Le roi Mohammed VI : la modernisation de l’armée et le renforcement de la préparation, une priorité face aux défis
L’affirmation du souverain marocain selon laquelle « la modernisation des forces armées n’est plus un choix mais une nécessité » revêt une portée politique et militaire importante.
Le roi Mohammed VI, Commandant suprême et Chef d’état-major général des Forces armées royales, a souligné que le développement des capacités de défense de l’armée marocaine constitue une priorité stratégique, insistant sur la nécessité de moderniser l’appareil militaire et de renforcer sa préparation afin de faire face aux différents défis sécuritaires et humanitaires, dans un discours prononcé à l’occasion du 70e anniversaire de la création des Forces armées royales.
Sur le plan militaire, le roi Mohammed VI a affirmé que la modernisation des forces armées n’est plus une option, mais une nécessité imposée par les transformations rapides que connaît le monde, précisant que la stratégie militaire marocaine repose sur la consolidation des acquis et le renforcement de la performance au combat ainsi que de la opérationnelle.
Dans ce contexte, il a appelé à poursuivre la mise en œuvre de programmes scientifiques modernes, en mettant l’accent sur la recherche scientifique et les technologies avancées, notamment l’intelligence artificielle, la numérisation et la cybersécurité, considérées comme des outils essentiels pour opérer une transformation qualitative au sein de l’institution militaire marocaine.
La vision et l’approche du souverain traduisent une évolution claire de la doctrine militaire marocaine, passant du concept d’une « armée traditionnelle » fondée uniquement sur l’armement et le déploiement sur le terrain, à une conception plus moderne reposant sur la technologie, la connaissance et les capacités numériques comme facteurs déterminants des équilibres de puissance contemporains.
L’insistance sur le « développement des capacités de défense » en tant que « priorité stratégique » reflète la prise de conscience, au niveau de l’institution royale, des mutations géopolitiques et sécuritaires rapides, tant au niveau régional en Afrique du Nord et dans la région du Sahel qu’au niveau international, dans un contexte marqué par l’essor des guerres hybrides, des menaces cybernétiques et de la compétition technologique entre grandes puissances. Le Maroc semble ainsi chercher à construire une armée dotée de capacités de dissuasion et d’adaptation aux nouveaux environnements de conflit, au-delà des rôles traditionnels liés à la protection des frontières.
L’affirmation selon laquelle « la modernisation des forces armées n’est plus un choix mais une nécessité » porte également une signification politique et militaire majeure, selon laquelle Rabat considère la modernisation militaire comme une composante de la sécurité nationale globale et non comme un simple processus technique. Le monde connaît en effet des mutations continues dans la nature des guerres, où la technologie, les données et l’intelligence artificielle influencent autant les rapports de force que les avions et les chars.
La référence directe à l’intelligence artificielle, à la numérisation et à la cybersécurité illustre une orientation vers la construction d’une institution militaire capable de mener les guerres du futur. Les conflits modernes ne se limitent plus au champ de bataille traditionnel, mais s’étendent à l’espace numérique, où des cyberattaques peuvent paralyser les infrastructures, les communications et les systèmes de défense des États.
Cette approche révèle également une volonté marocaine d’investir dans la recherche scientifique et les technologies militaires nationales, en cohérence avec les tendances de nombreux pays qui considèrent l’indépendance technologique comme un élément fondamental de la souveraineté nationale. À travers l’évocation des « programmes scientifiques modernes » et des « projets intégrés », le Maroc cherche à relier l’institution militaire au processus de transformation numérique et scientifique du pays.
D’un autre point de vue, ce discours envoie un message implicite aux partenaires régionaux et internationaux, selon lequel le Maroc œuvre à renforcer sa position en tant que puissance régionale stable, dotée d’une armée moderne et capable de faire face aux défis sécuritaires transfrontaliers, qu’il s’agisse du terrorisme, de la migration irrégulière ou des menaces cybernétiques.
Dans l’ensemble, les propos du souverain traduisent une vision stratégique visant à adapter l’armée marocaine aux conflits futurs, où la connaissance, la technologie et la préparation numérique deviennent les « nouvelles armes » d’un monde en mutation rapide.
Le roi a également souligné l’importance de l’investissement dans le capital humain à travers le développement des programmes de formation et de qualification, afin de suivre les évolutions techniques et scientifiques et d’améliorer les compétences professionnelles des membres des forces armées.
Il a en outre salué le rôle joué par les Forces armées royales dans les opérations de secours et d’assistance lors des inondations ayant touché l’ouest et le nord du Royaume, estimant que les interventions « immédiates et préventives » ont permis de sauver les populations touchées et d’assurer leurs besoins essentiels en matière d’hébergement, de soins et de protection des biens.
Le souverain a souligné que ces efforts ont constitué une « épopée humanitaire marocaine » à laquelle ont participé différentes institutions sécuritaires, militaires et civiles, notamment la Gendarmerie royale, la Sûreté nationale, les Forces auxiliaires et la Protection civile, dans le cadre d’une coordination opérationnelle étroite pour évacuer les populations piégées par les inondations, notamment dans la ville de Ksar El Kébir et plusieurs villages de la région du Gharb.
Il a également salué la contribution des équipes médicales et paramédicales des hôpitaux militaires de campagne déployés dans des zones reculées et montagneuses des provinces d’Azilal, d’Al Haouz et de Midelt à la suite des perturbations climatiques, soulignant l’impact positif de ces interventions sur les populations locales.
Sur le plan de la coopération internationale, le roi a réaffirmé l’engagement du Maroc à poursuivre son implication dans les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales et internationales, à travers le soutien à la coopération militaire bilatérale et multilatérale, consolidant ainsi la position de l’armée marocaine auprès de ses partenaires et alliés.
Sur le plan social, il a insisté sur la poursuite de l’attention portée aux conditions des militaires et de leurs familles, annonçant des instructions pour la construction et la rénovation de plusieurs hôpitaux militaires à Rabat, Meknès, Errachidia et Laâyoune, afin d’améliorer les services de santé et la protection sociale des militaires en activité et des retraités.
Il a également annoncé le lancement d’un programme supplémentaire de logement militaire prévoyant la construction de 60 000 logements sur cinq ans, à raison de 12 000 unités par an, afin de répondre aux besoins des membres des forces armées.
Il a souligné les résultats du service militaire, estimant qu’il contribue à renforcer le sentiment de citoyenneté et d’appartenance, à consolider les valeurs de discipline, de solidarité et de responsabilité chez les jeunes Marocains, tout en les formant à des compétences techniques et professionnelles adaptées au marché du travail.
Le roi Mohammed VI a conclu son discours en réaffirmant l’attachement à la symbolique de l’institution militaire et à son rôle dans la protection de l’unité et de la stabilité du pays, rendant hommage aux sacrifices des soldats et des martyrs ayant donné leur vie pour la patrie, et renouvelant l’adhésion au slogan officiel du Royaume : « Dieu, la Patrie, le Roi ».
