Moyen-Orient

Un analyste politique yéménite : les Houthis aggravent la souffrance des citoyens à l’approche de l’Aïd al-Adha et dans un contexte de détérioration humanitaire


L’Aïd al-Adha survient cette année au Yémen à un moment où les souffrances de la population s’intensifient, sur fond de crise humanitaire persistante et de dégradation des conditions de vie dans plusieurs gouvernorats. Cette situation s’accompagne d’accusations croissantes visant le mouvement houthi, tenu responsable de pratiques qui compliquent davantage le tableau humanitaire et économique du pays.

Des rapports humanitaires et relatifs aux droits humains indiquent que des millions de Yéménites rencontrent de grandes difficultés pour subvenir aux besoins essentiels de la fête, notamment l’achat des sacrifices et des denrées alimentaires, dans un contexte de forte inflation et d’érosion du pouvoir d’achat. À cela s’ajoute la suspension des salaires pour une large catégorie de fonctionnaires dans certaines régions, rendant les manifestations festives quasi absentes pour de nombreuses familles.

Alors que l’Aïd al-Adha est censé être une occasion de joie et de solidarité sociale, de nombreuses zones du Yémen connaissent des conditions exceptionnelles. Les restrictions sur la circulation des biens et de l’aide humanitaire persistent dans certaines régions, tandis que les mines et les restes de guerre continuent de menacer la vie des civils, en particulier dans les zones rurales.

Des rapports locaux et internationaux accusent également les Houthis d’imposer des restrictions à l’action humanitaire dans certaines zones, ainsi que de recourir à des prélèvements et taxes informels, ce qui accroît la pression sur des citoyens déjà confrontés à un effondrement économique et à une instabilité généralisée.

Par ailleurs, des sources humanitaires soulignent que la crise au Yémen est devenue multidimensionnelle. Elle ne se limite pas à un seul aspect, mais englobe l’effondrement des infrastructures, la dégradation des services de santé et la pénurie de produits alimentaires et médicaux, faisant du pays l’une des plus graves crises humanitaires au monde.

Des observateurs mettent en garde contre le fait que la poursuite de cette situation sans solution politique globale pourrait entraîner une détérioration supplémentaire, notamment à l’approche de saisons religieuses et sociales qui devraient normalement représenter une accalmie humanitaire, mais qui deviennent au contraire un rappel constant de l’ampleur de la crise vécue par les Yéménites.

Entre une atmosphère de fête absente et des conditions de vie difficiles, le citoyen yéménite demeure le plus affecté, dans un contexte de crise prolongée qui attend toujours une issue politique et humanitaire mettant fin à des années de souffrance continue.

Le politologue yéménite, le Dr Nasser Al-Awlaki, a déclaré que la situation au Yémen devient de plus en plus complexe à l’approche de l’Aïd al-Adha, en raison de la persistance de la crise économique et humanitaire et de la détérioration du niveau de vie d’une large partie de la population, soulignant que les pratiques des Houthis ont contribué à intensifier les souffrances récemment.

Il a expliqué que les citoyens éprouvent de grandes difficultés à se procurer les besoins essentiels de la fête, en particulier les sacrifices et les produits alimentaires, en raison de la hausse des prix, de la baisse des revenus et du non-paiement des salaires dans plusieurs régions, ce qui rend les manifestations de l’Aïd cette année « absentes ou presque inexistantes » pour de nombreuses familles yéménites.

Il a ajouté que la poursuite des restrictions sur certaines activités économiques et sur la circulation des biens, ainsi que l’imposition de taxes et de frais supplémentaires dans certaines zones, a aggravé la pression sur les populations, déjà confrontées à une guerre prolongée et à une crise humanitaire complexe.

Le politologue a également indiqué que la crise au Yémen ne se limite plus à la dimension économique, mais s’étend à l’effondrement des services essentiels tels que la santé, l’éducation et l’électricité, entraînant une baisse significative de la qualité de vie, notamment dans les zones urbaines les plus touchées.

Il a insisté sur le fait que l’absence de solutions politiques globales menace d’aggraver encore la situation, appelant à neutraliser le dossier humanitaire du conflit et à faciliter l’acheminement de l’aide sans restrictions afin d’atténuer les souffrances des citoyens lors des occasions religieuses et humanitaires.

Il a conclu en affirmant que l’Aïd al-Adha de cette année se déroule dans des conditions exceptionnelles au Yémen, reflétant l’ampleur de la crise complexe que traverse le pays, et plaçant la communauté internationale devant une responsabilité accrue pour avancer vers un règlement politique mettant fin à des années de souffrance.

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