabilité.

La délégation de l’est était composée du chef d’état-major Khaled Haftar et du secrétaire général du commandement général, Khairi Al-Tamimi. La délégation de l’ouest était dirigée par le chef d’état-major général, Salah Eddine Al-Namroush, en présence des membres des deux commissions militaires ainsi que de représentants de la Mission des Nations unies.

Saddam Haftar a affirmé que l’unification de l’institution militaire sur des bases nationales et professionnelles constituait un objectif fondamental pour préserver la souveraineté de la Libye et son intégrité territoriale. Il a salué le soutien apporté par les États-Unis, notamment par le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), ainsi que celui de la Mission des Nations unies, aux efforts visant à unifier l’armée. Il a ajouté que les travaux se poursuivraient afin de construire une institution militaire unifiée, capable de protéger les frontières et de consolider l’unité nationale.

Malgré le climat positif qui a entouré cette réunion, aucun communiqué n’a annoncé de résultats concrets ni d’accords précis, ce qui illustre la persistance des difficultés entourant ce dossier, considéré comme l’un des plus sensibles de la scène libyenne.

Depuis la division du pays entre des autorités rivales à l’est et à l’ouest, l’armée libyenne demeure scindée en deux institutions militaires : l’une relève du commandement général dirigé par le maréchal Khalifa Haftar dans l’est du pays, tandis que l’autre dépend du Gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli. Cette situation fait de l’unification de l’institution militaire une condition essentielle à la stabilité politique et sécuritaire.

Les réunions de Syrte s’inscrivent dans la continuité du processus lancé par la Commission militaire conjointe (5+5), créée en vertu de l’accord de cessez-le-feu signé à Genève en octobre 2020. Cette commission, composée de cinq officiers de chaque camp, a pour mission de consolider le cessez-le-feu, d’assurer le retrait des forces étrangères et des mercenaires et de créer les conditions nécessaires à la réunification de l’institution militaire.

Au cours de la période récente, une Commission conjointe de sécurité et de défense (3+3) a également été mise en place. Elle rassemble trois représentants de chaque partie et est chargée de coordonner les dossiers liés à la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, ainsi que d’élaborer des mécanismes communs pour sécuriser les frontières libyennes. Il s’agit de la première expérience de coopération sécuritaire directe entre les deux camps.

L’unification de l’armée revêt une importance particulière, les Nations unies et la communauté internationale la considérant comme l’une des principales conditions préalables à la fin de la division politique et à la création d’un climat favorable à l’organisation d’élections présidentielle et législatives attendues depuis longtemps.

La scène politique libyenne demeure toutefois divisée entre le Gouvernement d’unité nationale dirigé par Abdelhamid Dbeibah, basé à Tripoli et administrant l’ouest du pays, et le gouvernement désigné par la Chambre des représentants, dirigé par Osama Hammad et établi à Benghazi, qui exerce son autorité sur l’est de la Libye ainsi que sur la majeure partie des villes du sud.

Les Libyens placent de grands espoirs dans la réussite des dialogues militaire et politique afin de sortir le pays de l’impasse qu’il connaît depuis plusieurs années. De nombreux observateurs estiment que la création d’une institution militaire unifiée constitue le fondement indispensable de toute solution politique durable, car elle réduit les facteurs de division, renforce l’autorité de l’État et ouvre la voie à l’organisation d’élections susceptibles de mettre un terme aux longues périodes de transition qui ont suivi la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Bien que la réunion de Syrte n’ait débouché sur aucun résultat officiellement annoncé, la poursuite du dialogue entre les responsables militaires des deux camps constitue en elle-même un signal positif, témoignant du maintien des canaux de communication, alors que les pressions nationales et internationales s’intensifient pour parvenir à l’unification de l’armée, considérée comme l’une des clés essentielles de la stabilité de la Libye et de la restauration de ses institutions nationales.

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