Politique

Loyer fixé à un dollar … Le terrain de l’ambassade américaine à Jérusalem suscite la controverse


Un accord conclu entre Israël et les États-Unis permet à ces derniers d’obtenir une parcelle de terrain à Jérusalem contre un loyer symbolique d’un dollar américain afin d’y construire le siège permanent de leur ambassade.

L’accord a été signé par le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, et l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, en présence du maire de Jérusalem, Moshe Lion, selon un communiqué du ministère israélien des Affaires étrangères.

Lors de la cérémonie de signature, Mike Huckabee a déclaré : « Les États-Unis ne reconnaissent pas seulement Jérusalem comme la capitale éternelle du peuple juif, ils y feront également flotter le drapeau américain grâce à une nouvelle ambassade permanente. »

L’ambassadeur américain est monté sur l’estrade en brandissant un billet d’un dollar et a déclaré : « Le bail du terrain est conclu pour une durée de 99 ans, et les États-Unis verseront à Israël un dollar. »

Il a ajouté : « Nous planterons notre drapeau, le drapeau américain, sur le sol de Jérusalem en construisant un nouveau complexe diplomatique permanent qui constituera le siège principal de nos activités diplomatiques ici, en Israël. »

L’ambassade permanente des États-Unis sera construite sur le site d’Allenby, au sud de Jérusalem.

En revanche, l’organisation israélienne de défense des droits humains Adalah a dénoncé la construction de l’ambassade sur le terrain retenu, estimant que cette initiative « consacre une profonde injustice historique ».

Dans un communiqué, l’organisation a affirmé que le site « est situé sur des terres confisquées à des propriétaires palestiniens en vertu de la Loi sur les biens des absents de 1950, qu’elle qualifie de discriminatoire », précisant qu’elle avait déjà déposé une objection au nom des héritiers des propriétaires concernés.

La signature de l’accord relatif à la construction du siège permanent de l’ambassade intervient après que les États-Unis et Israël ont mené ensemble une guerre ayant duré plusieurs mois contre l’Iran, ainsi qu’à la suite d’une période de tensions évoquées par plusieurs médias entre Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en raison de divergences concernant les efforts visant à mettre fin à la guerre avec Téhéran.

Une décision prise lors du premier mandat de Trump

Au cours de son premier mandat, en décembre 2017, le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et a ordonné le transfert de l’ambassade américaine depuis Tel-Aviv.

Le siège provisoire de l’ambassade a été inauguré en mai 2018.

La décision de Donald Trump a marqué une rupture avec plusieurs décennies de politique américaine, selon laquelle le statut définitif de Jérusalem devait être déterminé par des négociations entre Israéliens et Palestiniens.

À l’époque, cette décision avait suscité de vives critiques au niveau international, de nombreux États la considérant comme « une violation du consensus international concernant le statut de Jérusalem ».

Depuis plusieurs décennies, le statut de Jérusalem constitue l’un des principaux points de discorde du conflit israélo-palestinien.

Après avoir occupé Jérusalem-Est lors de la guerre de 1967, Israël a proclamé la ville capitale unifiée de l’État hébreu, une décision qui n’a pas bénéficié d’une large reconnaissance internationale.

Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur État.

En raison de ces revendications, la majorité des États ont maintenu leurs ambassades à Tel-Aviv, considérant que le statut de Jérusalem devait être réglé dans le cadre de négociations de paix, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations unies.

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