Politique

L’échec des manifestations pousse les Frères musulmans vers un congrès des illusions du retour 


Sous l’effet d’échecs successifs et de pressions constantes, les Frères musulmans ravivent de nouveaux récits visant à ressusciter des espoirs révolus.

Après l’échec de l’organisation de manifestations, le groupe classé comme organisation terroriste dans de nombreux pays à travers le monde recourt de nouveau au même discours illusoire qu’il a utilisé pendant des décennies avec ses partisans.

Rêverie en remplacement du réel

Cette fois, il ne lui reste plus que la promotion de « visions oniriques » prétendant annoncer un retour sur la scène politique, servant de couverture symbolique à son discours, dans une tentative de relancer d’anciens récits fondés davantage sur l’espoir que sur la réalité.

La dernière de ces affirmations provient du journaliste affilié aux Frères musulmans Ahmed Abdelaziz et de plusieurs dirigeants du mouvement « Midan », branche politique des Frères musulmans, qui affirment avoir vu en rêve un « retour du groupe sur la scène politique ».

Partant de cette logique ancrée dans les récits du passé, et s’appuyant sur un rêve rapporté par Ahmed Abdelaziz, ancien conseiller de l’ex-président Mohamed Morsi, le mouvement « Midan », branche politique des Frères musulmans, a commencé à préparer ce qu’il appelle le « premier congrès national », consacré à ces illusions de retour.

Le 8 du mois en cours, plusieurs mouvements issus des Frères musulmans ont annoncé le lancement de ce congrès, invitant experts, universitaires et chercheurs proches du groupe à y participer pour présenter leurs visions.

Avec l’expansion de cette promotion de « visions », ces entités cherchent à transformer des rêves individuels en trajectoire politique supposée, en l’absence de toute base réelle.

Selon l’annonce des organisateurs, le congrès regroupe plusieurs entités et personnalités affiliées aux Frères musulmans sous différentes appellations, dans une tentative d’afficher diversité et influence.

Cependant, la nature de ces structures, pour la plupart non reconnues ou opérant depuis l’étranger, révèle la poursuite d’un recours à des plateformes parallèles dépourvues de présence réelle sur le terrain.

Les entités organisatrices sont :

  • « Mouvement Midan », présidé par le dirigeant frériste Reda Fahmy.
  • Le « Conseil révolutionnaire », fondé en 2014 par les Frères musulmans et leurs alliés, dirigé par l’universitaire Maha Azzam.
  • « Technocrates d’Égypte », parti non autorisé proche des Frères musulmans, dirigé par des membres en exil et présidé par Mahmoud Wahba basé aux États-Unis.
  • Le parti « Amel Misr », entité non autorisée dirigée depuis l’étranger par des figures proches des Frères musulmans.
  • Le Centre des relations égypto-américaines, plateforme de communication et de propagande.
  • Le groupe « Justice Matter », considéré comme une structure médiatique affiliée aux Frères musulmans.

Le congrès était en préparation depuis un certain temps et devait être officiellement annoncé le 27 février dernier, mais son lancement a été reporté en raison des réserves exprimées par le pays hôte concernant ces activités.

Les mêmes sources indiquent que toutes les entités impliquées sont liées aux Frères musulmans et que le mouvement dit « Génération Z », dirigé depuis les Pays-Bas par Anas Habib, participera également.

L’acteur égyptien Hisham Abdallah et son épouse Ghada Naguib font également partie des participants et des promoteurs.

Selon les sources, l’idée du congrès est née après l’échec des Frères musulmans à organiser des manifestations devant les ambassades égyptiennes à l’étranger en janvier dernier.

Campagne de promotion

Parallèlement, le secrétariat du congrès a annoncé des récompenses financières de plusieurs centaines de dollars pour les recherches gagnantes, ce qui révèle, selon les sources, la transformation de ce groupe « prêcheur » en une structure commerciale de vente d’illusions.

Les mêmes sources indiquent qu’un budget important a été alloué à la gestion des réseaux sociaux et à la production de publicités sponsorisées pour promouvoir l’événement, ainsi qu’à l’organisation logistique et au lieu de tenue.

Des divisions qui révèlent les détails

L’un des éléments les plus révélateurs de la fragmentation du groupe est le retrait de certaines figures de ces structures fictives.

Ainsi, la démission de Ihab Adeeb, vice-président du parti non autorisé « Technocrates », accusant le mouvement d’avoir abandonné ses principes et d’être dominé par des courants extrémistes, met en lumière des luttes internes où les rivalités de pouvoir et de positions fictives finissent par s’entre-détruire.

Plus grave encore, selon les sources, des dirigeants du mouvement Midan, dont Yahya Moussa et Mohamed Montasser, ancien porte-parole des Frères musulmans, auraient reçu l’ordre de ne pas apparaître publiquement, par crainte que leurs liens avec l’organisation « Hasm » n’affectent les chances du mouvement d’obtenir un soutien international.

L’expert des mouvements islamistes Tarek Abdel Aal a qualifié ce congrès de « mouvement suspect et ridicule sans aucune valeur réelle », ajoutant qu’il ne s’agit que d’une tentative de calmer la colère interne après les coups de sécurité reçus, notamment les aveux du dirigeant frériste Ali Abdel Wanees, apparu en larmes et appelant les jeunes à ne pas rejoindre l’organisation.

Il a ajouté que le groupe « tente de faire croire à ses partisans qu’il reste actif et qu’il est proche d’un retour sur la scène politique ».

Il a enfin affirmé que ce mouvement n’a ni réussi à présenter les Frères musulmans comme une organisation unifiée, ni à justifier leur continuité auprès de leurs membres, mais a seulement contribué à exposer davantage leurs échecs, scandales et divisions.

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