Le Mali passe de la neutralité au soutien de la souveraineté du Maroc sur le Sahara
Le ministre malien des Affaires étrangères annonce le retrait de la reconnaissance de son pays au « Front Polisario », soulignant que cette position résulte de la prise de conscience par Bamako du caractère central de la question du Sahara pour la durabilité de la sécurité et de la paix régionales.
Le Mali a annoncé ce vendredi son soutien à la souveraineté du Maroc sur son Sahara et son appui à la proposition d’autonomie sous souveraineté du Royaume, devenant ainsi le dernier État africain à soutenir la solution consacrée par la dernière résolution onusienne comme unique issue au conflit qui dure depuis 50 ans avec le Front Polisario, soutenu par l’Algérie.
Cette annonce dépasse le simple cadre d’une position diplomatique ponctuelle ; elle constitue l’aboutissement d’un long processus de diplomatie discrète et d’action de terrain que le Maroc a mené vers sa profondeur africaine, en particulier dans la région du Sahel, qui connaît d’importantes transformations géopolitiques.
Dans un geste qui reflète un changement radical de l’orientation de la diplomatie malienne, le Mali a officiellement annoncé le retrait de sa reconnaissance de la prétendue « république sahraouie ». Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a affirmé dans un communiqué gouvernemental à l’issue de ses entretiens avec son homologue marocain Nasser Bourita, lors de la visite entamée la veille dans le pays du Sahel, que « cette décision est le fruit d’une analyse approfondie du dossier et d’une prise de conscience par Bamako du caractère central de la question du Sahara pour la pérennité de la sécurité et de la paix régionales ».
Le soutien du Mali à la solution marocaine intervient après des démarches similaires d’autres pays de la région. Le Kenya et le Ghana ont soutenu le plan d’autonomie l’an dernier. Plus de vingt pays, pour la plupart africains, disposent de consulats dans le Sahara marocain, ce qui reflète un soutien total à la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud.
L’adhésion de Bamako à la liste des pays africains soutenant la solution marocaine resserre l’étau autour des thèses séparatistes et oriente le dossier du Sahara vers un règlement réaliste sous souveraineté marocaine.
Cette position reflète la volonté des pays du Sahel de bâtir des partenariats fondés sur le respect mutuel, loin des polarisations traditionnelles, ce que le Maroc a su proposer à travers une politique « gagnant-gagnant ».
La position malienne ne peut être dissociée de l’initiative internationale lancée par le roi du Maroc, Mohammed VI, à la fin de l’année 2023, visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique. Ce programme est considéré comme le « projet du siècle » pour la région, notamment parce que des pays comme le Mali, le Niger et le Tchad ne disposent d’aucun accès maritime.
Au lieu de se limiter à l’aide humanitaire, le Maroc propose un projet économique structurant qui transforme la région du Sahel d’une « zone de crises » en un « pôle logistique », en s’appuyant sur ses infrastructures, notamment le Port de Dakhla Atlantique, pour servir de porte d’entrée vers le commerce mondial pour ces pays.
Le Royaume joue un rôle central qui dépasse la dimension économique pour inclure des aspects sécuritaires et spirituels. À travers l’Institut Mohammed VI de formation des imams morchidines et morchidates, Rabat contribue à la lutte contre l’extrémisme au Mali et dans les pays du Sahel en diffusant les valeurs d’un islam modéré, ce qui assèche intellectuellement les sources du terrorisme. Le Maroc est également considéré comme un partenaire fiable en matière de renseignement et de lutte contre la criminalité transfrontalière, ce qui en fait un garant de la stabilité des pays voisins.
Le soutien malien à la solution marocaine au Sahara ne peut être lu comme une démarche diplomatique isolée ; il traduit également la rupture qui marque désormais les relations entre le Mali et l’Algérie, à un moment où Bamako estime que le partenariat avec le Royaume offre de véritables alternatives de développement.
Alors que le Mali perçoit dans l’approche algérienne une forme de « tutelle sécuritaire » qui n’a pas apporté de stabilité durant une décennie, il considère l’approche marocaine, notamment l’initiative atlantique, comme une véritable issue économique.
