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Du sang sous les décombres de l’or : détails de la nuit de terreur dans les mines de Jabal Al-Aqaydat et témoignages des survivants


Les espoirs de milliers de travailleurs soudanais qui cherchaient à gagner leur vie grâce à l’exploitation artisanale de l’or dans le désert de l’État du Nil se sont transformés en un véritable cauchemar. Ils ont été réveillés par de puissantes explosions qui ont secoué les montagnes d’extraction informelle dans les régions de « North Valley » et « Al-Aqaydat ».

À six heures du matin, le mardi 16 juin, des drones et des avions de combat ont mené une attaque intensive au moyen de quatre missiles et bombes explosives visant directement les regroupements de mineurs, leurs centres d’hébergement temporaires ainsi que les puits d’extraction.

La zone visée, qui comprend les sites du « Mont Rouge », du « Mont Blanc » et d’« Al-Aqaydat », constitue un refuge pour plus de 6 000 mineurs artisanaux déplacés de différentes régions du Soudan dévastées par la guerre, ainsi que pour des travailleurs venus du Tchad voisin.

Selon un bilan préliminaire documenté, l’attaque a fait plus de trente morts et plus de cinquante blessés à des degrés divers. Des dizaines de corps et de restes humains demeurent encore calcinés sous les décombres en raison des capacités limitées des équipes locales de secours.

Témoignages au cœur de la tragédie

Le mineur soudanais Al-Nadhir Ishaq Mohammed, l’un des survivants du bombardement, a raconté les jours tragiques qui ont précédé le massacre.

Selon lui, des avions militaires de reconnaissance survolaient régulièrement et intensivement les puits d’or pendant une semaine entière, prenant des photographies détaillées du site, des regroupements de travailleurs et des camions présents sur place.

« Nous pensions qu’il s’agissait de simples opérations de surveillance frontalière », explique-t-il. « Mais nous avons été surpris de les voir revenir à l’aube et lancer trois missiles meurtriers visant directement les tentes où les travailleurs dormaient ainsi que les puits où plusieurs d’entre eux se trouvaient. »

Un autre survivant, Abdelrahman Suleiman, a décrit la situation humanitaire après les frappes comme étant « catastrophique ».

Il a expliqué que les bombardements avaient provoqué une panique générale, poussant des milliers de mineurs à fuir de manière désordonnée vers les montagnes et les vallées désertiques avoisinantes, craignant de nouvelles frappes aériennes ou une éventuelle offensive terrestre.

Il a également indiqué que les équipes de recherche composées de bénévoles et d’habitants des villages voisins avaient rencontré d’importantes difficultés pour évacuer les blessés en raison du mauvais état des routes et du ciblage présumé de certains véhicules qui tentaient de transporter les civils.

De son côté, Ali Suleiman Ibrahim a révélé l’ampleur de la tragédie qui a frappé sa famille. Six membres de celle-ci, qui travaillaient dans la mine d’Al-Aqaydat, ont perdu la vie lors du bombardement.

Il a cité les noms des victimes : Bashir Dafallah Al-Sayyid, Al-Tayeb Jardoul, Jaafar Ibrahim, Saif Al-Din Al-Toumi, Ahmed Al-Hadi et Mansour Al-Nazif. Tous ont été tués sur le coup dans leurs tentes avant même d’avoir eu la possibilité de chercher refuge dans les montagnes.

Les défis de l’évacuation et la recherche des disparus

La région où les frappes ont eu lieu est caractérisée par un environnement désertique isolé et particulièrement difficile, ce qui a considérablement aggravé la situation humanitaire des blessés et des personnes bloquées sur place.

Les habitants ont dû utiliser leurs propres véhicules tout-terrain pour secourir les blessés et les transporter sur de longues distances jusqu’au marché d’Al-Ansari dans la localité d’Abu Hamad. Les cas les plus graves ont ensuite été transférés par camion vers les hôpitaux de la ville d’Atbara, dans l’État du Nil, afin de recevoir des soins médicaux d’urgence.

Plusieurs organisations locales de défense des droits humains, notamment l’Organisation de soutien aux victimes du Darfour et l’Alliance soudanaise des droits, ont lancé des appels urgents aux agences humanitaires et au Comité international de la Croix-Rouge afin d’obtenir une assistance pour les opérations de recherche dans le désert.

Ces organisations ont indiqué craindre que des dizaines de mineurs ayant fui l’attaque ne meurent de soif ou ne se perdent dans les vallées d’Al-Allaqi et les chaînes montagneuses de la mer Rouge, après avoir été dispersés dans le désert sans eau ni abri à la suite des bombardements de missiles et des opérations terrestres.

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