Politique

La pointe de lance du deuxième jour des frappes américaines contre l’Iran : ce que nous savons du Tomahawk


Le missile Tomahawk est revenu au premier plan après que le président américain Donald Trump a révélé qu’il avait été largement utilisé lors de la deuxième journée de l’offensive contre l’Iran.

Dans une déclaration à la chaîne Fox News, Trump a indiqué que « l’opération américaine a inclus le lancement de 49 missiles Tomahawk, en plus d’avions de combat qui ont ciblé des systèmes radar et de défense aérienne ».

Un stock limité

Le Tomahawk constitue l’une des armes les plus importantes utilisées par les États-Unis dans la guerre contre l’Iran. Les États-Unis en produisent environ 90 exemplaires par an, et l’entreprise Raytheon a mis en place un plan visant à porter cette production à 1 000 missiles par an.

Des centaines de ces missiles ont été employés durant les premiers jours de l’opération « Epic Rage » afin de frapper des installations radar, des centres de commandement, des sites de missiles et des infrastructures navales iraniennes, selon le magazine National Interest, qui souligne que l’opération américaine s’est jusqu’à présent fortement appuyée sur l’efficacité des missiles Tomahawk.

Qu’est-ce que le missile Tomahawk ?

Le Tomahawk est un missile de croisière à longue portée guidé avec une grande précision.

Il constitue la pierre angulaire des capacités offensives américaines depuis la Guerre froide.

Sa production a débuté en 1983, et des milliers d’exemplaires ont été fabriqués depuis cette date.

Il a bénéficié de nombreuses modernisations au fil des années.

Quelles sont ses principales caractéristiques ?

Longueur : 5,56 mètres.

Diamètre : 0,52 mètre.

Poids au lancement : 1 300 kilogrammes.

Il est propulsé par un moteur turbofan Williams International F107-WR-402, associé à un propulseur à carburant solide.

Il peut être lancé depuis différentes plateformes, notamment les systèmes de lancement vertical, les tubes lance-torpilles et les plateformes mobiles.

Il est principalement déployé à partir des destroyers, croiseurs et sous-marins de la marine américaine.

Quels sont ses principaux atouts ?

Il se distingue par sa capacité à voler à basse altitude afin d’échapper aux radars, à des vitesses subsoniques, tout en pouvant atteindre des cibles situées à plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur des terres.

Il utilise plusieurs systèmes de guidage sophistiqués fonctionnant simultanément afin de garantir une très grande précision, notamment le système de positionnement mondial (GPS) ainsi que d’autres technologies de navigation.

Quels sont ses composants ?

Raytheon, groupe de défense basé à Waltham dans l’État du Massachusetts, est le principal contractant responsable du missile Tomahawk. Toutefois, l’entreprise s’appuie sur un vaste réseau de sous-traitants et de petites sociétés pour fournir les différents composants du missile, ce qui rend sa fabrication lente et complexe.

À partir du moment où une commande est passée par les États-Unis, la fabrication d’un missile Tomahawk nécessite généralement entre 18 et 24 mois. Cette durée relativement longue reflète la complexité du système, qui requiert des milliers de composants de haute précision. Le coût total d’un missile varie entre 2 et 4 millions de dollars selon sa version.

Le missile comprend également divers systèmes de guidage reposant sur plusieurs moyens de navigation afin d’assurer la redondance des fonctions, des matériaux composites pour la structure et les éléments porteurs, des réservoirs internes de carburant, des équipements de lancement spécialisés, des composants électroniques à très haute fiabilité ainsi que des systèmes de protection destinés à préserver les ordinateurs embarqués des interférences électromagnétiques.

L’ensemble de ces milliers de composants doit satisfaire à des normes militaires extrêmement strictes et subir des essais rigoureux dans des conditions variées. Le résultat est un missile d’une grande fiabilité et d’une remarquable précision, mais dont la fabrication demeure relativement lente.

Outre la complexité de sa production, le calendrier de fabrication du missile est également affecté par des difficultés liées à la chaîne d’approvisionnement. Le moteur-fusée à propergol solide constitue notamment un obstacle majeur, car seules quelques entreprises spécialisées aux États-Unis sont capables de produire ces composants, ce qui limite la capacité globale de production.

Par ailleurs, de nombreux éléments du Tomahawk proviennent de fournisseurs uniques, notamment certains capteurs spécialisés, composants électroniques et systèmes de guidage. Ainsi, tout retard chez l’un de ces fournisseurs peut entraîner l’arrêt de l’ensemble de la chaîne de production.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page