Complicité dissimulée avec les Houthis : le registre des manœuvres des Frères musulmans de Taëz à la côte
Comme à son habitude, le parti Al-Islah, bras des Frères musulmans, poursuit son opportunisme, fidèle à un passé riche en manœuvres et en combats secondaires servant, selon ses détracteurs, les intérêts des Houthis.
Alors que les Yéménites se mobilisent pour une bataille décisive contre les Houthis à Hodeïda en 2018, les Frères récoltent les fruits à Taëz en ouvrant un front intérieur contre les « partenaires de la bataille ».
Aujourd’hui, Al-Islah ne s’est pas contenté de combler les vides au sud ; son appétit s’est étendu vers le détroit de Bab el-Mandeb, où se trouvent les derniers blocs militaires hostiles aux Frères, ce qui viserait à entraver une éventuelle bataille contre les Houthis dans la région.
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Mouvements suspects
En fragmentant la bataille contre ses rivaux, Al-Islah a lancé, début 2018, ses premières guerres pour « libérer les zones libérées » et écarter ses concurrents, en menant une bataille décisive pour sécuriser son bastion à Taëz.
À cette époque, Al-Islah a exploité l’occupation générale par la bataille de Hodeïda pour s’en prendre à ce qui était connu sous le nom de « brigades Abou Al-Abbas », intégrées à la 35e brigade blindée de l’armée yéménite.
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Par le biais de sa machine médiatique, le parti a entrepris de discréditer cette force qui avait contribué à libérer la majorité des quartiers de la ville de Taëz des Houthis, avant de réduire son rôle en soutenant des personnes recherchées par la justice pour ouvrir des affrontements secondaires quotidiens, dont les civils ont payé le prix, avec des dizaines de morts et des centaines de blessés.
À travers ses factions militaires dirigées par Abdo Farhan, connu sous le nom de « Salem », Al-Islah a mené des combats quotidiens de va-et-vient avec les brigades Abou Al-Abbas, jusqu’à l’assaut de la vieille ville de Taëz en mars 2019, après l’avoir bombardée avec des armes lourdes, y compris des chars.
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Assassinats
Dans leur volonté de contrôler Taëz, Al-Islah ne s’est pas contenté d’expulser les brigades Abou Al-Abbas de la ville, mais s’est rapidement engagé dans une nouvelle bataille dans les zones rurales du gouvernorat, notamment dans les montagnes d’Al-Hajariya surplombant Bab el-Mandeb.
Les Frères ont créé la « quatrième brigade d’infanterie de montagne » pour resserrer l’étau autour du général Adnan Al-Hammadi, commandant de la 35e brigade blindée, avant de mobiliser des individus recherchés pour mener des attaques d’usure et entraîner les forces dans des combats secondaires.
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Ils ne se sont pas limités à soutenir un homme recherché nommé Habib Al-Samai et d’autres pour attaquer les patrouilles de la 35e brigade, mais la situation a culminé avec l’assassinat du commandant de ces forces, le général de brigade Adnan Al-Hammadi, le 2 décembre 2019.
Après son assassinat, les Frères ont mobilisé les milices dites du « Hachd populaire », intégrées par la suite aux 17e brigade d’infanterie et 22e brigade mécanisée, et ont pris d’assaut des localités d’Al-Hajariya après avoir commis de graves violations, notamment l’exécution et la mutilation du fils du chef des opérations de la 35e brigade, Aseel Abdelhakim Al-Jabzi, en août 2020.
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Remise des fronts
Depuis Taëz, les Frères se sont tournés, fin 2020, vers ce qui a été décrit comme l’un des coups les plus durs portés aux Yéménites, en cédant des districts de Nihm à Sanaa ainsi que des districts de Marib, Al-Bayda et Al-Jawf aux Houthis.
Des sources militaires ont estimé que les zones remises s’étendaient sur près de 16 000 km², couvrant un arc allant de Nihm à Al-Jawf et au nord d’Al-Bayda, constituant une porte d’accès vers la libération de la capitale et une zone tampon pour le gouvernorat de Marib.
Ces sources ont affirmé que ces « trahisons » ont porté un coup moral sévère à l’armée yéménite et aux combattants qui avaient perdu des milliers de leurs camarades lors de la libération de ces zones, remises en quelques heures aux Houthis sans la moindre résistance.
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Transfert de la bataille vers la côte
Récemment, les Frères cherchent à consolider leur influence et à revenir au sud pour combler les vides laissés par le Conseil de transition du Sud en raison des événements récents.
Au cours des derniers mois, ils ont tenu des dizaines de réunions dans les gouvernorats du sud dans le but de revenir à Hadramaout, Aden et Abyan.
Dans ce contexte, ils ont commencé à soutenir un individu recherché nommé Ahmed Haidar Al-Mashwali, dans le but de déplacer la bataille vers le cœur de la côte ouest du Yémen, afin d’y ouvrir une brèche permettant de contrôler Mokha et Bab el-Mandeb, objectif central du mouvement.
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L’ouverture de ces combats secondaires intervient alors que de nombreux Yéménites se préparent à une bataille décisive contre les milices houthis en direction de Sanaa et Hodeïda.
Commentant cette situation, l’officier de l’armée yéménite, le colonel Wafi Dahshoush, a déclaré que « détourner les forces de la côte en y envoyant des groupes armés pour les combattre révèle une connivence cachée avec les milices houthis », en référence aux Frères.
Il a ajouté que « depuis sa création, la boussole des forces de la côte est orientée vers les milices houthis, et détourner aujourd’hui leur direction par des forces connues ne fait qu’affaiblir le rôle de la légitimité et renforcer celui du coup d’État houthi ».
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